Sultan Haïtham bin Tariq al Saï
Oman, officiellement le Sultanat d’Oman, est un pays du Moyen-Orient, au sud de la péninsule d’Arabie, sur les bords du golfe d’Oman. Il s’ouvre sur l’océan Indien au sud-est, est limité au sud-ouest par le Yémen, à l’ouest par l’Arabie saoudite et au nord-ouest par les Émirats arabes unis. Oman comprend également la presqu’île de Musandam, donnant sur le détroit d’Ormuz. C’est une monarchie indépendante depuis le milieu du 18ème siècle. L’économie du pays est particulièrement dépendante de l’extraction de ses ressources de pétrole. Le Chef de l’Etat et du gouvernement est Sultan Haïtham bin Tariq al Saï.
Oman est un pays de 309 500 km² situé dans le sud-est de la péninsule Arabique. Il est un sultanat, c’est-à-dire un État gouverné par un sultan (depuis le XVIIIe siècle). Le territoire du sultanat comprend également la péninsule de Musandam, un cap stratégique dominant le détroit d’Ormuz, qui est coupé du reste du pays (70 km) par les Émirats arabes unis. Le sultanat d’Oman était appelé « sultanat de Mascate-et-Oman » avant 1970. La capitale du sultanat est Mascate. Le pays constitue un carrefour entre la péninsule Arabique, l’Afrique et l’Asie.
Politique et administration
Le sultanat d’Oman est divisé administrativement en six régions et deux gouvernorats. Le pays possède l’un des plus grands gisements terrestres de pétroles, mais aussi de réserves de gaz naturel, du minerai de cuivre, du marbre, de l’or et du platine. Au recensement de 2022, le pays comptait 4,9millions d’habitants dont 42,1M d’expatriés. 26 % de travailleurs sont des étrangers, originaires du sous-continent indien et de l’Afrique de l’Est, et principalement établis dans les ports. Le sultanat d’Oman est multiethnique et multilingue.
Politique intérieure
Exposé par sa situation géographique à plusieurs menaces transversales (trafics, migrations illicites, piraterie), Oman est un partenaire essentiel pour la sécurisation des routes maritimes régionales. Partageant avec l’Iran le contrôle du détroit d’Ormuz, naturellement tourné vers l’Asie et l’Afrique, le Sultanat reste fermement attaché à son rôle de médiateur entre l’Iran et l’Occident. Haïtham bin Tariq Al Saïd a succédé à son cousin germain, le sultan Qabous, décédé le 10 janvier 2020. Le nouveau sultan est arrivé au pouvoir dans une période difficile en matière économique et sanitaire. Il s’est assuré du soutien des forces armées en nommant son frère comme ministre de la Défense. Il a par ailleurs rompu avec le mode de transmission du pouvoir qui prévoyait jusque-là que le conseil de la famille royale (composé de 24 membres) choisisse, dans les trois jours suivant la vacance du trône, un successeur. Il a par la suite intégré dans la Loi fondamentale, en janvier 2021, un nouveau mécanisme successoral permettant de désigner un « Prince héritier, doté de charges et prérogatives spécifiques ». Son fils Sayyid Dhi Yazan bin Haitham bin Tariq Al Saïd a été choisi.

Politique étrangère
La diplomatie omanaise est fondée sur des principes constants, assurer à tout prix la sécurité régionale, en particulier celle du détroit d’Ormuz, ne rompre les liens diplomatiques avec aucun pays, ne pas s’impliquer dans les conflits régionaux, mais proposer sa facilitation chaque fois qu’elle est acceptée. L’indépendance de la politique étrangère du Sultanat lui permet d’entretenir des relations de bon voisinage avec l’ensemble des pays de la région, notamment l’Iran, à rebours, jusqu’à peu, de plusieurs de ses partenaires du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG). Pour mémoire, Oman partage avec l’Iran le contrôle du détroit d’Ormuz. Le Sultanat s’est aussi positionné comme facilitateur des relations entre l’Iran et l’Occident ; En organisant des rencontres discrètes entre l’Iran et les Etats-Unis, Oman a accueilli les négociations entre 2013 et 2015 sur le programme nucléaire iranien. A l’issue de celles-ci un accord définitif a pu être trouvé le 14 juillet 2015. Le Sultanat joue aussi un rôle de facilitateur dans la crise yéménite, notamment entre l’Arabie saoudite et les Houthis, et s’efforce de soutenir la reprise du processus de transition politique. L’insécurité régionale a tout de même conduit Oman à rejoindre, en 2017, la coalition islamique militaire contre le terrorisme, formée par l’Arabie en 2015. Les relations avec l’Arabie saoudite se sont renforcées avec la première visite officielle du sultan Haïtham en juillet 2021 et celle en Oman du prince héritier saoudien en décembre 2021. Bien qu’adossé à ses voisins de la Péninsule arabique, Oman a le regard tourné vers l’Océan Indien. Les flux de voyageurs et de marchandises avec le sous-continent indien et l’Afrique de l’Est sont le reflet de la réalité géographique et humaine omanaise. Le commerce international du Sultanat est largement orienté depuis une vingtaine d’années en direction de l’extrême Orient asiatique, plus de 80% des exportations de pétrole partant vers la Chine.

