30 janvier 2026
Home » VIE DE NOS COMMUNES: A la découverte de la commune de Diabo/Région de l’est

Nous vous embarquons pour la commune de Diabo, située dans la province du Gourma, région de l’Est.

S’étendant sur une superficie de 656 km2, la commune de Diabo est limitée au Nord et au Nord-Est par les communes rurales de Tibga et Diapangou, à l’Est par la commune urbaine de Fada, à l’Ouest et au Sud-Ouest par les communes de Gounghin (province du Kouritenga) et de Bissiga (province du Boulgou), au Sud par la commune de Comin-Yanga (province du Koulpélogo). Elle est située dans la province du Gourma, région de l’Est du Burkina, à 50 Km au Sud-Ouest du chef-lieu de la région, Fada N’Gourma. La distance qui la sépare de la capitale Ouagadougou est d’environ 210 Km. Elle dispose d’une ouverture sur la nationale Ouaga–Niger à 18 Km de la route nationale N°4 (Ouagadougou-Fada N’Gourma- frontière du Niger). C’est en 1964 que le territoire diabolais fut érigé en poste administratif. Vingt (20) ans après, dans le cadre du découpage du territoire national en 30 provinces intervenu en 1984, la province du Gourma a été créée, avec Fada N’Gourma comme chef-lieu. Dans le cadre de cette réorganisation du territoire, Diabo fut érigé en département de la province du Gourma par une ordonnance du 15 août 1984. Avec l’adoption du code général des collectivités territoriales en décembre 2004, le département de Diabo est érigé en commune rurale, qui regroupe un ensemble de 63 villages administratifs dont Diabo avec cinq (5) hameaux de culture.

Origine

L’agriculture vivrière et l’élévage les sources de création de richesse

La commune de Diabo constitue une zone tampon entre le plateau mossi à l’Ouest, le pays gourmantché à l’Est et le pays bissa au Sud. Le peuplement de la zone a été donc influencé par cette position géographique à l’interface de trois peuples traditionnels. Plusieurs flux de populations ont abouti à la création de cette entité. Ces différents flux anciens de peuplement ont souvent été motivés par des divergences politiques au niveau des villages d’origine. Diabo, qui compte actuellement 9 quartiers répartis en 5 secteurs, aurait été peuplé par des populations venues de Ouagadougou, Kaya, Koupéla et du Gobnangou. Diabo signifierait en langue Gourmatchema « le pays des hommes courageux qui refusent toute forme de vidage ». Le village de Zonatenga au sud-ouest, qui compte actuellement 6 quartiers, aurait été peuplé par une population venue de Boussan Lorgo, à l’Ouest de Tenkodogo, sous la conduite d’un certain Moyenga Kambado. Le village de Saatenga au sud, qui compte actuellement 9 quartiers, aurait été fondé par le fils d’un certain Trewendé venu de Tenkodogo. Il aurait trouvé le lignage Yougbaré, originaire de Koulpissi qui était les premiers occupants du terroir. La chefferie serait restée entre les mains du lignage Zoetyenga. Le village peulh de Boulyoghin au sud, qui compte actuellement 3 quartiers, aurait été fondé par Moussa Boly qui serait arrivé de Rambo (Yatenga) à la recherche de pâturage. Partant des éléments d’historiques ci-dessus, il ressort une grande diversité de provenance des habitants du département de Diabo. Le mouvement de peuplement s’est donc effectué à travers plusieurs vagues. L’état actuel des connaissances ne permet pas d’être formel sur la chronologie de l’occupation spatiale du département. Mais selon le pouvoir traditionnel central, les premiers occupants furent les MOYENGA qui fondèrent par la suite Zonatenga (la terre du Chef des Zaossé ou la capitale des Zaossé). Ce sont eux qui auraient accueilli et installé dans leur quartier actuel les Yoni qui incarnent aujourd’hui l’autorité la plus importante du terroir.

Les potentialités économiques de la commune

L’économie est caractérisée par la domination du secteur primaire constitué essentiellement de productions agropastorales. Au sein de ce secteur, l’agriculture vivrière est la principale source de création de richesse. La culture de rente est aussi pratiquée dont le cas du sésame et du coton (qui est beaucoup produit dans la zone de Saatenga à 17 km au sud de Diabo). Elle est suivie de l’élevage, de l’artisanat et du commerce. Avec un niveau de diversification élevé, la production céréalière est essentiellement dominée par le mil, le sorgho rouge, le maïs, sorgho blanc, riz pluvial. Les arachides, le niébé, le soja et le sésame, sont les principales légumineuses produites dans l’espace communale. Les cultures maraîchères et fruitières se résument aux tomates, aux oignons, aux choux, aux carottes, aux pastèques et aux mangues. Elles sont produites principalement en saison sèche autour des points d’eau. La patate douce constitue l’essentiel des tubercules produits. Les cultures de rente concernent essentiellement le coton, l’arachide, le soja et le sésame. Leur production permet aux paysans de tirer des revenus substantiels.

