21 mars 2026
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L’état des lieux de la lutte

L’ONUSIDA estime qu’il y avait en 2023, 97 000 PVVIH au BF avec une prévalence de 0,6% dans la population générale. Les enfants étaient estimés à 10 000.

Nombre de PVVIH sous traitement 81 767

  • Nombre Total PVVIH : 97 000
    • Adultes : 87 000 dont 56 000 femmes
    • Enfants : 10 000
  • Prévalence du VIH Adultes (15-49 ans) : 0,6% [0,5-0,7]
  • Prévalence du VIH chez les femmes (15-49 ans): 0,7% [0,6-0,9]
  • Prévalence du VIH Jeunes (15-24 ans) selon le sexe :
    • Filles è 0,3 [0,2 – 0,3]
    • Garçons è 0,2 [0,2 – 0,3]
  • Nouvelles infections : 1 900
  • Décès VIH+ (A+E) : 2 600
  • Orphelins : 77 677

 

  1. LA question de la prise en charge (PEC) du VIH

 

La PEC du VIH concerne le renforcement de l’accès au traitement par les ARV et autres thérapies validées, le suivi biologique, l’accès à la prophylaxie, au traitement des infections opportunistes, aux comorbidités, au renforcement de l’éducation thérapeutique et la recherche des perdus de vue.

Les acteurs de la mise en œuvre de ce programme de prise en charge sont :

 

  • Santé publique (PSSLS-IST, CHU, CHR, districts sanitaires, formations sanitaires, …) ;
  • Santé privée (cliniques et polycliniques, cabinets de soins, infirmeries des entreprises, laboratoires privés, pharmacies, …) ;
  • Santé communautaire et conventionnée (structures de santé des organisations associatives et des ONG, établissements sanitaires privés conventionnés ou confessionnels).

 

les stratégies suivantes ont été mises en œuvre pour améliorer la PEC :

  • la poursuite de la stratégie test and treat sur le terrain ;
  • la mise en œuvre des approches différenciées de service dans les sites pilotes ;
  • la gratuité du traitement par les ARV, les IO et les examens spécifiques du suivi biologique ;
  • le renforcement de la sécurisation de l’approvisionnement en intrants VIH ;
  • l’élaboration et la validation du plan stratégique pédiatrique de lutte contre le VIH ;
  • l’acquisition des équipements complémentaires en appareils de charge virale et de diagnostic précoce (POC) ;
  • l’acquisition de réactifs pour la réalisation de la charge virale sur les appareils Gene Xpert.

 

  • Les dernières avancées liées à la PEC

 

Suite à la mise en œuvre des nouvelles stratégies de PEC nous avons obtenus des résultats satisfaisants tels que :

 

  • la création de nouveaux sites de PECM du VIH, portant le nombre de sites à 125, contre 121 en 2020 ;
  • 81767 (100 %) PVVIH sous traitement ARV au 31 décembre 2023 ;
  • la mise en œuvre du plan de transition des ARV conformément aux recommandations 2018 de l’OMS ;
  • La mise à contribution des acteurs communautaires en milieu PDI ont permis de retrouver 301 PVVIH/PDI pour la reprise de leur traitement ARV ;
  • la mise en vigueur de la gratuité des soins et services de santé dans les formations sanitaires à partir du 02 avril 2024 au profit des Pvvih.
  • L’acquisition de nouvelles combinaisons thérapeutiques antirétrovirales plus efficaces et mieux tolérées (TLD) ;
  • Le passage à l’échelle nationale des approches différenciées de service ;
  • Le passage de l’etmE VIH à la triple etme VIH/syphilis/hepatite ;
  • L’utilisation du patient Tracker pour la saisie des données patients,

 

  1. Les approches différenciées de services

On définit une approche différenciée de services VIH (ADS) par une approche réactive et axé sur le patient qui vise à simplifier et à adapter les sevices liées au VIH dans l’ensemble de la cascade des soins en vue de mieux satisfaire les besoins des individus. Le Burkina Faso a décidé de passer à échelle des stratégies innovantes et pratiques en matière de dépistage tels que :

                     Le dépistage démédicalisé, c’est-à-dire qu’un agent non médicale formé a cet effet pratique le service de dépistage VIH qui comprend la sensibilisation au test, le pré-test le test lui-même, le post test et l’accompagnement pour l’enrôlement dans les soins.

Le dépistage par cas index est une approche de recherche de cas qui consiste à identifier les partenaires sexuels ou d’injection de drogue et les enfants biologiques de moins de 15 ans des individus vivants avec le VIH et à leur offrir des services de dépistage du VIH. Le dépistage par cas index est un service entièrement volontaire offert aux PV VIH, qui sont libres d’accepter ou de refuser).

