-Absèta (nom d’emprunt) mariée et prostituée : “ je vais faire comment, j’ai deux enfants à nourrir”
Dans les communes autour de la capitale Ouagadougou, les chantiers de construction poussent comme des champignons sur une terre fertile. Ils appartiennent soit à des particuliers soit aux promoteurs immobiliers. Sur ces chantiers, il se passe des faits et des faits divers. C’est dans l’une de ces communes voisine de la capitale, en plein essor que le Baladeur a fait la connaissance de Absèta, une jeune dame respectable et aux rondeurs imposantes. Une assiette d’arachides sur la tête et sur un vélo, elle se balade de chantier en chantier pour vendre sa marchandise aux nombreux maçons et autres ouvriers sur les chantiers. Mais le hic est que Absèta ne vend pas que des arachides dans les méandres de ces chantiers, “elle se vend aussi”, pour parler comme l’homme de la rue. Ayant eu l’information pour ne pas dire les confidences d’un ouvrier qui la côtoie, le baladeur, sans coup férir réussi en quelques minutes, à sympathiser avec Absèta qui, au cours des échanges va “passer aux aveux” en nous expliquant son histoire faite de larmes, d’amertume et de désolation : “ je suis mariée il y a près de 10 ans, mes enfants sont deux. C’est moi qui fais tout à la maison. Mon mari est un indécrottable alcoolique. Quand il sort le matin, il ne rentre que tard la nuit et toujours pour faire la bagarre. Il ne fait rien, il ne travaille plus. Son travail, c’est l’alcool frelatée. Moi j’ai décidé de vendre des arachides sur les chantiers de construction pour m’occuper de mes enfants. Un jour, un ouvrier m’a fait la cour et m’a proposé la somme de 5 milles francs. Finalement, j’ai accepté. Je n’avais presque rien vendu. C’est ainsi j’ai pris le “virus de la prostitution”. Maintenant chaque jour, je peux rentrer à la maison avec 15 milles ou 20 milles franc le soir. Je sais que ce n’est pas bon, mais je vais faire comment avec mes deux enfants ? “. Absèta nous informe aussi qu’elle se balade avec son vélo dans plusieurs chantiers autour de Ouagadougou pour son commerce et qu’elle compte arrêter un jour mais c’est “Dieu qui décide”. Le baladeur, dépassé par ce qu’il a attendu ne pouvait que prendre congé de Absèta tout en lui souhaitant bonne journée.
-Bagarre à la zone du bois autour d’une élection présidentielle imaginaire sans le capitaine Ibrahim Traoré
Le week-end écoulé, le Baladeur a assisté à une bagarre à la Zone du bois. Une bagarre “occasionnée” par une élection présidentielle imaginaire sans le Président Ibrahim Traoré. En effet, deux jeunes échangeaient sur la situation nationale, pour ne pas dire la transition en cours dans notre pays. C’est dans cette causerie que le premier sans le savoir ou sans le vouloir, va “créer” la bagarre en se demandant si après la Transition le président IB ne se présente pas à l’élection présentielle ? Le seconde jeune, certainement un “fan” de IB, après une gorgée retorque : “ comment tu peux poser une question idiote comme ça ? Qui peut empêcher IB de se présenter, n’y a pas ce chien ! ” Le ton commence à monter entre les deux jeunes. Le premier estimant qu’il a été insulté d’idiot. Il a fallu l’intervention de quelques voisins pour couper court au débat avant que les deux jeunes ne se livrent à un combat de boxe ou de karaté. Le Baladeur qui a assisté, médusé à cette scène se demande comment une élection présidentielle imaginaire peut susciter une bagarre jusqu’à ce point.