15 mars 2026
Home » Libre opinion -Niger: quand l’Union européenne exige la libération de Bazoum

QUAND L’UNION EUROPÉENNE, ENTRE AVEU ET MENACE, EXIGE LA LIBÉRATION DE L’EX-PRÉSIDENT DU NIGER, MOHAMED BAZOUM.

𝗣𝗮𝗿 𝗝𝗲𝗮𝗻-𝗣𝗶𝗲𝗿𝗿𝗲 𝗗𝗢𝗨𝗕𝗔𝗛𝗜

« Il convient de rappeler que le président Bazoum, démocratiquement élu, a été le principal partenaire des forces européennes au Sahel. Nous ne pouvons rester plus longtemps silencieux alors qu’un allié clé de l’Europe est emprisonné. Quel exemple de loyauté l’Union Européenne (UE) donnerait-elle à ses partenaires ? »
Ces propos, scandaleux mais loin d’être surprenants, sont de l’eurodéputé français Christophe Gomart qui par cette manière cavalière et diplomatiquement irrévérencieuse, convainquait le Parlement européen au vote d’une résolution, finalement adoptée le 12 mars 2026, pour exiger la libération immédiate et sans condition de Mohamed Bazoum, ancien Président du Niger détenu suite à la révolution souverainiste et populaire du 26 juillet 2023 dans son pays. Ce discours qui allie aveu et menace, convoque de notre part à une analyse sérieuse.

Un aveu scandaleux mais loin d’être surprenant.

L’émotion est mère de vérité. Et M. Gomart, dans un accès de colère mal contenu, a lâché une vérité que tous savent. L’UE se fait, depuis le Coup d’État du 26 juillet 2023 à Niamey, l’avocate acharnée de Bazoum, non pour défendre une quelconque démocratie, mais pour les intérêts économiques et géostratégiques que lui garantissait (ce qui ne surprend guère), cet « allié clé de l’Europe » pour qui elle « ne peut rester plus longtemps silencieuse. » Et craignant que le cas Bazoum ne fasse tache d’huile, l’eurodéputé de s’interroger : « Quel exemple de loyauté l’UE donnerait » à ses autres partenaires en Afrique ou sur d’autres continents, qui se sacrifient au quotidien pour ses intérêts et non pour ceux de leurs peuples ?

En filigrane, des menaces contre le Niger.

Qu’on ne s’y méprenne, le ton grave et impératif du discours de M. Gomart cachait à peine des menaces contre le Général Tiani, le vaillant Peuple du Niger et sa révolution souverainiste populaire qui a eu le mérite depuis bientôt 3 ans, de rendre au Niger ses importantes et juteuses terres rares pillées pendant des décennies par le néocolonialisme français. La menace s’annonce-t-elle économique ou armée ? Toujours est-il qu’il appartient au Peuple nigérien de demeurer vigilant. L’action armée directe (à la Trump) comme au Vénézuela, ou indirecte à travers la félonie de relais locaux, ne sont pas à écarter. Et la dernière tentative de déstabilisation qui a visé des points stratégiques de la capitale Niamey, dont l’aéroport, convoque à redoubler de vigilance.

La démocratie, la cadette des soucis de l’Union européenne.

L’aveu de M. Gomart sur l’accointance et la complicité avec Bazoum, vient lever le voile sur le rôle joué par ce dernier en faveur des intérêts étrangers et par ricochet, en défaveur des intérêts de son pays. Toute chose qui justifia l’action de l’armée, garante de la souveraineté et de l’intégrité des richesses, des biens et patrimoine de l’État. Dès lors que l’enjeu ici n’est ni humain ni démocratique, l’on comprend dès lors le mutisme complice de l’Europe quant au sort infligé à leurs peuples, par des dictateurs à son service en d’autres pays, notamment africains.

Aujourd’hui, plus d’un millier de cadres et militants de l’opposition croupissent dans les geôles ivoiriennes, au seul tort de s’être opposés au viol de la constitution, au braquage électoral opéré par Ouattara, le partenaire le plus loyal de l’impérialisme dans la sous-région ouest-africaine ; braquage électoral qui a vu l’exclusion de toute l’opposition significative dont des leaders se retrouvent aujourd’hui en exil parce que menacés par la dictature qui sévit. Le cas ivoirien n’est pas un cas isolé en Afrique où les adversaires politiques sont exclus de la compétition électorale et des partis d’opposition, les plus importants, arbitrairement dissous. Jamais, ces attentats et crimes contre la démocratie n’ont ému encore moins scandalisé l’UE.

Reveil-info

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