Révolution et corruption : les deux mots les plus antinomiques qui soient.
La lutte contre la corruption passera par la digitalisation en cette période révolutionnaire.
En juillet 2022, je me suis rendu au service des passeports à Goughin pour renouveler mon passeport. C’était sous le pouvoir de DAMIBA. Déçu par la gouvernance politique et me sentant seul, je m’apprêtais à quitter le Burkina Faso. Au service des passeports, j’ai été très bien accueilli et un commissaire de police m’a facilité l’enrôlement. Mais, je ne lui ai pas remis cinq francs. Il ne m’en a pas non plus demandé. Après ce service, nous sommes même devenus des amis. Là n’est pas l’histoire. C’est quand je quittais le service des passeports que j’ai rencontré un frère que je respecte bien qui a été un ancien ministre des transports sous le pouvoir de Blaise COMPAORE. Je l’ai salué avec tout le respect que je lui dois et nous avons commencé à échanger. Je suis revenu sur les difficultés que les Burkinabè rencontrent dans les services publics et surtout dans les services des transports.
Je crois bien que c’était en 2018 ou 2019. Mon frère qui est de la douane me fait savoir que lors d’un contrôle de la douane à Ouaga, plus de 80 véhicules immatriculés ont été saisis, mais il est ressorti dans le fichier de la douane que ces véhicules immatriculés n’ont pas été dédouanés..A la vérification des cartes grises, il est ressorti que certaines cartes grises ont été établies dans les règles normales alors que les véhicules n’ont pas été dédouanés. D’autres cartes grises étaient fausses. Il y avait même des gens qui ont enlevé des plaques d’immatriculation de leurs anciens véhicules pour placer sur leurs nouveaux véhicules, et ils circulent. Je suis revenu sur ces états de corruption dans les services publics du ministère des transports, et j’ai dit ceci à mon frère, ancien ministre : » Mais, quand vous étiez ministre des transports, pourquoi vous n’avez pas connecté les données des services de transport avec celles de la douane? En fait, il s’agit de faire de telle sorte que la Direction des transports qui fait les immatriculations ait la liste des véhicules dédouanés conformément à la législation. Que le Centre de Contrôle des Véhicules Automobiles( CCVA ) ait la liste des véhicules immatriculés conformément à la législation puisque la procédure est connue: achat, dédouanement, immatriculation, visite technique. Ainsi, si les données sont partagées entre les services publics, on réduirait considérablement la corruption et les fausses cartes grises sans dédouanement.
Vous savez quelle a été la réponse de mon frère , ancien ministre? Vous n’imaginez pas. Il m’a dit ceci: » Petit frère, je prie Dieu que tu deviennes ministre un jour. Tu vas mieux comprendre. Je n’ai pas manqué de volonté. Mais, est-ce que les gens veulent la transparence?’. Le mot est lâché: »Transparence. » Est-ce que les gens veulent la transparence ? S’il y a une chose que tous les adeptes de la corruption ne veulent pas, c’est bien la transparence. Transparence pour faire quoi? Le corrompu est comme un homme qui sort avec la femme de son ami. Il s’assoit avec elle dans l’obscurité et il efface systématiquement tous les messages qu’il lui envoie. Le corrompu aime le désordre, l’anarchie, le flou. En juillet 2025, quand j’ai été saisi par les frères de Ouahigouya par rapport au terrain de la Fédération Burkinabe de Football d’une superficie de plus de sept hectares que le frère BELEM a détourné pour morceler et vendre à coût de millions au nom de son entreprise immobilière, j’ai juste demandé qu’on me présente un seul papier de la commune de Ouahigouya qui attribue le terrain à Monsieur BELEM ou à son entreprise. Aucun papier ne m’a été présenté. Aucun. Et cela jusqu’à ce jour. Mais, des gens sont venus me voir pour me dire de faire pardon, de ne pas retirer le terrain parce que BELEM a payé des taxes de près de trente millions au nom du terrain. J’ai dit OK. Montrez-moi le papier d’attribution qui porte le nom de Belem ou de son entreprise qu’il a utilisé pour payer les taxes. Aucun papier jusqu’à ce jour. Les faits sont têtus, mais les corrompus aussi le sont. L’affaire du terrain suit son cours et tant que Belem et ses soutiens ne présentent pas un papier d’attribution de la commune de Ouahigouya, ils n’auraient pas ce terrain. Pour nous , la RPP n’est pas une comédie. Et nous mettons en œuvre la volonté du Capitaine Ibrahim TRAORE pour défendre sa vision politique.
La corruption est l’ennemie principale du développement d’une Nation. Tous les États sérieux combattent la corruption et déploient des initiatives contre les corrompus. Un État qui célèbre la corruption ne connaîtra aucun véritable développement. Aucun. Aujourd’hui, nous sommes en Révolution. L’engagement de notre grand leader, le Capitaine Ibrahim TRAORE ne souffre d’aucun doute. IB a déjà fait des merveilles pour ce pays. Le fonds de Soutien Patriotique a déjà collecté près de 500 milliards en quatre ans. La douane, sous le leadership du DG Dr Yves KAFANDO, fait des merveilles. La Direction Générale des Impôts sous le leadership de la DG accomplit des prouesses. Le Ministre de l’économie et des finances Aboubacar NACANABO innove et engrange des milliards. Nous sommes tous à féliciter..C’est formidable et c’est exceptionnel pour le Burkina Faso.
Mais, que dire de la corruption? Elle reste une réalité parce qu’elle est entretenue par certaines autorités et par certains cadres de l’administration publique. Le Capitaine Ibrahim TRAORE même le sait. Il en a parlé. Les gens sabotent nos efforts. Certains se moquent de la Révolution..Les pratiques illégales continuent dans certains domaines: surfacturation, pots de vin, rackets. Il y a des gens qui refusent le changement. Il y a des directions qui continuent de mettre des intermédiaires entre les services publics et les usagers. Les intermédiaires qui ne sont pas du service collectent l’argent de mille manières et les gens se partagent le soir pour envahir les maquis et les boîtes de nuit. J’ai toujours dit: rares sont les Burkinabè qui peuvent se permettre de boire la bière chaque jour avec leur propre argent. Ils sont rares.
Que faire pour assainir les services publics? Il faut faire de la digitalisation inscrite dans le Manifeste de la RPP une urgence. Les gens volent et prennent de l’argent parce qu’ils attrapent l’argent. S’ils n’attrapent pas l’agent, s’ils ne voient pas l’argent, ils vont prendre quoi? En Chine, aucun agent ne se trouve au péage. Chaque conducteur fait passer sa carte et la machine coupe le montant. Ici, les gens bloquent souvent les services des impôts, ils disent qu’il n’y a pas de réseau pour pouvoir contraindre les usagers à des pratiques illégales. La E. verbalisation est une très bonne initiative et nous félicitons le ministre SANA de la sécurité. Nous, autorités, devrons être impitoyables envers les actes de corruption. Et nous pouvons le faire dans ce monde technologique. Supprimons tous les guichets dans les services publics qui reçoivent de l’argent des mains des usagers et installons des machines qui ne délivrent que des factures , des quittances ou des reçus après vérification. C’est pratique.
Je le dis toujours : la politique révolutionnaire doit être conduite à tous les niveaux par des hommes qui ont une vision politique de la rupture. Ces hommes n’ont pas besoin de savoir manipuler des machines..Ils doivent avoir une vision holistique des enjeux et des défis des politiques de rupture et travailler à imposer cette vision.
Adama SIGUIRE
Écrivain Professionnel
Consultant/ Expert en diplomatie, médiation et gouvernance éthique
Enseignant de philosophie.

