24 mars 2026
Home » Le port de chaines aux pieds par les femmes : « Les hommes sont friands de ces petits bijoux »

Les chaines aux pieds sont des bijoux très prisés par les femmes partout dans le monde. Originaire d’Afrique précisément de l’Egypte et de l’Inde, les bracelets à la cheville sont utilisés à des fins culturelles mais aussi comme un outil de séduction et de parure pour s’embellir.

Nombreuses sont les significations que l’on peut attribuer au port de chaine. Si pour certains cette pratique est culturelle ou un signe d’appartenance à une communauté, d’autres par contre l’utilise pour embellir leur cheville et se faire plaisir.  Force est de reconnaitre que la perception sur cet accessoire reste relative. Dans certains pays d’Afrique et d’Asie, le port de chaînes et de bagues au pied, appelés bracelets de cheville, fait partie des us et coutumes. En effet, le port des chaines au pied est une habitude solidement ancrée en Inde, essentiellement chez les femmes qui les portent  pendant les cérémonies de mariage. Ces bijoux valorisés en Inde étaient portés traditionnellement par toutes les femmes du pays, sur pieds nus (sans chaussures) et assortis souvent de bagues aux orteils.  En Asie du Sud, les femmes du Rajasthan portent ces chaînes parce qu’il s’agit d’un symbole d’appartenance à la communauté tribale.  En Égypte ancienne, les femmes qui en portaient étaient considérées comme des prostituées.  Au Sénégal, chez les Peulhs et les Wolofs, le nombre de chaîne aux pieds détermine la richesse de la famille à laquelle on appartient. Chez les Sénoufos de la Côte d’Ivoire, ce bijou se porte lors des cérémonies initiatiques, des funérailles ou de certaines fêtes. Le collier est fait généralement en bronze, à la cire perdue, laiton. Dans certaines contrées du Burkina Faso ou du Congo, on reçoit en guise de dot des bracelets de cheville. En effet, le fiancé doit offrir plusieurs paires de bracelets aux pieds en bronze dans de nombreuses ethnies telles que les Bobo, Lobi, Gurunsi avant de pouvoir parler de mariage.

Signe de féminité

Nombreuses sont celles qui estiment que ces bijoux sont une touche de beauté. Awa (nom d’emprunt) fait partir de celle-ci. Elle a recours à cette pratique depuis plusieurs années. Pour elle, cette méthode est un accessoire de mode et. Sur plusieurs modèles de bijoux disponibles sur le marché, elle a notifié qu’elle dispose des chaînes simples et en perles qu’elle change en fonction de ses goûts du moment. « J’utilise les bijoux pour embellir ma cheville. Je trouve les perles très belles et elles sont symboles de féminité. En plus, les hommes sont friands de ces petits bijoux, la preuve quand je n’en porte pas mon fiancé le réclame, il trouve ça beau. Donc je porte pour mon plaisir mais aussi pour le sien », a-t-elle expliqué. Pour sa part, Awa n’a jamais été jugée par les gens parce que qu’elle porte des bijoux.  « Je pense que la société a évolué et ce n’est plus si mal vu. Personnellement je n’ai pas été victime de préjugés et de toutes façons les gens vont toujours critiquer donc mieux vaut faire ce qui nous plaît », a-t-elle indiqué. A celles qui aiment ces bijoux et qui n’ont pas le courage de les porter, elle leur préconise d’assumer leur choix, d’avoir le courage de s’imposer mais toujours dans la bienveillance. « On peut se faire plaisir sans choquer ou heurter la sensibilité des autres », a-t-elle ajouté.

Des jugements derrière cette pratique

Nadège Sawadogo porte ces accessoires depuis plus de 05 ans pour se faire plaisir et pour embellir ses pieds. « Je les porte parce que cela me plait et embelli mon pied comme le bijoux oreille », a-t-elle signalé. A l’entendre, elle a déjà été traité plusieurs fois de prostitués à cause de son usage. « J’en ai rencontré plusieurs fois. Et d’autres ont eut le courage de me demander pourquoi j’en porte. Je leur ai fait comprendre mes raisons », a-t-elle dit avant de poursuivre que ceux qui avaient tendance à mal la juger depuis le début ont fait profil bas parce qu’ils ont compris ses raisons, motivations. A l’en croire, actuellement    la société est entrain de comprendre cette pratique et la voit sous une autre facette. « Ceux qui sont toujours encrés dessus sont ceux qui sont toujours dans la féodalité. », a-t-elle laissé entendre. Madina en porte assez rarement parce qu’elle estime qu’il y a trop de jugement derrière cette pratique.  Elle a émis un message à l’endroit de ceux qui ont des préjugés sur le port des bijoux aux pieds. « C’est juste un accessoire de beauté comme une boucle d’oreille un collier donc que les gens arrêtent les jugements abstraits. », a-t-elle lancé. Nicole Nana, étudiante quant à elle ne porte pas de chaîne au pied.  Selon ses dires, ses valeurs familiales ne lui permettent pas de le faire. Elle a en outre fait savoir que les juments et préjugés liés à cette pratique de la personnalité de l’usager et de son entourage. « Personnellement, cela ne m’a jamais traversé l’espritOn voit des grandes personnalités en porter juste pour le plaisir et le fun. », a-t-elle soutenu.

Wendaabo Cathérine KOURAOGO

in la Cohésion 2023

 

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