L’élevage occupe plus de 80% des ménages. Il constitue un des pôles générateurs de revenus monétaires et le principal moyen de couverture des besoins essentiels des populations qui exploitent un cheptel numériquement important malgré les manifestations des aléas climatiques. Les types d’élevage prédominants sont le système transhumant et le système agro-pastoral. A ces deux systèmes, on pourrait ajouter le système semi intensif. Dans l’ensemble des systèmes, le bétail joue un rôle d’épargne. Des projets et programmes existent et appuient les producteurs dans le domaine de l’élevage du Porc, de la volaille, etc. La commune de Diabo est également pourvoyeuse d’œufs de pintade pour la ville de Diabo et pour d’autres contrés lointaines.

A ces domaines pourvoyeurs de richesses, il convient de noter les principaux sites de pêche que sont les barrages de Zanré et de Lorgho. Faute de statistique, il ressort qu’en dehors du poisson, les ressources halieutiques se composent de tortues, de varans, de crocodiles, de batraciens et de microfaune aquatique, tous en nombre peu important. La pêche est pratiquée de manière artisanale surtout dans les eaux des mares qui se trouvent dans le territoire communal. Elle concerne exclusivement les poissons tels que les carpes, les mâcherons et les capitaines. La production est destinée surtout à la consommation et à la commercialisation. On y rencontre des pêcheurs locaux et des saisonniers venant du Mali. On note également l’existence d’une organisation de pêcheurs dénommée ‘’Woum taaba’’ et des transformatrices de poisson. Les acteurs sont insuffisamment organisés Mais disposent malheureusement de peu de capacités techniques et d’équipements. Les ressources en eau dans le département sont importantes avec au moins dix (10) barrages et six (6) retenues d’eau aménagés.

La commune de Diabo compte des marchés qui se tiennent tous les trois jours qui permettent d’entretenir les échanges commerciaux. Du point de vue des infrastructures marchandes, il faut noter que certains villages disposent de ce qu’il convient d’appeler ‘’marché local’’. Parmi eux, il en existe quelques-uns qui ont une vocation communale, voire régionale. Il s’agit spécifiquement des marchés de Diabo centre, de Saatenga, de Seiga et de Lantaogo. L’importance des produits d’élevage et maraichers à commercialiser ainsi que la proximité des communes Urbaines de Fada N’Gourma, de Pouytenga et de Koupéla, constituent des atouts pour les échanges. Mais elle ne dispose pas d’infrastructures marchandes sur cet espace qui peut constituer des débouchés pour les produits agro-sylvo-pastoraux et susceptible d’accueillir ces produits de la commune et faciliter leur écoulement. Le commerce local porte essentiellement sur les céréales, les produits de l’élevage, etc. Les exportations, elles, se font à destination de Pouytenga, Fada et Koupela et dans certains villages des communes limitrophes à savoir Tibga, (Gounghin, Bissiga, Tensobtenga, Dialgaye au centre Est). Les circuits de commercialisation sont peu développés et varient selon la nature des produits échangés.

Services publics

La commune de Diabo dispose de services publics parmi lesquels une Préfecture, une perception, une circonscription d’enseignement de base et l’alphabétisation, un lycée d’enseignement post primaire et secondaire. Selon les données éducatives, la commune compte 51 écoles primaires. En matière d’offre sanitaire, la commune a en son sein un Centre médical (CM) et 12 Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) fonctionnels. On y trouve également des services départementaux en charge de l’aagriculture, des rressources halieutiques, de l’assainissement et de la sécurité alimentaire et d’un poste vétérinaire. Au-delà de ces services, l’existence de la radio communale « la voix de Diabo » permet d’informer et de sensibiliser la population sur plusieurs thématiques.

Léon YOUGBARE

in La cohésion 2023

yougleon5@gmail.com

Sources : Site web de la Mairie de Diabo

Mémoire de Maitrise du Dr Paul-Marie Moyenga

  

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