Blaise Compaoré (en résistance à Pô)… “Ce que nous voulons”
Afrique Asie du18 juillet 1983
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A trente-deux ans, le capitaine Blaise Compaoré, commandant de la garnison de Pô (le Centre national d’entrainement-commando – C.N.E.C.- l’élite de l’armée voltaïque), est aujourd’hui la pièce maitresse du puzzle voltaïque. Cet ami d’enfance et d’armes de Thomas Sankara était l’une des cibles principales du coup de « Cube Maggi ». Thomas Sankara et Jean-Baptiste Lingani, eux, avaient été arrêtés pendant qu’Henri Zongo était encerclé au camp Guillaume-Ouédraogo par les blindés de l’un des exécutants du putsch du 17 mai, le capitaine Jean-Claude Kamboulé. Blaise Compaoré, lui, a échappé au coup de filet.
La chance a voulu qu’il soit absent de son domicile au moment de la rafle. Mais, il aurait pu tomber dans les mailles du filet sans l’audace de son chauffeur et aide de camp, Amidou Maiga, qui, arrêté, a réussi à forcer le portail du camp Guillaume et prendre à bord de sa voiture le capitaine Compaoré, qui venait d’arriver chez lui en provenance de Bobo-Dioulasso.
Revenu à Po, Il a repris son commandement et, depuis lors, tient tête aux putschistes de Ouaga et organise la résistance contre la confiscation des acquis du 7 novembre 1982. et ses commandos de Pô auxquels Sankara, doivent aujourd’hui d’être encore en vie – sont l’élément déterminant dans la engagée par la gauche voltaïque pour ramener « Cube Maggi » et ses amis à la raison. Sa volonté d’éviter à tout prix de plonger le pays dans la guerre civile ne cède en rien à celle de barrer la route aux fossoyeurs du C.S.P.
Nous l’avons rencontré à Po, au milieu de ses hommes et de ses amis. En exclusivité pour « Afrique-Asie », voici ce qu’il pense de la situation actuelle en Haute-Volta.
Une interview recueillie par Mohamed Maïga et Michel Ilboudo
Vous voici donc devenu un rebelle ?
B.C.-Vous vous trompez complètement. Je suis toujours un officier de l’armée voltaïque. Ma solde continue de m’être régulièrement versée et je n’ai reçu aucune notification du la Défense nationale me relevant de mon
On vous présente pourtant à l’étranger comme un soldat perdu.
B.C- Cela fait partie de la campagne de propagande orchestrée par les ennemis du peuple voltaïque pour discréditer l’ensemble des officiers qui ont refusé et qui refusent toujours de cautionner le coup d’Etat du 17 Mai. Mes camarades et moi avons pris une attitude politique responsable face à ma tentative de récupération du mouvement du 7 Novembre par le colonel Somé Yorian et sa bande. Le pays ne peut être gouverné par une succession injustifiée de coup d’État.
Les ponts sont-ils définitivement coupés avec le nouveau pouvoir ?
B.C. Bien sûr que non. Je reçois chaque jour des émissaires au chef de l’État avec qui j’entretiens d’ailleurs une correspondance régulière. Quelques ‘uns des officiers qui ont été entrainés dans cette action insensée du 17 mai m’ont également fait parvenir des lettres fort courtoises pour me proposer issue pacifique à la Jean-Claude Kambouélé. Le chef de l’État a été entrainé malgré lui j’en suis de plus en plus convaincu dans un véritable traquenard par Somé Yorian. Il s’est imprudemment mis dans l’illégalité en avalisant l’arrestation et la destitution du Premier ministre Thomas Sankara, sans l’avis préalable du Conseil de salut du Peuple.
Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un chef d’État renvoie son Premier ministre
B.C. Non. Les 121 membres de l’assemblée générale du C.S.P. ont été…
