15 juin 2026
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Le licenciement de 1380 enseignants du primaire le 22 Mars 1984


Depuis le C.S.P. 1., le ministre de l’Education Nationale était Dajouari Emmanuel, membre dirigeant du P.A.I. Sous son ministère, furent licenciés 1380 enseignants du Primaire (le chiffre est exact) pour fait de grève.

Le B.E.C. du P.A.I. procède aujourd’hui à une auto-critique du bout des lèvres.

Il affirme, que le gouvernement qui a pris cette grave décision a été victime «d’une manipulation policière». En effet, selon les services de sécurité, les militants du F.P.V. auraient reçu de l’extérieur, un financement de 250.000 dollars (100 millions de F.CFA) pour organiser cette grève qui devait préparer lavoie à une déstabilisation du C.N.R.

….

Aussi le mot d’ordre de grève fut-il lancé, et le soir même, le conseil des ministres décréta le licenciement des enseignants grévistes sans même connaître le taux de participation à la grève.

Il me faut m’arrêter à ce point, pour faire un certain nombre d’observations:

– La décision de licenciement a relevé du ressort du seul gouvernement.

– Le C.N.R. a été mis devant le fait accompli. Ce qui dénote des insuffisances

de fonctionnement dans notre jeune système.

A l’époque, je n’étais pas membre du gouvernement; je siégeais uniquement au C.N.R. J’ai appris la décision de licenciement des enseignants à la radio comme tous les citoyens. Le soir même de la publication de la décision de licenciement, Thomas Sankara vint chez moi. J’engageai avec lui une discussion houleuse quant au caractère erroné de cette décision. J’aurais encore compris que l’on se contenta de sanctionner le petit noyau qui agitait le milieu des enseignants.

Lorsqu’il me quitta aux environs de 23h, nous étions tombés d’accord qu’il fallait revenir Immédiatement sur la mesure.

Le lendemain de cette entrevue, il convoqua un conseil des ministres extraordinaire, afin de reconsidérer la décision. «Ce serait une faiblesse que de reculer sur une décision déjà annoncée»: voilà le langage que lui tinrent les

ministres P.A.I. du Gouvernement! Une majorité se dégagea pour le maintien de la décision. Il est vrai que le taux de participation ne leur était pas encore connu.

Le Président Thomas Sankara se laissa convaincre sur le fait qu’un pouvoir qui

se veut fort, ne doit jamais se dédire.

….

Quoiqu’il en soit, cette décision de licenciement des enseignants et leur

remplacement par des enseignants «révolutionnaires», fut une véritable

catastrophe. Le Président Thomas Sankara finit par se convaincre de cette erreur,

lui qui le 4 Août 1987, trois mois avant qu’il ne soit assassiné, annonça la reprise de tous les enseignants licenciés et de certains des fonctionnaires dégagés.

Source : Thomas SANKARA l’espoir assassiné de Valère D. SOMÉ

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