4 février 2026
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Waong-Yandé, le premier millionnaire de la Haute Volta.

Waong-Yandé, ainsi s’appelait le premier millionnaire du Burkina. Il est né en 1896 avec l’arrivée du colon sur notre territoire surnommé en 1919 la Haute Volta. Nous avons remonté le cours de l’histoire pour aller à la découverte de la vie de ce tout premier millionnaire de notre pays. Pour retracer la vie de cet homme d’affaires, nous nous sommes inspirés de l’écrit de l’historien Lassina Simporé et de quelques-unes des interviews que l’homme a voulu accorder, peu de temps avant sa disparition.

Bernard Ilboudo, le premier millionnaire burkinabè d’origine familiale très villageoise est né en 1896 à Yamtenga autrefois à environ 6 km de Ouagadougou. Cette localité est aujourd’hui absorbée par la ville de Ouagadougou et se trouve même à l’arrondissement 11. Le prénom Waong-Yandé lui vient du fait que sa maman mettait au monde des enfants qui mouraient en bas âge.  A cette époque, il n’y avait pas d’agents de santé pour aider les femmes à enfanter. C’est ainsi que son père a emmené sa mère chez les masques à qui on a dit que s’ils laissaient cet enfant mourir, ce serait leur honte personnelle. (Waong-yandé= honte du masque, littéralement). Le masque consulté fit donc tout pour ne pas subir cette honte. Il a en effet été victime de beaucoup de situations difficiles incluant des accidents de voiture mais il s’y en est toujours sorti vivant. A l’adolescence, il s’est fait baptisé catholique mais après il s’est converti à la religion musulmane. Pour lui, il s’agit du même Dieu.

La naissance de Waong- Yandé

 C’était l’année de l’arrivée du colon dans notre territoire. Ce jour-là, sa mère était allée au marché qui était en ce temps situé sur le site de la place d’armes (Place de la Nation actuelle). Quand le colon fit tirer des coups de feu pour annoncer son arrivée, il y eut de la panique et c’est au cours de sa fuite que sa mère le mit au monde.

Les échanges en ce moment se faisait avec des cauris

Avant l’arrivée du colon, la vie tournait autour de l’agriculture. Les cultivateurs apportaient leurs récoltes pour les vendre au marché. En ce temps, personne ne rejoignait les producteurs chez eux pour acheter leurs produits. Les ventes des produits de l’élevage suivaient le même procédé. Il n’y avait personne de permanemment assis au marché entrain de vendre des marchandises comme de nos jours ou le marché est bourré de marchands tandis que les travaux manuels sont de plus en plus délaissés. Le Mogho Naaba Koom qui est monté sur le trône en 1905, percevait un salaire de 20 f et c’était suffisant pour vivre. Les garde-cercles eux, étaient payés à 1 franc, de même que les militaires. Ils dépendaient du cercle de Bamako. Celui qui avait entre 2 et 4 femmes payait un impôt de 500 cauris. A plus de 10 femmes, l’impôt s’élevait à 1000 cauris pour le chef de famille. De toute la Haute Volta, seul le chef de Manga, celui de Zitenga et celui de Niou payaient un impôt de 100f. Personne d’autre ne payait un impôt de cette importance. Pour payer l’impôt, les cauris étaient transportés à Dapoya pour être échangé chez un monsieur appelé Boins-Yemdaogo ou chez une dame du nom de Pazempoko. C’était avec eux que les cauris étaient échangés contre des pièces d’argent (afin de payer l’impôt).

