Il n’y a désormais aucun doute : la proclamation de la Révolution Progressiste et Populaire (RPP) le 1er avril 2025 par le Capitaine Ibrahim TRAORÉ s’inscrit en droite ligne des idéaux de la Révolution Démocratique et Populaire (RDP) d’août 1983, portée par le Capitaine Thomas SANKARA.

Quel honneur pour les camarades révolutionnaires des années 1980 de revivre la résurrection d’une révolution étouffée dans le sang le 15 octobre 1987. En effet, le Conseil des ministres du 29 janvier dernier a acté la dissolution des partis et formations politiques au Pays des Hommes intègres.
Depuis le retour du multipartisme au Burkina en 1991, des partis de toutes obédiences ont rythmé la « vie démocratique » durant trois décennies. Ces groupuscules sont nés du discours de La Baule de 1990. Ce discours à caractère impérialiste, prononcé depuis la France, a instruit ses « colonies d’outre-mer » de se jeter dans une fausse animation politique afin d’endormir les consciences africaines par un multipartisme hypocrite.
Pendant des décennies, cette faune politique a plutôt contribué à pervertir l’élite africaine, avec de nombreuses dérives enregistrées au cours des dernières années, particulièrement dans les États du Sahel. Aujourd’hui, la décision de dissoudre les partis s’inscrit donc dans une volonté de refondation de l’État et d’une réforme de la gouvernance politique au regard des défis actuels.
Après plus de trente ans de fonctionnement, le constat est sans appel : le système partisan a davantage divisé les Burkinabè qu’il ne les a unis. Cette vie partisane a engendré des dérives, fracturé la citoyenneté et fragilisé les alliances et amitiés politiques. Fort de ce constat, le Conseil des ministres du 29 janvier a procédé à la dissolution pure et simple de ces formations. Pour le gouvernement, leur prolifération a contribué à la fragilisation du tissu social. À travers cette mesure, les autorités révolutionnaires entendent préserver l’unité nationale, renforcer la cohérence de l’action gouvernementale et ouvrir la voie à une réforme en profondeur.
Ce projet de loi a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée Législative de Transition (ALT) le 9 février 2026. Les 69 votants du jour ont donné leur quitus. Cette adoption consacre l’abrogation de la loi de 2001 portant charte des partis politiques, et de la loi de 2009 relative à leur financement ainsi qu’au statut de l’opposition.
De mémoire de « scribouillard », on se souvient de la création du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) en avril 1996. Cette formation fut créée de toutes pièces par un marchandage politique hors du commun, où des chefs de partis aux idéologies contradictoires furent courtisés par l’Organisation pour la Démocratie Populaire/Mouvement du Travail (ODP/MT) pour former un cartel dénommé « CDP », lequel a géré le pouvoir d’État sans partage pendant 27 ans. (Lire la naissance du CDP: » Les dessous d’un marchandage politique » in Racines (mai-1996).
Lors de la séance du 9 février 2026 à l’ALT, le Ministre d’État en charge de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, porteur du projet de loi, a brillamment défendu cette réforme révolutionnaire. Pour lui, la dissolution s’inscrit dans une dynamique de rupture assumée avec un système jugé inadapté aux réalités et aux aspirations profondes du peuple burkinabè.
Le Ministre a souligné que, bien que la Constitution du 2 juin 1991 consacre en son article 13 la liberté de création des partis, l’application de ces lois a révélé de nombreuses insuffisances. Selon lui, elles ont favorisé une prolifération de partis sans idéologie affirmée, sans représentativité significative, ni ancrage social et territorial. Cet état de fait a contribué à la perte de confiance des citoyens envers les institutions, s’ajoutant aux impératifs sécuritaires actuels.
En outre, le gouvernement allouait des subventions importantes : l’enveloppe annuelle était stabilisée à 500 millions de F CFA en période électorale et autant hors campagne.
Selon la Cour des comptes, les montants versés hors campagne s’élèvent à plus de 3 milliards de F CFA, traduisant un engagement financier massif de l’État au profit de ces structures.
En adoptant ce projet de loi, le Parlement burkinabè acte la fin d’un cycle et prépare le terrain à une réorganisation profonde. Au-delà de la dissolution, c’est l’ambition d’une nouvelle architecture politique qui se dessine sous l’impulsion du Capitaine Ibrahim Traoré, engagé dans ce vaste chantier de refondation institutionnelle.
Par Racines
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