Le cas index est toute PVVIH nouvellement infectée ou déjà connue VIH+, inscrite dans les services de prise en charge du VIH.

                     Cibles : Partenaires sexuels ou d’injection de drogue et enfants biologiques de moins de 15 ans des individus vivants avec le VIH.

 

                       L’auto dépistage, dans le cadre des approches différenciées particulièrement au sien des populations cibles. Il existe deux types d’auto dépistage, oral et sanguin. L’auto dépistage disponible au BF est l’auto dépistage oral. L’ADVIH est un processus par lequel l’utilisateur prélève lui-même un échantillon (fluide oral ou sanguin), effectue le test du VIH, puis interprète son résultat seul ou avec une personne de confiance, le plus souvent dans un cadre privé. L’autotest du VIH (ADVIH) est un outil innovant qui favorise l’autonomisation du client ; L’ADVIH est un test d’orientation et ne suffit pas à établir un diagnostic de séropositivité. Cibles : Les cibles de l’ADH sont :

  • Les partenaires de PVVIH y compris les femmes enceintes et allaitantes VIH positives, afin d’impliquer leurs partenaires masculins.
  • Les travailleuses du sexe (TS), ainsi que leurs partenaires sexuels (partenaires stables, clients réguliers)
  • Les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH), ainsi que leurs partenaires sexuelles féminines (HSH bisexuels).
  • ou tout autres personnes ……

Les cibles secondaires : orpailleurs, routiers, agents de santé, personnes en situation de handicap et personnes déplacées internes.

RACODeSS et RAVI6M :

La mise en œuvre de soins différenciés est capitale et comporte différents modèles de soins qui vont du dépistage du VIH chez des personnes qui ignorent leur statut à la suppression virale de ceux qui sont sous TARV. Au Burkina Faso, il existe principalement deux modèles de différenciation dans le cadre des soins et TARV, centrés soit sur les formations sanitaires avec ses deux sous-groupes à savoir RAVI6M et le circuit rapide soit au sein de la communauté ou RACODeSS (ravitaillement communautaire en dehors des structures de soins).

  • .La stratégie « Rendez-vous à six mois », ou « RAVI6M », est un modèle de dispensation différenciée des ARV, dans lequel les patients éligibles se rendent dans une formation sanitaire tous les six mois pour un réapprovisionnement de leurs ARV, une consultation clinique, et la réalisation de l’examen de CV, par un clinicien ou une personne formée à cet effet.
  • La dispensation communautaire des ARV permet d’atteindre les populations qui ne peuvent pas aller dans les formations sanitaires pendant les heures normales de travail pour diverses raisons pouvant être difficulté financière, géographique etc. Il facilite également l’accès aux clients qui craignent d’être stigmatisés en recevant des services dans des formations sanitaires conventionnelles.

Pour soutenir la continuité des soins, la prise en charge du VIH y compris le TARV a été décentralisée dans toutes les formations sanitaires et certaines structures communautaires.

 Prophylaxie pré-exposition du VIH par voie orale

La PrEP orale est une méthode de prévention de l’infection par le VIH qui consiste à donner une combinaison d’ARV (le TDF/FTC ou le TDF/3TC) à une personne séronégative au VIH afin de réduire son risque d’infection par le VIH. Ces médicaments doivent être pris selon un schéma bien précis, avant et après le rapport sexuel pour être efficaces. Cependant, il faut noter que la PrEP ne protège pas contre l’acquisition des autres IST.

Au Burkina Faso, la dispensation de la PrEP cible les Travailleuses du sexe (TS) et les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH). Deux types de site sont retenus pour cette dispensation :

  • Les centres de santé des organisations à base communautaire (OBC) pour les deux cibles.
  • Les centres de santé publics adaptés pour les TS uniquement

Prophylaxie post-exposition du VIH ou « Post-exposure prophylaxis, (PPE) »

Elle est aussi appelée traitement post-exposition (TPE). Elle est une méthode de prévention qui consiste pour une personne séronégative au VIH à prendre une trithérapie ARV, débutée au plus tard dans les 48 à 72 heures après une exposition à un risque d’infection par le VIH, puis poursuivie pendant 28 jours pour éviter l’infection par le VIH. Plus le traitement est initié tôt après l’exposition au VIH, plus il est optimal et peut atteindre une efficacité comprise entre 80 et 98%.  .

 

Les 3×95

Ce sont les objectifs de l’ONUSIDA pour l’élimination du VIH à l’horizon 2030.