Parcours d’un analphabète

Issu de cette famille aux nombreux enfants, chaque enfant devrait se battre pour forger son avenir et  » être quelqu’un  », comme on le dit dans le jargon local. Ainsi, Waong-Yandé très jeune avait déjà ce don des affaires, ce talent de commerce. On pouvait dire que l’ADN des affaires était déjà en lui. À l’âge de 10 ans, il partait déjà chercher du bois qu’il revendait aux sœurs religieuses contre du sucre.  Il quitte Ziniaré et achète des sacs qu’il revendait à Ouagadougou. Très jeune il parcourait déjà les localités environnantes. Puis il tenta l’ouverture en se rendant en côte d’ivoire plus précisément à Bouaké, Abidjan et Bondoukou puis au Malien 1912, il met les pieds pour la première fois à Koumassi (au Ghana). Après, Waong-Yandé s’était spécialisé dans le commerce des animaux. Pour la croissance de ses affaires, il explique que de la vente du bois il a acquis une ânesse et un ânon en 1907. Les ressources financières de Waong- Yandé s’élevaient à 12f et 14f. Avec les 12 f et les 14 f, il a acheté une ânesse et son petit. Mais les 10f restants ont été volés. Cette perte l’a fait pleurer pendant 7 jours. De nos jours, ces 10 f équivalent à plus de 2 millions de francs. Il a alors vendu 18 de ses chèvres à 3f pour encore reprendre ses activités.  Par la suite, il s’est retrouvé avec un cheptel de 104 taureaux qu’il acheta à 510 f.  En 1916, il quitta son pays pour se rendre à pied en côte d’ivoire avec du bétail. En 1930, il s’installa à Bouaké et racheta l’usine d’un fonctionnaire français du nom de Gonfreville. Dans cette ville, il se lança dans beaucoup d’affaires jusqu’en 1955, date à laquelle il rejoignit le Burkina. Aussi bien au Burkina qu’en côte d’ivoire il devient grand propriétaire terrien et de plusieurs immeubles.

Un patrimoine exceptionnel

Ainsi le richissime homme d’affaires possédait déjà un patrimoine exceptionnel. Il se retrouve à la tête de plusieurs biens, loyers et actions qui a fait de lui le premier millionnaire du Burkina. Waong-Yandé fit plusieurs actions en faveur de son pays pour le bonheur de la population. Nous retiendrons quelques grandes actions exceptionnelles de ce riche homme.

Waong-Yandé et le chemin de fer Abidjan-Niger

Selon plusieurs sources, l’initial du chemin ne concernait pas Abidjan – Niger, le Mogho Naaba pesa de tout son poids pour que le chemin de fer passe par Ouagadougou. Mais les taxes de la déviation étaient élevées et c’est le richissime Waong-Yandé qui supporta les frais et taxes de la déviation pour que le chemin de fer passe par Ouagadougou.

Waong-Yandé et la reconstitution de la haute Volta

Le richissime Waong-Yandé fut très engagé dans le processus du rétablissement du bercail et il aurait supporté plusieurs actions de ce processus de rétablissement. Sur ce point, il est ressorti que le gouverneur de l’AOF à Dakar aurait exigé une caution de cinq millions de FCFA pour les taxes de droits pour la signature de l’acte de reconstitution. Le Mogho Naaba à l’époque lança un cri de cœur à Waong-Yandé. Celle-ci marque son accord et remit ladite somme. Lorsque la délégation rallia Dakar avec cette somme qui à l’époque était colossale. Le gouverneur a revu la somme à la baisse à 300 000 F. Il a ainsi répondu une fois de plus à l’appel du Mogho dont les retombées sont étendues à l’ensemble du pays.

Waong-Yandé et la célèbre couverture

Sur le territoire Burkinabè et même dans la sous-région, il y a une couverture que les gens d’un âge avancé connaissent et l’on surnommé Waong-Yandé. En fait, l’usine racheté à Bouaké qui produisait cette fameuse. C’est pourquoi l’opinion l’a baptisée couverture Waong-Yandé.

Waong-Yandé et le barrage de Yamtenga

Le richissime a entrepris de construire un barrage dans son village pour soulager la population. La construction a coûté 100 000 000 FCFA. L’État par Maurice Yameogo y a contribué à hauteur de 20 000 000 FCFA.

Autres infrastructures sociales

Waong-Yandé a aussi construit en 1970 une école primaire et un CSPS pour le bonheur des populations de sa localité. Ces réalisations auraient coûté près de 151 000 000 FCFA. Ce qui était une fortune à l’époque. En dehors de ces réalisations, il aurait soutenu des étudiants pour leurs études à Dakar, Abidjan et Bouaké. Il leur offrait gratuitement le logement.

  Rassemblés Bernadette W GANSONRE et Augustin Kaboré

in La Cohésion 2023

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