Podgorica, la capitale
Le Monténégro est un pays d’Europe du Sud et, plus précisément, des Balkans occidentaux. Bordé par la mer Adriatique, le pays est frontalier de la Croatie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Serbie, du Kosovo et de l’Albanie. Sa capitale, Podgorica, est aussi sa plus grande ville. Son ancienne capitale royale, Cetinje, détient également le titre de « capitale du trône » (prijestonica).
Le Monténégro est un pays officiellement indépendant depuis le 3 juin 2006. Sa superficie est de 13 812 km², soit un peu plus grande que l’île de France pour une population de 685 000 habitants. La densité de population est de 49 habitants par km². Naturellement la répartition de la population est très inégale dans un pays au relief escarpé. La capitale Podgorica abrite 152 000 habitants. Le nom monténégrin ou serbo-croate du Monténégro, peut se traduire littéralement par « Montagne Noire » ou « Mont-Noir », en référence aux forêts sombres qui recouvraient autrefois les Alpes dinariques.

Politique
Le Monténégro est doté d’un régime parlementaire, au Parlement monocaméral. Lors du référendum organisé le 21 mai 2006, 55,5 % des électeurs se sont déclarés en faveur de la séparation entre le Monténégro et la Serbie. Le pays a ainsi obtenu son indépendance le 3 juin 2006, ce qui en fait l’un des plus jeunes d’Europe. C’est une “démocratie sociale et écologique”, selon les termes de la Constitution. Le paysage politique monténégrin est dominé depuis 1991 par le Parti démocratique des socialistes (DPS). Le dirigeant du parti, Milo Đukanović, a occupé le poste de Premier ministre à quatre reprises entre 1991 et 2016, avant de devenir président de la République en mai 2018. A l’issue des élections législatives de 2016, son parti a été reconduit sans toutefois décrocher une majorité absolue. C’est le socialiste Duško Marković, ancien dirigeant des services de renseignements et ancien vice-Premier ministre, qui a alors été nommé en tant que Premier ministre. Le 30 août 2020, le DPS est arrivé premier des élections législatives avec 35 % des voix. Le gouvernement de Zdravko Krivokapić entre en fonction le 4 décembre 2020, mettant fin à trois décennies de pouvoir ininterrompu du Parti démocratique des socialistes. Lui succède toutefois Dritan Abazović à partir du 28 avril 2022. Ce dernier était, depuis décembre 2020, vice-Premier ministre aux côtés de M. Krivokapić. Le 19 janvier 2022, l’Action réformée avait annoncé le dépôt d’une motion de censure avec les partis de l’opposition, dans le but de vérifier si le gouvernement disposait toujours d’une majorité au Parlement. La motion est adoptée, tandis que le principal groupe parlementaire de l’ex-majorité gouvernementale préfère boycotter le scrutin. Composé d’une large coalition de partis pro-européens et pro-serbes, le nouveau gouvernement annonce qu’il se concentrera sur les réformes requises par l’Union européenne afin que le Monténégro puisse accélérer son processus d’adhésion dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine. En 2023, les Monténégrins se rendent aux urnes pour la présidentielle et les législatives dans un contexte d

e crise politique, le pays étant tiraillé entre plusieurs sensibilités, dont les pro-russes et les europhiles. Les élections sont marquées par le taux de participation le plus bas depuis les années 1990. Le DPS sort défait de ces deux scrutins. Jakov Milatović est élu président, et sa formation, la coalition centriste europhile “Europe maintenant”, arrive en tête des législatives, avec 26 % des voix. Faute de majorité claire, le mouvement est cependant contraint de s’allier avec leurs opposants. Début avril 2023, l’europhile et libéral Jakov Milatović bat au second tour Milo Đukanović. Issu des rangs du mouvement “Europe maintenant !”, il est le premier président à ne pas être issu du DPS. Le Monténégro a déclaré son indépendance de la Communauté d’États de Serbie-et-Monténégro en 2006. En 2007, le petit pays des Balkans a signé avec l’Union européenne un accord de stabilisation et d’association. Un an plus tard, il a fait une demande officielle d’adhésion à l’Union européenne.
Économie
L’économie du Monténégro est portée en grande partie par le secteur du tourisme, qui représente près de 25 % du PIB, un quart des touristes provenant de Russie. Le pays contribue à favoriser l’essor de ce secteur, notamment par des exonérations fiscales pour les investissements étrangers. En revanche, la dépendance de la croissance aux flux financiers externes comme ceux du tourisme, des transferts financiers effectués par la diaspora et des investissement étrangers (20 % du PIB), rend l’économie vulnérable. Du fait de la forte dépendance au tourisme russe, l’avenir semble incertain pour le Monténégro depuis l’invasion de l’Ukraine et l’application des sanctions européennes à l’encontre de Moscou… De fait, les investissements qui ont contribué au développement des régions côtières monténégrines se tarissent car les Russes ont de plus en plus de mal à sortir de l’argent du pays. La croissance économique est également portée par la production industrielle, même si la part du secteur secondaire dans la valeur ajoutée du PIB est en nette baisse (9,1 % en 2022). L’investissement public y a également participé, notamment par la construction de la première section de l’autoroute Bar-Boljare. Par ailleurs, 15,4 % de la population active était au chômage en 2022, dont une grande partie des jeunes. Un grand projet d’autoroute n’a eu qu’un impact faible sur l’emploi, puisque les équipements nécessaires à sa construction sont importés et que le pays ne dispose que peu de travailleurs compétents pour ces travaux. Cette forte dépendance à l’importation induit un déséquilibre commercial. Le pays est de ce fait incité par les institutions internationales à stimuler sa compétitivité par rapport au reste du monde, notamment par des gains de productivité puisque l’euro y est la monnaie nationale. Le déficit commercial avait atteint 39 % du PIB en 2021 et la dette extérieure était de 160 % du PIB la même année. Le pays a été fortement touché par la crise économique et financière de 2009. Entre 2013 et 2016, la dette publique est passée de 58 % à 68 % du PIB. Bien que son PIB par habitant aujourd’hui soit faible (environ 6 700 euros par habitant en 2020), il est toutefois légèrement plus élevé que ceux des autres pays candidats de la région des Balkans occidentaux tels que l’Albanie et la Bosnie-Herzégovine. Son indicateur de développement humain (IDH) atteint près de 0,832 en 2021 (celui de la France est de 0,903), bien plus élevé que celui de ses voisins (autour de 0,78). L’économie souterraine reste très importante, même si le pays est au 65e rang dans le classement de l’indice de perception de la corruption calculé par Transparency International, devant ses voisins des Balkans. Le secteur du tourisme a particulièrement été affecté par la crise du Covid-19. En mars 2020, le gouvernement a mis en place un ensemble de mesures économiques visant à réduire l’impact de la crise, mais ce programme ne représente qu’environ 2 % du PIB et n’a donc qu’un effet limité. Le pays a bénéficié également d’une aide de 50 millions d’euros de l’Union européenne issue des fonds de pré-adhésion. La croissance du PIB est toutefois largement revenue en 2021, et affiche un taux de 6,1 % en 2022.
