16 MAI 1969 – 16 MAI 2026
Nazi Boni nous a quitté il y a 57 ans
L’ACCIDENT MORTEL DE NAZI BONI, PANAFRICANISTE CONVAINCU, PÈRE DE LA LITTÉRATURE BURKINABÈ
Nazi Boni est né vers 1909 dans le Mouhoun au temps où le colon dictait sa loi de la terreur. Déjà de 1915 à 1916, l’enfant Boni va connaître les horreurs de la colonisation avec la révolte des Buaba. Les troupes coloniales ont brûlé les récoltes et les maisons, exécuté les chefs et les courageux combattants. Cela a entraîné la famine dans le village. Nazi, trop jeune a vécu une première expérience de la barbarie de l’homme Blanc. Cela va forger sa conviction dans sa lutte vers les indépendances.
C’est là qu’il a été envoyé de force comme les autres enfants de l’époque à l’école. Il fréquente d’abord l’école primaire de Dédougou.
Après son CEPE en 1925, il dépose son sac de lycéen à l’école primaire supérieure de Ouagadougou de 1925 à 1928.
Elève à l’Ecole Normale William Ponty de Gorée à Dakar de 1928 à 1931, il obtient son diplôme d’instituteur.
Il a enseigné comme instituteur au Burkina Faso à partir de 1931 à Ouagadougou, en Côte d’Ivoire ( Bongouanou, Odienné, Aboisso, Treichville).
En 1944, il obtient son Diplôme Supérieur d’Aptitude Professionnelle. C’est ainsi qu’il sera muté dans la région du sud-est de la Haute Volta disloquée.
Il milite dans le premier parti politique du pays l’Union pour la défense des intérêts de la Haute Volta ( UDIHV), créé par le mogho Naaba Saaga II en 1942. Nazi, le rassembleur, leader, va militer pour donner vie au parti jusqu’à l’obtention de la reconstitution du pays le 4 septembre 1947.
Déjà en 1946, Nazi crée l’Amicale voltaïque qui représente les intérêts de la région Ouest de la Haute Volta au sein de la UDIHV du moogho Naaba.
Il a été le représentant de la Haute-Volta à l’Assemblée Nationale Française, de 1948 à 1957.
En 1955, il crée son propre parti, le Mouvement Populaire Africain (MPA). Élu à l’issu des élections législatives du 2 janvier 1956, il devient Président de l’Assemblée Territoriale Voltaïque de décembre 1957 en avril 1958.
En mars 1958, la conférence de regroupement des Partis africains a vu la création du parti du regroupement africain dont Nazi a été membre fondateur.
Après cette époque Nazi sera combattu avec la dissolution de ces partis. Poursuivi en justice en janvier 1960, il est contraint à l’exil au Mali puis au Sénégal.
Après le soulèvement populaire du 3 janvier 1966, il rentre au pays et fonde à Bobo-Dioulasso le collège de l’avenir, un des premiers établissement privé laïc.
Sa carrière littéraire débute en exil avec la publication en 1962 du « Crépuscule des temps anciens » qui est le premier roman burkinabè. Homme politique et plein de conviction, il tourne aux lettres après avoir contraint à l’exil.
Dans Crépuscule des temps anciens, Nazi relate l’histoire du peuple Buaba dans ses moments de joie ainsi que ces malheurs avec la pénétration française.
Nazi a utilisé la littérature pour dénoncer les maux sociaux de la colonisation aux guerres intestines qui minent l’Afrique. Les valets locaux de la colonisation, les opposants endogènes à l’union et à la solidarité africaine ont été dénoncés et combattus par Nazi.
Des thèmes comme la décolonisation, les indépendances, l’unité africaine, la démocratie ont eu de réponses pertinentes avec Nazi.
Le 16 juin 1969 alors qu’il se rendait à Ouagadougou pour animer une conférence, Il rend la terre sa poussière dans un accident de la circulation à Sakoïnsé sur l’axe Ouagadougou-Bobo-Dioulasso.
52 ans de son décès, il est un héros national du Burkina Faso de la lutte pour les indépendances.
Panafricaniste, homme de culture et de lettres, père éducateur, l’Afrique ne t’oubliera jamais !
Gerard Amado Kaboré/Archives Burkinabé
BUA Infos/Culture
Reveil-info
