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BADO Laurent Kilachu : INTELLECTUEL, HOMME POLITIQUE ET AUTEUR PROLIFIQUE

Né le 28 août 1945 à Zoula en Haute-Volta (Burkina-Faso) ; professeur de droit administratif ; fondateur du Parti pour la renaissance nationale (Paren) ; député de 2002 à 2012 et candidat aux élections présidentielles en 2005, Laurent Kilachu Bado est un intellectuel et homme politique Burkinabè.

Né dans une famille pieuse et ayant un père catéchiste, il suit une éducation scolaire catholique jusqu’à ce qu’il obtienne son Baccalauréat. En 1952, il entre à l’école primaire catholique de Réo. Il y obtient son Certificat d’étude primaire. En 1958, il commence le petit séminaire de Koudougou, d’où il sort en 1964 après avoir obtenu son Brevet d’Etude du premier cycle. Il poursuit ensuite sa scolarité au petit séminaire de Pabré et obtient un baccalauréat en philosophie en 1967. Il quitte le Burkina-Faso pour commencer une licence à la Faculté de droit et de sciences économiques de l’Université d’Abidjan qu’il termine en France à la Faculté de droit et de sciences sociales et politiques de Bordeaux I. Il passe un an à Bordeaux, de 1970 à 1971 et poursuit son séjour étudiant en France à l’Institut international d’administration publique de Paris. Il rentre au Burkina-Faso en janvier 1973 alors qu’il a 28 ans. Il est alors amené à suivre de près l’actualité politique de son pays. Il occupe plusieurs postes de la fonction publique : de 1973 à 1974 il est administrateur civil stagiaire au Ministère du Travail et de la Fonction Publique ; de 1974 à 1975 il est directeur du recouvrement et du contrôle des risques à la Banque nationale de développement, puis conseiller technique du Ministre du travail et de la fonction publique et directeur de la fonction publique ; de 1978 à 1979 il est à nouveau conseiller technique de ce même ministère ; puis il en change pour devenir conseiller du Ministre chargé des relations avec le Parlement.

En 1980, il est nommé directeur de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) et restera à cette place jusqu’en 1983. Il obtient un Diplôme d’Etat Approfondi de droit public fondamental puis, un doctorat d’Etat en droit public (1981). Cette période (1980 à 1983) est marquée par une vie politique particulièrement agitée en Haute-Volta (quatre présidents se succèdent : Lamizana, Zerbo, Ouedraogo et Sankara). Laurent Bado entre ensuite à l’Ecole supérieure de Droit de Ouagadougou comme assistant (1984), maître-assistant (1986) et enfin professeur de droit administratif. Son parcours dans l’enseignement supérieur ne l’empêche pas de conserver des fonctions publiques jusqu’en 1992, c’est à dire 5 ans après l’accession de Blaise Compaoré au pouvoir par un coup d’Etat et suite à l’assassinat de Thomas Sankara (1987).

Par la suite, c’est lors de ses cours que Bado se fera tout particulièrement remarquer. Il est l’un des professeurs de l’université de Ouagadougou qui remplit le plus les amphithéâtres. Si les étudiants se pressent pour écouter ses cours, ce n’est pas seulement pour la qualité de son enseignement mais aussi pour son franc-parler et ses prises de position critiques sur la présidence de Blaise Compaoré. Des cours où il exprime, de façon simple, humoristique et souvent provocatrice son avis sur la manière dont devrait être mené le Burkina-Faso.

En 2000, il entre dans le milieu politique Burkinabé en créant un parti d’opposition : le Parti de la Renaissance Nationale (Paren). Lors des élections législatives qui suivent, en 2002, le Paren obtient quatre sièges à l’Assemblée nationale. Mais rapidement des désaccords entre le député Bado et les membres de son groupe parlementaire entraînent le retrait de plusieurs adhérents du Paren. Bado se retrouve alors seul représentant de son parti à l’Assemblée.

En 2005 Laurent Bado arrive en troisième position (derrière Blaise Compaoré et Bénéwendé Stanislas Sankara) avec 53 743 voix soit 2,60% des suffrages.

Parmi ses déclarations, il défend le monde rural et fustige une vie citadine où se concentreraient tous les maux de la société, que ce soit en France ou en Afrique.

Laurent Bado est également auteur de plusieurs ouvrages et publications portant notamment sur le droit, l’administration publique, la démocratie, la politique et les modèles de développement de l’Afrique. Parmi ses écrits figurent notamment :

➖ Refaire la Haute-Volta (1981) ;

➖ La décision administrative unilatérale (1984) ;

➖ Séparation des pouvoirs et régimes constitutionnels et politiques contemporains (1986) ;

➖ Le contentieux administratif burkinabè (1986) ;

➖ Le nouveau statut général des agents publics du Burkina (1988) ;

➖ Au-delà du libéralisme et du socialisme / Pour une société africaine de liberté et de solidarité (1989) ;

➖ Les établissements publics à caractère industriel et commercial burkinabè en question (1991) ;

➖ L’Alternative (1991) ;

➖ Quel modèle de démocratie pour l’Afrique Noire ? (1998) ;

➖ La liberté humaine en Occident et en Afrique (2001) ;

➖ L’Église Catholique et le pouvoir politique (2002) ;

➖ Le grégarisme africain ou la mort ! (2008) ;

➖ Journal d’un vacancier ;

➖ Mon expérience politique (2014).

Sources :

Maitron, notice « BADO Laurent Kilachu », par Elise Beurel, version mise en ligne le 27 juin 2014.

Parcours et liste des publications de Laurent Bado, LeFaso.net, 24 octobre 2005.

Bibliothèque nationale de France (BnF), notice d’autorité et catalogue de Laurent Bado.

Boussole d’Histoire

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