Géographie
En dépit de sa petite taille, le Monténégro abrite une grande variété de sites naturels remarquables. Le pays est bordé par la mer Adriatique, qui longe une étroite plaine côtière, mais ne dispose pas de port important en raison d’un littoral très accidenté. La forêt couvre à peu près la moitié du territoire. Les gorges de la Tara forment le plus grand et le plus long canyon d’Europe, et le deuxième plus long au monde. Le Monténégro présente des chaînes de hautes montagnes, avec un point culminant au Zla Kolata, dans les monts Prokletije, à une altitude de 2 534 m.
Subdivisions administratives
Du point de vue administratif, le Monténégro est divisé en 21 « municipalités », chacune portant le nom de sa ville principale.
Relations avec l’Union européenne
Le Monténégro mène un processus d’adhésion à l’Union européenne. Le processus d’adhésion impose au Monténégro de régler les problèmes liés à la criminalité, à la contrebande, au nationalisme (la région doit toujours faire face aux problèmes liés au multiculturalisme), à la corruption, à la liberté d’information et à la capture des criminels de guerre. Le processus de séparation administrative de la Serbie est, en outre, encore loin du terme. Toutefois, ces dernières années, le Monténégro a progressé dans pratiquement tous les critères d’adhésion. Le 15 octobre 2007, le Monténégro signe un accord de stabilisation et d’association (entré en vigueur le 1er mai 2010) avec l’Union européenne, ce qui constitue un premier rapprochement en vue d’une adhésion. Le 15 décembre 2008, le Monténégro dépose sa demande officielle de candidature à l’adhésion à l’Union européenne. Le 9 novembre 2010, la Commission européenne estime que le Monténégro a fait des progrès significatifs, et propose que lui soit accordé le statut de candidat à l’adhésion. Le 17 décembre 2010, le Conseil européen qui réunit les États membres adopte cette proposition et donne au Monténégro le statut officiel de candidat, ce qui signifie que des négociations d’adhésion vont pouvoir être ouvertes. Le président du Parlement monténégrin Ranko Krivokapić déclare : « Cela constitue une grande récompense, avec une obligation encore plus grande. » Le Monténégro est un candidat officiel à l’intégration européenne depuis 2018. En février 2018, la Commission européenne a déclaré que l’adhésion du Monténégro à l’Union européenne pourrait être possible à l’horizon 2025.
Ethnies
La législation du Monténégro distingue, comme dans les pays voisins, la citoyenneté selon le droit du sol (aux termes duquel tous les citoyens du pays sont des « Monténégrins ») et la nationalité ou ethnie selon le droit du sang (aux termes duquel les habitants peuvent se déclarer d’ethnie monténégrine, serbe, croate, albanaise, bosniaque, musulmane, italienne…). Il existe ainsi des statistiques ethniques qui ne recoupent que partiellement les statistiques linguistiques, puisque l’on peut déclarer par exemple être Monténégrin de langue serbe, ou inversement. Un sondage sur la composition ethnique du Monténégro réalisé en 2011 donne les résultats suivants : Monténégrins : 44,98 % ; Serbes : 28,73 % ; Bosniaques : 8,65 % ; Albanais : 4,91 % ; Musulmans : 3,31 % ; Roms : 1,01 % ; Croates : 0,7 % ; Autres / ne se prononcent pas : 4,87 %. Les Albanais sont situés en majorité à l’est et au sud-est du pays, aux frontières du Monténégro et de la Serbie et à la frontière avec l’Albanie.
Religions, Arts et culture
Un sondage sur la composition confessionnelle du Monténégro réalisé en 2011 donne les résultats suivants : Orthodoxes : 72,07 % ; Musulmans : 19,1 % ; Catholiques : 3,44 % ; Athées : 1,24 % ; Autres : 1,51 % ; Ne se prononcent pas : 2,61 %. Les villes de Cetinje et de Podgorica sont particulièrement riches en musées et galeries d’art. Nommons, par exemple, le musée national du Monténégro ainsi que l’Institut de la République pour la préservation du patrimoine culturel, à Cetinje. Podgorica abrite quant à elle le Centre d’art moderne et le musée de Podgorica. Dans chacune de ces deux villes se trouvent respectivement le Théâtre royal « Zetski dom » et le Théâtre national monténégrin.
Awa Cécile BANGARE
Sources : Wikipédia, touteleurope.eu, AtlasMonde, Géo.fr
