2 août 2026
Home » Retour sur le passé : Houphouet Boigny et son « fils » Balla Keita

Houphouët-Boigny et Balla Keïta : Les liens secrets d’une filiation spirituelle et politique.

Pour comprendre la proximité singulière entre Félix Houphouët-Boigny et son poing levé de l’Éducation nationale, Balla Keïta, il faut remonter aux origines mêmes du premier bébé né à la maternité de Korhogo, en 1938.
Sa naissance est déjà empreinte du sceau familial : c’est Mamie Djénéba, cousine du « Vieux », qui accompagne la mère de Balla lors de l’accouchement. Entre le patriarche et l’enfant, la passerelle est tout aussi intime : Natogoma Coulibaly, la tante maternelle de Balla, est l’épouse du Drissa Coulibaly, l’infirmier personnel d’Houphouët. C’est donc tout naturellement que le jeune garçon passe une partie de ses vacances dans la concession présidentielle de Yamoussoukro.

Cette affection ne se démentira plus. Devenu élève puis étudiant en France, Balla Keïta milite à l’UNEECI avant de rejoindre le MEECI, se rapprochant un peu plus du chef de l’État. C’est Houphouët en personne qui l’oriente vers l’Allemagne pour ses études de médecine vétérinaire. Plus tard, Balla scelle définitivement son ancrage au sein du sérail en épousant Marie-Thérèse Bocoum, la fille d’un compagnon de lutte historique du Président, Amadou Bocoum.

Un an après son accession au ministère de l’Éducation nationale, Balla Keïta choisit d’instaurer une nouvelle appellation pour le chef de l’État : « Nanan » (grand-père ou sage en langue baoulé). Alors que le ministre Maurice Seri Gnoléba avait publiquement suggéré le titre d’« ATO » lors d’une déclaration à l’hôtel Sebroko, Balla Keïta cherche un qualificatif emprunt de respect et de tendresse. Il aurait pu opter pour « Mogoba » en dioula ou « Wélé » en sénoufo, mais il privilégie un terme issu du terroir natal du Président pour sceller le lien intergénérationnel entre la jeunesse et le « Père de la Nation ».
« Dans son village à Yamoussoukro, les gens l’appelaient déjà « Nanan ». Je me suis dit que si tout le monde avait adopté le mot « Akwaba », pourquoi ne dirait-on pas « Nanan » ? », expliquait-il.

À la rentrée scolaire de 1984, l’appellation est officiellement introduite dans les établissements scolaires ivoiriens, parallèlement au salut au drapeau du PDCI-RDA et au chant de l’hymne national.

Une pensée pieuse pour la mémoire de Balla Keira qui s’est éteint le 1er Août 2002 à Ouagadougou.

Source :Houphouetology

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