La citoyenneté implique le respect des couleurs de la nation
Une citoyenneté responsable commande des valeurs fondamentales notamment le civisme, la civilité et la solidarité. Chacune d’elles font du citoyen l’acteur d’une vie harmonieuse et épanouie au sein de la communauté. Nous vous proposons l’essentiel sur cette notion de citoyenneté en lien avec les droits et devoirs du citoyen.
Les questions que pose la notion de citoyenneté sont au croisement de la philosophie, de la politique et du droit. Elles connaissent aujourd’hui un regain d’actualité, autour de l’idée controversée d’une « crise de la citoyenneté ». Une telle formule montre que la citoyenneté doit être étudiée dans une perspective historique. En effet, elle n’a pas de contenu fixé une fois pour toutes : à partir d’un noyau de signification originaire, elle se caractérise plutôt par son incessante mobilité, reflet d’une longue série d’institutions et de conflits sociaux. Etymologiquement, le concept de citoyen (politès en grec, civis en latin) est né dans la Grèce, puis en Rome antique, en même temps que la cité (polis, civitas). Dans la définition célèbre qu’en propose Aristote, trois aspects sont décisifs. Primo la liberté du citoyen, qui lui permet de se déterminer par lui-même. Secundo, la référence à un « bien commun » de la cité, supérieur aux intérêts des particuliers. Enfin, l’égalité, qui permet à tous les citoyens de concourir à la formation de la loi et les soumet aussi à ses obligations. En d’autres termes, les mêmes individus sont alternativement « gouvernants » et « gouvernés ». Juridiquement, la citoyenneté peut être définie comme la jouissance des droits civiques attachés à la nationalité, c’est-à-dire la jouissance de l’ensemble des droits privés et publics qui constituent le statut des membres d’un État donné qui les reconnaît comme tels. Dans ce sens, un citoyen est une personne qui est officiellement reconnue comme membre d’un État qui, de ce fait lui reconnait des droits et lui assigne des devoirs. Par exemple, on dit d’un électeur qui vote qu’il accomplit « son devoir de citoyen ».
Des droits citoyens
Un droit du citoyen est une prérogative ou un avantage que les lois d’un État reconnaissent à son citoyen dans ses relations avec les autres ou avec l’État ou encore avec les pouvoirs publics. Bien que fondés sur les droits humains, les droits du citoyen se distinguent des droits humains qui, eux, sont universels, reconnus et/ou garantis à tous les êtres humains, sans aucune distinction. Les droits du citoyen sont donc reconnus exclusivement aux nationaux et qui sont destinés à assurer leur plein épanouissement et leur participation à la vie sociale, économique, politique et culturelle de son pays. Le droit de participer à la gestion des affaires de l’État et de sa communauté est garanti au Burkina Faso (Constitution, article 12). Ce droit comprend entre autres le droit de voter ou d’être électeur, le droit d’éligibilité et le droit d’accès à la fonction publique dans des conditions d’égalité. Aussi faut-il ajouter le droit à la nationalité qui est l’appartenance juridique d’une personne à un État ; une des conditions de la citoyenneté. Avoir la nationalité burkinabè permet au détenteur de jouir des droits reconnus aux citoyens burkinabè, de bénéficier de la protection de l’État, en cas de besoin, d’éviter l’apatridie et de faire certaines démarches administratives réservées aux citoyens burkinabè.
Des devoirs du citoyen
Cependant, les citoyens semblent généralement se focaliser sur leurs droits que sur leurs devoirs. Pourtant, ce sont deux éléments indissociables. Le citoyen a aussi des devoirs envers les autres, sa famille, la société et l’État. Ils sont la contrepartie des droits. Les principaux devoirs du citoyen burkinabè sont, sans être exhaustif, le respect de la constitution, des lois et règlements du pays (devoir de civisme), de l’autorité de l’État, des symboles de l’État et des institutions de la république. Le citoyen burkinabè doit en outre respecter les droits des autres citoyens et s’engager à défendre la patrie et l’intégrité du territoire national. La protection des biens publics, le respect des personnes âgées ou vulnérables et l’assistance de toute personne en danger font aussi partie des obligations du burkinabè.
Quid des valeurs citoyennes et sociales burkinabè ?
Parlant de valeurs citoyennes, l’on pourrait retenir la civilité, le civisme, la solidarité, l’intégrité, le civisme. A celles-ci s’ajoutent naturellement le patriotisme, la tolérance, la paix, la sauvegarde de l’intérêt général, le savoir vivre collectif, l’ordre public, le respect du bien public et les bonnes mœurs. Le Burkina Faso, qui signifie « Pays des hommes intègres » a des valeurs sociales bien connues. Il convient de signaler qu’une valeur sociale est tout fait social ou pratique culturelle conforme à la raison, à la nature de l’homme et qui répond positivement aux besoins fondamentaux des membres d’une communauté humaine pour son développement. L’unité et la grandeur du peuple burkinabè reposent sur des valeurs que les différentes communautés partagent et dont le respect transcende les spécificités culturelles. Il s’agit, pour n’en parler que de quelques-unes, de l’intégrité, du patriotisme, de l’hospitalité et du courage. Le peuple burkinabè est aussi caractérisé par son sens de la responsabilité, de l’amour du travail, de la tolérance, de la courtoisie, du respect des personnes âgées sans oublier le pardon, la dignité et l’honnêteté.
Au regard de l’instabilité sociopolitique et sécuritaire que vit le pays près d’une décennie, la question est de savoir si ces valeurs qui font tant notre fierté sont toujours d’actualité dans nos comportements et actions de tous les jours ? Poster une vidéo sur les réseaux sociaux en brandissant des machettes pour proférer des menaces n’est-il pas contres nos valeurs cardinales ? N’est-ce pas dans ce sens que l’ancien chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré disait que « Ni le repli identitaire, ni la stigmatisation de l’autre, ne peuvent constituer des solutions, pour la nécessaire consolidation de notre vivre-ensemble » ? En attendant, que chacun repense la manière dont il jouit de sa citoyenneté sans entraver celle de l’autre. Dans cette logique, il est de bon sens de s’aligner derrière cette pensée du philosophe britannique John Stuart Mill : « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » tirée de son célèbre opus sur liberté.
Rassemblés par Léon YOUGBARE
