17 mars 2026
Home » Mali : qui était le Général Moussa Traoré ?

QUI ÉTAIT LE GÉNÉRAL MOUSSA TRAORÉ ? Né un mardi, ayant pris le pouvoir un mardi, renversé un mardi et décédé un mardi, le général Moussa Traoré est qualifié de « Tarata Balla » (« Moussa, l’homme du mardi »). Il a dirigé le Mali pendant 23ans.

Né le 23 septembre 1936 à Sébétou, dans la région de Kayes, Moussa Traoré était le fils d’un soldat de l’armée française où il s’engage lui-même en 1954. Il sert en Guinée, en France, en Mauritanie puis au Sénégal.

Admis en 1960 à l’école d’officiers de Fréjus, en France, il sort major de sa promotion. Il est nommé lieutenant dans l’armée malienne en 1964, puis instructeur de l’école interarmes de Kati.

Le 19 novembre 1968, à la tête du Comité militaire de Libération nationale (CMLN) qui regroupe 14 officiers, il renverse le président Modibo Keïta, père de l’indépendance du Mali.

Il est promu colonel en 1971 et général en 1978.
Après avoir fait arrêter plusieurs compagnons d’armes (Tiekoro Bagayoko, Kissima Doukara et autres), il fait adopter le parti unique (l’UDPM) qu’il dirige en même temps que l’Etat.

Le régime commence à vaciller en 1990 sous les coups de boutoir d’une rébellion Touaregue avec laquelle Moussa signe finalement un accord de paix.

Au même moment éclate à Bamako une insurrection civile, menée par des associations (Adéma, Cnid, etc.) qui exigent le multipartisme.

Le 26 mars 1991, dans un contexte de forte répression, le président Traoré est renversé par le chef de sa garde, le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré (ATT), avec le concours de son aide de camp, le colonel Oumar Diallo dit Birus.

Le président déchu est condamné, le 12 février 1993, pour « crimes de sang ». Sa peine est commuée en détention à perpétuité en décembre 1997. Mais il doit encore répondre de « crimes économiques », pour lesquels il est à nouveau condamné à la peine capitale en 1999. Ces condamnations n’entament en rien la fierté du général qui lance à ses juges:  » Un soldat n’a pas peur de la mort! Il est préparé à l’idée de ne pas mourir dans son lit! ».

Gracié en 2002, Moussa est libéré et logé dans la résidence d’Etat où il est décédé le15 septembre 2020 à 83 ans. Cette résidence sise à Djokoroni-Para, Bamako, était devenu un lieu de pèlerinage pour toute la classe politique qui venait recueillir les avis et bénédictions du vieux sage.

Source : renaissance africaine

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