13 mars 2026
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ADDIS-ABEBA : UN JOURNALISTE SÉNÉGALAIS BLOQUÉ À L’AÉROPORT DE BOLE… LE FRANC CFA POINTÉ DU DOIGT

Addis-Abeba, 12 mars 2026. Une situation aussi inattendue que révélatrice des limites monétaires auxquelles font face de nombreux Africains s’est produite dans la capitale éthiopienne. Le journaliste sénégalais Massata Faye se retrouve bloqué depuis plusieurs heures à l’Aéroport international de Bole, à Addis-Abeba, incapable d’acheter son billet de retour vers Dakar.

À l’origine de cette mésaventure : l’impossibilité d’utiliser le Franc CFA, une monnaie pourtant en circulation dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

Dix heures d’attente dans le hall de l’aéroport

Au moment où ces lignes sont écrites, il est environ 5 heures du matin à Dakar, et le journaliste sénégalais s’apprête à boucler près de dix heures d’attente dans le hall de l’aéroport éthiopien.

Selon les informations recueillies par IKD-POST, l’homme de média se trouve dans une impasse financière après avoir épuisé les euros qu’il avait emportés lors de son séjour en Éthiopie. Or, dans ce pays de la Corne de l’Afrique, la seule monnaie étrangère facilement acceptée reste généralement l’euro ou le dollar.

Le problème survient lorsqu’il tente d’acheter son billet de retour avec les francs CFA encore en sa possession. Les banques et bureaux de change de l’aéroport refusent catégoriquement cette devise.

Depuis Addis-Abeba, le journaliste a confié à notre rédaction :

« Je ne peux pas utiliser mes francs CFA à tous les niveaux. Bien que j’aie eu des euros avec moi, je les ai utilisés et ils sont maintenant épuisés. À présent, je dois acheter mon billet de retour, mais les banques et les bureaux de change refusent catégoriquement les francs CFA. Je suis donc bloqué à l’aéroport. »

Selon nos informations, le confrère a également tenté à plusieurs reprises d’entrer en contact avec certaines autorités sénégalaises afin d’obtenir une assistance ou un soutien, mais ses différentes démarches sont pour l’instant restées sans réponse.

Coincé dans l’immense hall de transit de l’Aéroport international de Bole, le journaliste attend désormais une solution pour pouvoir rejoindre le Sénégal.

Le franc CFA, une monnaie aux frontières limitées
Cet incident met en lumière une réalité souvent ignorée : malgré son usage dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, le franc CFA demeure peu convertible en dehors de sa zone monétaire.

Créée en 1945 et utilisée aujourd’hui par quatorze pays africains, cette monnaie reste fortement dépendante de circuits financiers spécifiques. Dans de nombreux États africains non membres de la zone CFA, elle n’est ni échangée ni reconnue par les institutions financières locales.

Conséquence : des voyageurs peuvent se retrouver dans des situations délicates dès lors qu’ils sortent de l’espace où cette monnaie circule.

Un débat relancé sur l’avenir de la monnaie
L’expérience vécue par le journaliste sénégalais mérite réflexion sur un débat déjà ancien en Afrique de l’Ouest : celui de l’avenir du franc CFA.

Depuis plusieurs années, économistes, universitaires et acteurs politiques s’interrogent sur la pertinence de cette monnaie commune héritée de l’époque coloniale. Certains y voient un facteur de stabilité financière, tandis que d’autres dénoncent un instrument qui limite l’autonomie monétaire et la circulation économique internationale.

L’incident d’Addis-Abeba, bien que personnel, pose une question plus large :
la suppression ou la réforme du franc CFA est-elle devenue une urgence pour les pays francophones d’Afrique de l’Ouest ?

En attendant une issue

Pour l’heure, la priorité reste la situation du journaliste Massata Faye, toujours bloqué à l’aéroport de Bole au moment de la rédaction de cet article.

Privé de solution immédiate pour convertir sa monnaie ou acheter son billet de retour, il espère désormais une assistance financière ou diplomatique lui permettant de quitter l’Éthiopie et de rejoindre ses proches à Dakar.

Une mésaventure qui, au-delà du cas individuel, rappelle que la question monétaire reste l’un des grands défis de la souveraineté économique africaine.

Par Ibrahima Khalil Dieng

Reveil-info

2 thoughts on “Addis-Abeba : un journaliste bloqué à l’aéroport à cause du F CFA

  1. Je pense qu’il n’avait pas besoin d’avoir du CFA sur lui, une carte visa lui suffisait pour faire toute ses transactions partout dans le monde.

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