Karim (nom d’emprunt), un jeune entrepreneur, a comparu le mardi 22 juillet 2025 devant le tribunal de grande instance de Dédougou pour répondre de faits d’abus de confiance. Sa victime n’était autre que son propre oncle, un influent opérateur économique de la ville, qui lui réclamait la bagatelle de 43,3 millions de francs CFA.
Tout commence en 2023. Karim décroche un marché de construction d’une valeur de 18 millions de francs CFA. Ne disposant pas des moyens nécessaires pour exécuter les travaux, il sollicite l’aide de son oncle. Ce dernier accepte de le soutenir en lui fournissant les matériaux de construction jusqu’à la fin du chantier. Coût de cette aide : 12,5 millions de francs CFA.
Mais au lieu de rembourser sa dette une fois le marché exécuté et l’argent encaissé, Karim affirme à son oncle qu’il n’a jamais été payé. L’affaire aurait pu en rester là si, quelque temps plus tard, le jeune homme n’obtenait un second marché, cette fois d’un montant de 57 millions de francs CFA. Une fois encore, il sollicite le soutien de son oncle, qui, malgré ses réticences, lui fournit des matériaux estimés à plus de 30 millions de francs CFA.
Malgré l’achèvement des travaux et la réception des fonds, Karim ne rembourse toujours pas son oncle. Face à cette répétition de manquements, ce dernier décide de porter l’affaire en justice.
À la barre, le prévenu ne nie pas les faits. Il les reconnaît, tout en exprimant des regrets et en implorant la clémence du tribunal. Il explique avoir mal géré ses finances.
Le procureur du Faso, lui, est resté ferme. « Votre comportement décourage ceux qui veulent accompagner la jeunesse dans l’entrepreneuriat », a-t-il dénoncé. Il a requis une peine de 36 mois de prison, dont 24 mois ferme, assortie d’une amende de 500 000 francs CFA ferme.
Le tribunal a partiellement suivi cette réquisition. Karim a été condamné à 36 mois de prison, dont 18 mois ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 francs CFA ferme. La victime, qui s’était constituée partie civile, a obtenu 43,3 millions de francs CFA au titre de dommages et intérêts. Une contrainte judiciaire de trois mois a également été prononcée.
Source : Sidwaya
Justice Infos Burkina
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