30 janvier 2026
Home » Finances publiques-Mali : La Cour suprême lève le voile sur 20 ans de subventions aux partis politiques

Dans un effort de transparence sans précédent, la Section des comptes de la Cour suprême du Mali a publié, le 29 décembre dernier, un rapport d’audit exhaustif sur le financement public des formations politiques. Ce document révèle qu’entre 2000 et 2019, l’État malien a décaissé environ 24,6 milliards de francs CFA au titre de l’aide publique aux partis.

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Un audit historique sous l’ère de la Transition
Lancé en juin 2025, cet audit constitue le premier exercice de cette envergure dans l’histoire démocratique du Mali. Il intervient dans un climat de refonte profonde du paysage politique, marqué par une volonté de la Transition de renforcer le contrôle des deniers publics et de moraliser la vie politique. Sur les 295 partis répertoriés dans le pays, seuls 144 ont été en mesure de fournir des documents financiers conformes aux enquêteurs. Cette faible participation souligne l’un des défis majeurs identifiés par la Cour : la fragilité structurelle de nombreuses organisations politiques.

Des zones d’ombre et des obstacles documentaires
Malgré la précision des chiffres, le rapport pointe plusieurs limites qui ont entravé la mission des auditeurs :Disparition d’archives : La longueur de la période sous revue (deux décennies) a rendu la reconstitution des flux financiers extrêmement complexe.
Inexistence comptable : De nombreux partis ont cessé leurs activités sans laisser de traces ou n’ont jamais tenu de comptabilité régulière.Évolution législative : Les changements successifs des règles de gestion financière ont rendu difficile l’appréciation rétroactive de certaines obligations.

Vers une réforme du financement politique

La publication de ce rapport n’est pas fortuite. Elle coïncide avec une restructuration globale du cadre institutionnel malien. Les autorités de la Transition envisagent désormais une réévaluation stricte des mécanismes d’allocation des fonds publics. L’objectif est double : s’assurer que l’argent du contribuable serve réellement à l’éducation citoyenne et au débat démocratique, tout en sanctionnant les structures « fantômes » qui ne justifient pas de leur utilité ou de leur transparence financière.Zana/Malijet.com

Source : Malijet

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