Situation économique
Avec un PIB de 94 Md USD en 2022 et 4,9 millions d’habitants, dont 42,1% d’expatriés principalement originaires du sous-continent indien, le Sultanat d’Oman figure dans la catégorie des pays à revenus élevés de la Banque mondiale (PIB par habitant de 18 300 USD). Le développement de l’économie a reposé à l’origine quasi intégralement sur l’exploitation des hydrocarbures, secteur qui reste aujourd’hui au cœur du modèle de croissance. Le pétrole et le gaz représentent ainsi près d’un tiers du PIB et plus de deux tiers des exportations et des recettes budgétaires, en dépit de la mise en œuvre d’un plan de diversification visant à favoriser la croissance hors-pétrole, notamment industrie manufacturière, tourisme, logistique, pêche et minier et à créer de l’emploi pour les nationaux (« omanisation »). Le Sultanat d’Oman a vu sa croissance nettement fléchir à partir de 2017 dans le sillage de la baisse de sa production pétrolière, de la chute des cours du pétrole observée début 2020 et du ralentissement de l’activité économique mondiale suite à la crise du Covid-19 notamment en Chine, 1er partenaire commercial d’Oman, qui absorbe près de 70% de sa production pétrolière. Depuis, Oman a enregistré une croissance de son PIB de près de +4,3% selon le FMI en 2022. Ce retour à une croissance dynamique, qui s’était déjà observé en 2021 avec une croissance d’environ 3%, s’explique en grand partie par la reprise de l’activité économique et de la remontée des cours du pétrole prix de vente moyen du baril de pétrole omanais au Dubaï Mercantile Exchange à 95,4 USD en 2022 selon Centre national pour les statistiques et l’information (49,5 USD de plus qu’en 2020). Ce dynamisme devrait se confirmer en 2023 avec une prévision prudente d’une croissance à 1,7 %, puis 5,2 % en 2024 d’après le FMI. A noter que début juillet 2023, le prix du baril est à 75 USD, laissant présager une croissance plus forte que prévue. Le sultanat d’Oman est le moins connu des pays du Golfe. On le présente d’ordinaire comme un havre de paix, par opposition à l’Arabie voisine.
Ethnies, langues et religions
Les ethnies autochtones sont les Arabes omanais (46,1 %) et les Arabes du Golfe (16,9 %), puis d’autres arabophones tels que les Dhofari, les Harsusi, les Hobyot. Les ethnies immigrantes sont les Baloutches, les Malayali, les Bengalis, les Philippins, les Ourdous, les Persans, les Zanzibaris, les Pendjabs, les Singhalais, les Arabes saoudiens, les Sindhis, les Arabes soudanais, les Arabes shihhi, les Arabes jordaniens, les Arabes yéménites, les Hindis, les Tamouls et les Goudjarates. L’arabe moderne standard est la langue officielle du sultanat d’Oman. Il existe toutefois de nombreuses variétés de langue arabe (langues sémitiques). Seuls les Arabes saoudiens (0,6 % de la population totale) parlent l’arabe classique comme langue maternelle. Pour les autres, l’arabe dit standard reste une langue écrite ou un véhicule de communication inter-ethnique. La plupart des autres langues que l’arabe sont d’origine indo-iranienne. Il existe aussi une langue dravidienne (le malayalam), une langue austronésienne (le filipino des Philippins) et une langue bantoue (le swahili des Zanzibarais). Si la langue arabe standard sert de langue commune aux arabophones, c’est l’anglais qui peut tenir ce rôle pour les ethnies provenant du sous-continent indien. L’Université sultane de Qaboos, située à Khoudh Al (environ à 50 km à l’ouest de Muscat), compte environ 12 000 étudiants dans les facultés de médecine, d’ingénierie, de science, d’agriculture, des arts, du commerce, d’économie et des sciences islamiques. Le gouvernement a accordé des permis à des université américaines et britanniques pour élaborer des programmes universitaires à Oman, dont la British School et l’American British Academy. C’est pourquoi l’acquisition d’une bonne connaissance de la langue anglaise est nécessaire, surtout dans les cours de science, car de nombreux cours ne sont disponibles qu’en cette langue. L’arabe classique est la langue de la législation ; c’est dans cette langue que sont rédigées les lois, qu’elles sont discutées et promulguées. C’est également la langue des tribunaux, mais il est possible de recevoir l’aide d’un interprète si le justiciable ignore la langue officielle. Enfin, l’arabe est aussi la langue de l’Administration. Les documents écrits ne sont diffusés qu’en arabe et les fonctionnaires ne sont tenus de connaître que cette langue.
Awa Cécile BANGARE
(in la Cohésion 2023)
