Burkina : La compagnie de transport STAF impliquée dans plus de 10 % des accidents de cars voyageurs sur une période de six ans (officiel)
Ouagadougou, 13 fév. 2026 (AIB)-Outre les violations répétées de la limitation de vitesse, plus de 10 % des accidents enregistrés impliquant des cars voyageurs sont imputables à la compagnie de transport STAF sur la période 2019-2024, a affirmé vendredi à l’AIB le directeur de la circulation routière, Baowendmanégré Zoungrana. Cette révélation intervient au lendemain de l’annonce de la suspension des activités de cette société et d’un accident mortel impliquant l’un de ses bus.
La suspension, qui prendra effet le 16 février 2026, frappe la Société de transport Aorèma et Frères (STAF), un grand acteur du paysage routier burkinabè. Cette décision du ministère en charge de la Mobilité intervient après le constat d’un « taux d’accidents jugé élevé », a déclaré le directeur de la circulation routière, Baowendmanégré Zoungrana, vendredi dans un entretien à l’AIB.
Selon les chiffres officiels, sur les 1 306 accidents impliquant des transports en commun entre 2019 et 2024, 136 sont imputables à cette seule compagnie, soit un ratio de 10,43 %, a-t-il ajouté.
M. Zoungrana pointe particulièrement du doigt le non-respect de la limitation de vitesse hors agglomération, fixée à 90 km/h, ainsi que la manipulation frauduleuse des limiteurs de vitesse obligatoires sur les véhicules.
« Si un véhicule est plombé à 90 km/h, il ne doit pas rouler au-delà. Il faut s’assurer que les conducteurs ne manipulent pas ces dispositifs », a martelé l’autorité, insistant sur le fait que l’État doit agir « avec fermeté pour préserver la vie des populations ».
Cette sanction fait suite à une série d’avertissements restés lettre morte, d’après Baowendmanégré Zoungrana.
Il a cité la rencontre de crise organisée le 1er septembre 2025 avec les dirigeants de la STAF, suivie d’une mise en demeure exigeant un renforcement de la formation des conducteurs.
« Juste après cette rencontre, un accident est encore survenu », a déploré le directeur.
La mesure de suspension est temporaire, mais sans durée déterminée. Pour reprendre la route, la société devra passer une inspection technique rigoureuse attestant de l’installation effective des limiteurs de vitesse et présenter un plan de formation pour son personnel navigant, assure-t-il.
Le transport routier de personnes est le plus meurtrier au Burkina Faso, concentrant 85 % des accidents enregistrés dans cette catégorie sur le territoire national, informe M. Zoungrana.
Le directeur a tenu à préciser que la décision ne vise pas spécifiquement une entreprise en particulier.
« Plusieurs sociétés ont reçu des mises en demeure. Toute société qui persiste dans le manquement subira le même sort », a-t-il averti.
Pour les autorités, la priorité demeure la protection des usagers et le respect strict des règles de dépassement, de limitation de vitesse et des normes techniques.
« Ce sont nos frères et nos sœurs que ces cars transportent. Préserver leur vie, c’est préserver l’avenir du pays », a conclu Baowendmanégré Zoungrana.
Notons que, le jour de l’annonce de la suspension de la STAF, l’un de ses bus a fait une chute dans un cours d’eau dans la province du Tuy (Ouest), provoquant trois décès et plusieurs blessés, selon un bilan provisoire parvenu à l’AIB.
Dans un communiqué, la société a pris acte de la décision gouvernementale et présenté ses condoléances aux familles endeuillées.
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Agence d’information du Burkina
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