L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces est décédé dans une attaque en Irak dans la nuit de jeudi à vendredi. La frappe a fait au total six blessés.Un militaire français est mort « lors d’une attaque » dans la région d’Erbil au Kurdistan irakien, a déclaré Emmanuel Macron dans la nuit de jeudi à vendredi. Il s’agit du premier mort recensé au sein de l’armée française dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient. Voici ce que l’on sait.

Que s’est-il passé ?
L’état-major français des Armées a informé l’AFP jeudi que plusieurs soldats français avaient été blessés dans « une attaque de drones dans la région d’Erbil ». Le gouverneur d’Erbil avait indiqué que la frappe ayant blessé ces soldats impliquait deux drones et avait eu lieu sur une base située à Mala Qara située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d’Erbil. L’attaque visait des forces antiterroristes, selon le président français. « La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques », a souligné le chef de l’État, sans indiquer qui en était l’auteur.
Qui est le soldat décédé ?
Six soldats français ont été blessés dans cette frappe. Sans préciser si le militaire tué fait partie de ces six blessés, Emmanuel Macron a annoncé l’identité du soldat. « L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak », a écrit le président, confirmant que plusieurs militaires français avaient été blessés.
Selon l’état-major français des Armées, ces militaires blessés étaient « engagés dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens ».
Dans le cadre d’une coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington, des militaires de plusieurs pays, dont l’Italie et la France, entraînent au Kurdistan irakien des membres des forces de sécurité kurdes.
C’est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février et qui s’est propagée dans plusieurs pays de la région.
Depuis le début de la guerre, sept soldats américains ont trouvé la mort au Koweït et en Arabie saoudite, selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
L’attaque revendiquée par un groupe pro-iranien
En parallèle, le groupe armé pro-iranien Ashab al-Kahf a annoncé vendredi sur Telegram prendre pour cible « tous les intérêts français en Irak et dans la région » après le déploiement du porte-avions français Charles de Gaulle dans le Golfe.
Le groupe a exhorté les habitants à rester à au moins 500 m d’une base au Kurdistan irakien où se trouvent des militaires français, sans revendiquer directement d’attaque.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la région autonome du Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes et pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.
La France joue un « rôle défensif »
Le président français Emmanuel Macron avait insisté ces derniers jours sur le « rôle défensif » de la France dans la guerre au Moyen-Orient.
Paris a dépêché pour cela un important dispositif aéronaval autour du porte-avions Charles-De-Gaulle en Méditerranée orientale. Ce dispositif est selon Emmanuel Macron appelé à mobiliser huit frégates et deux porte-hélicoptères amphibies dans une vaste zone incluant également la mer Rouge et le détroit d’Ormuz dans le Golfe.
Le président français s’efforce aussi de peser sur la situation au Liban où la guerre s’est étendue à la suite de frappes contre Israël du Hezbollah pro-iranien.
Trois soldats libanais et deux soldats israéliens ont été tués, selon leurs armées respectives.
Côté iranien, l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, a recensé mardi la mort de 190 militaires dans le pays. Des groupes rebelles kurdes ont déclaré qu’au moins trois militants kurdes iraniens avaient été tués.
En Irak, des combattants pro-iraniens ont indiqué la mort de 21 de leurs membres.
En raison des restrictions imposées aux médias, l’AFP n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante l’ensemble de ces bilans.
reveil-info.net
Le Parisien
