L’ÉTAT DES LIEUX 14 ANS APRÈS LA CHUTE DE MOUAMMAR KADHAFI : LA LIBYE ENTRE PAUPÉRISATION GRANDISSANTE ET VIFS REGRETS.
Après 41 ans de règne, Mouammar Kadhafi, le guide de la Jamahiriya libyenne, mourait le 20 octobre 2011 à Syrte, tué par des opposants armés appuyés par des bombardements soutenus de l’Otan. Ainsi prenait fin le chapitre libyen de ce qui fut convenu alors d’appeler « le printemps arabe », une série de révolutions armées ayant en ce temps-là secoué plusieurs pays arabes en quête dit-on, de liberté et de démocratie. Quatorze ans après, quel est l’état des lieux en Libye, terre de prospérité et d’abondance sous la conduite de Kadhafi ?
L’instabilité politique au lieu de la démocratie souhaitée.
La démocratisation du pays souhaitée à travers la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 n’a jamais eu un début d’exécution. En cause, une guerre civile subséquente qui n’a pas manqué de fragmenter un pays mis en pièce par de multiples groupes armés et des milices, empêchant la mise en place d’un État central fort et stable. Depuis 2014, deux gouvernements rivaux se disputent le contrôle du pays : le gouvernement de Tripoli reconnu par l’Onu, et celui de Tobrouk avec pour zone d’influence l’est du pays, et soutenu par le puissant général Khalifa Haftar. Toutes les tentatives de rapprochement furent jusqu’à ce jour vouées à l’échec. La situation à Tripoli, capitale du pays, est moins reluisante parce qu’à la merci de milices et bandes armées rivales.
La pénurie chronique au lieu de la prospérité de l’ère Kadhafi.
La division du pays entre deux gouvernements rivaux a pour conséquence l’existence de deux banques centrales rivales. Ce qui bloque les importations et la production pétrolière, entraînant une pénurie de carburant, de produits de première nécessité et de fréquentes et longues coupures d’électricité. La suspension des transactions financières internationales a aussi paralysé l’économie libyenne dans son ensemble avec pour conséquence immédiate, le manque de liquidité dans les banques. Même le secteur de l’éducation n’est pas épargné par la pénurie de manuels scolaires. En somme, c’est désormais la paupérisation et la précarisation accrues d’une population qui hier bénéficiait du pouvoir Kadhafi, d’un large éventail d’assistances de l’État-providence.
La nostalgie de l’ère Kadhafi et le temps des regrets.
À la merci des milices et des pénuries en tout genre, c’est désormais le temps des regrets chez le Peuple libyen et la nostalgie de l’ère de prospérité sous Kadhafi. Citons ici quelques prestations sociales que le regretté guide assurait à ses gouvernés :
– L’éducation gratuite et obligatoire jusqu’au premier cycle secondaire avec fourniture gratuite des manuels scolaires, repas sur place et soins de santé préventifs pour les élèves.
– L’accès gratuit aux soins de santé d’un système hospitalier développé.
– L’accès gratuit à l’eau et à l’électricité.
– Une aide financière au logement avec des logements attribués aux jeunes mariés.
– Un soutien financier direct aux familles par des aides mensuelles versées aux citoyens.
– L’exonération d’impôts directs pour les citoyens et prêts sans intérêts.
La liste n’est pas exhaustive tant les mesures sociales étaient nombreuses, destinées à assurer une qualité de vie enviable au Libyen. Que de bons souvenirs qui tranchent d’avec un présent chaotique et un avenir de toutes les incertitudes..
Net ( Jean pierre Doubahi)
Reveil-info