  • 1e 95 s’agit de la connaissance du statut sérologique : 95% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique
  • 2ème 95 la mise sous traitement ARV : 95% des personnes qui connaissent leur statut sérologique sont sous traitement
  • 3ème 95 la suppression de la charge virale. 95% des personnes qui sont sous traitement ont une charge virale indétectable

En rapport avec l’objectif « 95-95-95 », le pays enregistre les données suivantes au 31 décembre 2023 : 81767 soit 84% pour le premier « 95 », 84% (81767) pour le deuxième « 95 » et 52% 50462 pour le troisième « 95 ». Pour espérer l’élimination du Sida à l’horizon 2030, des efforts doivent être faits pour combler les gaps.

 

  1. L’ETME

Il s’agit de l’élimination de la transmission de la mère à l’enfant du VIH, de la Syphilis et de l’hépatite. La finalité est d’assurer l’élimination durable de la TME du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B en améliorant la santé des femmes, de leurs partenaires, des enfants et de leur famille grâce à une approche et des efforts coordonnés. ces objectifs sont : Couverture des soins prénatals (au moins une visite) ≥95%, Couverture du dépistage du VIH chez les femmes enceintes (dont le statut par rapport au VIH est connu) ≥95% Couverture du traitement antirétroviral chez les femmes enceintes séropositive pour VIH ≥95% ; Couverture du dépistage de l’Ag HBs chez les femmes enceintes ≥95% ; Couverture du dépistage de la syphilis chez les femmes enceintes ≥95% ; Couverture de la troisième dose du vaccin antihépatite B ≥95% ; Traitement des femmes enceintes séropositives pour la syphilis ≥95%.

 

  • VIH pédiatrique

Il ressort qu’avec la décentralisation, notre pays est passé de 70 sites de PEC pédiatrique du VIH en 2017 à 125 sites en 2024.

La file active des enfants, la cascade clinique indique que la connaissance du statut sérologique (1er 95) est de 27% (2 698/10 000), Il en est de même pour le pourcentage des enfants VIH+ connaissant leur statut sérologique et qui sont sous ARV (2ème 95). Quant au pourcentage des enfants VIH+ ayant une charge virale supprimée (3ème 95) il est de 17% avec un gap de 6 909.

Les indicateurs sont satisfaisants pour la mise sous TARV, mais insuffisant au niveau du dépistage et de la suppression de la CV.

 

 

  • Traitement ARV

Le traitement par les ARV vise à :

  • Rendre la charge virale indétectable et le plus longtemps possible ;
  • Augmenter la durée de vie ;
  • Améliorer la qualité de vie ;
  • Diminuer le risque de transmission du VIH.

Traitement actuel est basé sur une trithérapie. C’est-à-dire trois molécules qui sont contenu dans un seul comprimé. TLD (Ténéfovir, Lamuvidine et Dolutégravir). La prise est très simple ; un comprimé par jour.

Il est disponible et gratuit dans tous les sites de prise en charge des PVVIH.

Il existe aussi une chimio prophylaxie qui est une stratégie qui vise à utiliser des médicaments chez les PVVIH pour réduire l’apparition des infections opportunistes ou la réapparition d’une infection antérieurement traité et guérie. Le médicament de premier choix utilisé est le cotrimoxazole.

Pour la prévention de la tuberculose les enfants de 4kg et plus, les adolescents et les adultes vivant avec le VIH qui ne sont pas atteints de tuberculose active doivent bénéficier d’un traitement préventif de la tuberculose(TPT). L’option thérapeutique recommandé au Burkina pour traiter l’infection tuberculose latente est : 3mois de rifapentine hebdomadaire plus isoniazide(3HP).

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Pour le suivi biologique, la mesure de la charge virale est faite à M6 et M12 puis une fois par an sauf en cas d’échec ou de CV détectable.

 

  1. Notion des pop clés

Population à haut risque de transmission du VIH. La prévalence est élevée au sein de ces groupes de spécifiques. Au BF, ce sont les HSH, TS, UD et Détenus.

 

  • La prévalence chez les TS était de 6,8% [5,2%-8,8%] avec une taille de la population estimée à 50 606 TS en 2022 ;
  • La taille estimée de la population des HSH était de 16 914 en 2022. La prévalence quant à elle était de 27,1% ;
  • La prévalence du VIH chez les UD était de 0,5% avec une taille estimée à 17 938 en 2022 dont 97% d’hommes;
  • L’enquête bio comportementale réalisée en 2020 auprès des détenus donne une prévalence du VIH de 1,2% avec une taille de 5009.
  1. Les défis majeurs pour le Burkina en matière de VIH

 

  • Le renforcement de la PrEP au profit des populations à haut risque
  • Le dépistage des partenaires des femmes enceintes séropositives et des hommes en général ;
  • Le dépistage précoce des enfants à deux mois de vie ;
  • Le ciblage des PVVIH et OEV dans les besoins ;
  • La capitalisation des données ;
  • La disponibilité des données et leur qualité

SOURCE: DCRP SP/CNLS-IST

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