Home » Libre opinion- Niger : les révélations du capitaine Gabriel ne peuvent pas être balayées du revers de la main

Les révélations du capitaine Roger Gabriel ne peuvent pas être balayées d’un revers de main.

Lorsqu’un officier directement impliqué dans la tentative présumée de déstabilisation affirme avoir reçu des appels d’un « camarade tchadien » qu’il désigne comme le « colonel Hassane Adoum », il est indispensable d’examiner le parcours, les relations et les capacités d’action de la personne mise en cause.

Le profil de Hassan Adoum Younousmi soulève, à cet égard, des questions sérieuses.

Cet officier tchadien a effectué toute sa scolarité secondaire au Prytanée militaire de Niamey, de la sixième à la terminale, jusqu’à l’obtention de son baccalauréat en 2012. Durant ces sept années, il a nécessairement côtoyé plusieurs générations d’élèves nigériens, dont certains ont ensuite intégré les forces armées et les institutions de sécurité du Niger.

Ses attaches avec notre pays ne sont pas seulement scolaires ou professionnelles. Selon les informations locales dont nous disposons, sa famille biologique maternelle est originaire de Namaro et son épouse est également originaire de Namaro. Ses attaches avec le Niger seraient donc à la fois familiales, matrimoniales, scolaires, militaires et institutionnelles. Sa mère et son épouse seraient originaires de Namaro .
Formé à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr et à l’École de cavalerie de Saumur, Hassan Adoum Younousmi affirme avoir servi à l’état-major particulier de la présidence tchadienne et avoir dirigé, entre 2020 et 2022, le Centre de fusion des renseignements interarmées. Nous sommes donc en présence d’un officier ayant une expérience dans le renseignement, une connaissance ancienne du Niger et des relations profondes dans notre pays.
Son père, Adoum Younousmi, ancien ministre et haut responsable tchadien, a pour sa part été reçu officiellement par Mohamed Bazoum en septembre 2022 comme émissaire de la présidence tchadienne. Cette rencontre établit l’existence de contacts politiques directs au plus haut niveau.

Pris séparément, chacun de ces éléments pourrait être présenté comme une simple relation familiale, scolaire, professionnelle ou diplomatique. Mais leur accumulation, confrontée au témoignage précis du capitaine Roger Gabriel, forme un faisceau d’indices qui justifie pleinement une enquête approfondie.

Il ne s’agit pas encore d’une preuve judiciaire définitive. Mais il est désormais impossible de prétendre que les accusations visent une personne sans lien avec le Niger ou sans connaissance de ses réseaux militaires et institutionnels.
Les accusations sont graves. Les connexions sont nombreuses. L’enquête doit aller jusqu’au bout

Bana Ibrahim
Soldat de la Refondation

 

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