29 janvier 2026
Home » Vivre avec son handicap : Aliponré dit tout

Mon handicap et moi

Je suis Ali Traoré. On m’appelle Ali Ponré 1er, mon nom d’artiste, mon nom de célébrité : le célébrissime Ali Ponré Premier.


Mais je viens de loin. Quand j’étais tout petit, la polio m’a pris à trois mois, selon ma maman. Depuis ce jour, je me déplaçais sur mes mains et mes genoux, sans gêne, sans honte. C’était ma façon à moi de marcher, et je l’ai toujours gardée.

Le handicap ? Je ne l’ai compris qu’après. Mais il ne m’a jamais affecté. Je n’ai jamais connu le regret de marcher un jour et de ne plus le pouvoir. Moi, j’ai toujours marché, simplement à ma manière, et cette manière est restée avec moi.

Je suis né dans un quartier populaire, entouré d’enfants de mon âge. Ma différence ne m’a jamais isolé. J’ai grandi dans ma communauté africaine, dans l’ambiance mandingue et joyeuse du quartier. C’était la belle époque, et j’étais simplement moi, vivant pleinement.

Au début, ma propre mère me cachait lors des visites. Elle me disait de rester dans la chambre, pensant me protéger. Mais cela faillit me réduire au silence. Je ne pouvais pas sortir jouer avec les autres enfants. Il a fallu l’intervention de ma grand-mère maternelle pour que je sois autorisé à sortir et à bouger avec mes pairs. Le handicap n’était pas une fatalité, m’a-t-elle fait comprendre.

C’était à l’époque des années polio : 68, 69, 70, 71, 72, 74. Ces années où la poliomyélite a fait rage en Afrique de l’Ouest, surtout au Burkina Faso. La plupart des personnes handicapées victimes de la polio sont de cette génération. Mais pour moi, personnellement, le handicap n’a jamais été un obstacle. Au contraire, il m’a façonné, m’a permis de devenir ce que je suis aujourd’hui.

Le handicap m’a appris la persévérance, le courage, et m’a préparé à ne pas attendre de cadeaux de la vie. À l’adolescence, je faisais face au rejet, surtout des filles. Elles trouvaient audacieux que je les aborde. Mais je me forçais à me tenir debout, à m’affirmer, à comprendre que la vie n’allait pas me faire de cadeaux, alors je ne devais pas en faire non plus.

Aujourd’hui, je suis ce que je suis grâce à Dieu et grâce à mon handicap. Partout, on parle de moi : Ali Ponré 1er. Un artiste handicapé, engagé pour l’inclusion au Burkina Faso. On me retrouve dans le monde associatif, culturel, dans le cinéma, le théâtre, la musique, l’humour, la danse. Je suis partout pour dire : nous sommes là.

Si ta vie n’a pas de sens, c’est simple : donne un sens à ta vie. Voilà mon message. La lutte continue. Ali Ponré 1er à jamais.

Source : Aliponré

Reveil-info

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