BUUDU : une communauté de destin chez les Mossé, ciment du vivre-ensemble
Qu’est-ce que le Buudu chez les Mossé ?
Le Buudu, chez les Mossé, désigne un regroupement ancestral soudé par un esprit commun appelé kiimsé, sorte de génie protecteur ou esprit fondateur. Contrairement à la conception moderne et restreinte de la « famille » (parents et enfants), le Buudu s’étend bien au-delà des liens du sang ou du nom. Il peut regrouper des personnes portant ou non le même patronyme, issues ou non du même village, en raison des migrations ou des évolutions sociales.
🔹 Une institution d’inclusion et de justice sociale
Le Buudu est un espace d’intégration où toutes les catégories sociales coexistent : riches, pauvres, malades mentaux ou personnes vulnérables. Tous jouissent des mêmes droits et devoirs, et nul ne peut être exclu des prises de décisions en raison de son statut social. L’aîné du Buudu, qu’il soit riche ou pauvre, sain d’esprit ou non, demeure le chef reconnu et respecté.
🔹 Interdits majeurs et sanctions spirituelles
Dans ce système, l’un des plus grands tabous est de convoiter ou d’entretenir une relation avec la femme d’un membre du Buudu. Cela constitue une faute impardonnable. On dira alors :
« Fo beega Buudã ! » (Tu as offensé le Buudu !)
« F sãama roogo. » (Tu as souillé la cour sacrée.)
Chez certains groupes, les enfants du fautif peuvent être réintégrés après sa mort. Mais chez les Nakombsé, l’exclusion est totale et définitive pour toute la descendance. On dit :
« Napog-sãag kõ n leb roogin, Nakom-begr tõt yuka ! »
(L’enfant du fautif ne reviendra plus ; les descendants des Nakombsé restent exclus à jamais.)
Le Buudu incarne ainsi une vision du monde fondée sur la mémoire collective, la responsabilité, la dignité humaine et le respect mutuel. Il rappelle aux générations d’aujourd’hui que le vivre-ensemble.
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