un faux militaire à la barre pour escroquerie

Agé de 26 ans et employé de commerce, N.M. a comparu, mercredi 7 janvier 2026, devant les juges du tribunal correctionnel de Fada N’Gourma. Il était poursuivi pour trois chefs d’accusation: escroquerie, tentative d’escroquerie et usurpation de titre.
Selon les faits exposés à l’au- dience, N.M. est accusé d’avoir, courant novembre 2025, escroqué deux gérantes de boutiques Mobile Money à Fada N’Gourma. Il lui est également reproché d’avoir tenté, sans succès, de soutirer des fonds à une troisième Enfin, le prévenu est poursuivi pour usurpation de titre, pour s’être présenté comme un militaire afin d’intimider ses victimes et parvenir à ses fins. Dès l’ouverture des débats, N.M. a reconnu les faits liés aux deux premiers chefs d’accusation, tout en niant s’être fait passer pour un militaire. Il a expliqué au président du tribunal qu’il avait un besoin urgent de 300.000 F CFA pour relancer son commerce.
C’est dans ce contexte, a-t-il admis, qu’il a eu l’ idée d’escroquer des gérantes de kiosques Mobile Money. A la barre, le prévenu a détaillé son procédé. Il simulait un retrait de 150 000 F CFA et présentait à ses victimes un faux message de confirmation pour leur faire croire que la transaction avait abouti.
Lorsque les gérantës lui demandaient sa Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB), il prétendait ne pas l’avoir sur lui et proposait, pour rassurer», l’usage d’une carte militaire. Sous la pression, les deux gérantes ont fini par lui remettre l’argent. Le stratagème a cependant échoué lors d’une troi- sième tentative. Face aux incohérences du client, la gérante ciblée a fait preuve de vigilance et alerté son responsable.
Avec l’aide de riverains, celui-ci est parvenu à maîtriser le suspect. De quel camp militaire êtes vous? A cette interrogation du président du tribunal, le prévenu a répondu qu’il ne s’était jamais présenté à ses victimes comme un soldat << Pourquoi avair alors proposé une carte militaire pour effectuer le retrait ? », lui a opposé le procureur du Faso. Visiblement coincé, le prévenu n’a pas convaincu. Pour le ministère public, l’affaire ne souffre d’aucune ambi- guité les éléments constitutifs des infractions sont réunis.
Le procureur a requis que N.M. soit maintenu dans les liens de la prévention et condamné à cinq ans d’emprisonnement et à une amende d’un million de francs CFA, le tout ferme. Bien que prévenu primaire, a-t-il souligné, l’intéressé représente un danger pour la société, n’excluant pas qu’il puisse être poursuivi pour d’autres faits les jours à venir.
Après en avoir délibéré, le tribunal a reconnu N.M. coupable des faits d’escroquerie, de tentative d’escroquerie et d’usurpation de titre. Il l’a condamné à deux ans d’emprisonnement et au paiement d’une amende d’un million de francs CFA, le tout ferme. Par ailleurs, le tribunal a déclaré recevable la constitution de partie civile des deux plaignantes effectivement lésées et a condamné le prévenu à leur verser, à chacune, la somme de 150 000 F CFA à titre de dommages et intérêts. En revanche, la constitution de partie civile du troisième plaignant, qui a échappé à la manœuvre, a été jugée mal fondée.
Source : Sidwaya Numéro 10 542 du jeudi 8 janvier 2026
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