375 ANS DE PRISON — LA SENTENCE QUI RÉPARE (UN PEU) L’HORREUR VÉCUE PAR CINQ ENFANTS NOIRS ADOPTÉS
L’APPEL QUI A TOUT DÉCLENCHÉ
2 octobre 2023, Sissonville, Virginie-Occidentale (États-Unis). Un voisin observe une scène qui l’alarme : un homme enferme à clé deux adolescents dans un cabanon de jardin, puis s’en va.
Il appelle la police. Les agents doivent forcer la porte à la barre à mine.
CE QU’ILS ONT DÉCOUVERT
À l’intérieur : pas d’eau courante, seulement de petites toilettes portables de camping-car, aucun matelas — les adolescents dormaient à même le béton depuis au moins 12 heures sans avoir mangé. Le pied nu de l’un d’eux porte des plaies.
Dans la maison principale, une fillette de 9 ans est retrouvée seule, en pleurs, dans une mezzanine sans aucune barrière de sécurité. Deux autres enfants, 6 et 11 ans, seront ramenés plus tard par le couple.
Face aux enquêteurs, Whitefeather affirmera que le cabanon était en réalité un « club-house » que les adolescents appréciaient, et qu’ils n’y étaient pas enfermés.
QUI ÉTAIENT CES ENFANTS ?
Cinq frères et sœurs noirs, âgés de 6 à 16 ans, adoptés par Jeanne Kay Whitefeather et Donald Ray Lantz — un couple blanc et aisé — alors qu’ils vivaient dans le Minnesota. La famille s’installe ensuite dans un ranch de 32 hectares à Tonasket, dans l’État de Washington, en 2018, avant de rejoindre la Virginie-Occidentale en mai 2023 — un déménagement que les procureurs relieront plus tard à une tentative d’échapper à une enquête pour maltraitance déjà ouverte dans le Washington.
UNE FUITE EN AVANT FINANCIÈRE
Après leur première arrestation, le couple prétend n’avoir ni revenus ni biens. Pourtant, en février 2024, ils vendent leur ranch de Washington pour 725 000 dollars, et le frère de Whitefeather verse aussitôt 400 000 dollars de caution pour les faire libérer.
La juge Maryclaire Akers, qualifiant ce dossier de l’un des plus graves qu’elle ait jamais vus, double leur caution à 500 000 dollars chacun, estimant que cet argent pourrait provenir directement du trafic d’êtres humains. Le couple retourne en détention.
CE QUE LE PROCÈS A RÉVÉLÉ
Les enfants témoignent avoir été forcés à travailler selon un emploi du temps strict, nourris au compte-gouttes, et surveillés en permanence par des caméras. Des messages texte à caractère raciste attribués à Whitefeather sont produits comme preuves ; la fille aînée déclare avoir été insultée en ces termes de façon régulière.
En janvier 2025, un jury du comté de Kanawha déclare Whitefeather coupable des 19 chefs d’accusation retenus contre elle — dont des violations des droits civiques fondées sur la race — et Lantz coupable de traite d’êtres humains, de travail forcé et de négligence.
LA SENTENCE
Le 19 mars 2025, la juge Akers prononce le maximum prévu par la loi : jusqu’à 215 ans pour Whitefeather, jusqu’à 160 ans pour Lantz — 375 ans à eux deux.
« Vous avez amené ces enfants en Virginie-Occidentale, un endroit que je connais comme un petit coin de paradis, et vous les avez plongés en enfer. Ce tribunal va maintenant vous plonger dans le vôtre. » — Juge Maryclaire Akers
Et vous : que pensez-vous de sentences aussi lourde?
Sources : Associated Press ; NBC News ; The Express Tribune

