Jugement de l’affaire Sylvia Bongo et autres au Gabon : L’ex-Première dame et son fils écopent de lourdes peines
Le Gabon a été le théâtre d’un double procès historique entre le 10 et le 18 novembre 2025, impliquant l’ancienne Première dame Sylvia Bongo Ondimba, son fils Noureddin Bongo Valentin, ainsi que plusieurs membres du cercle influent du pouvoir d’Ali Bongo, appelé la « Young Team ».
Sylvia Bongo et Noureddin Bongo, absents du territoire national, ont été jugés par contumace. Ils sont poursuivis pour détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux, association de malfaiteurs, enrichissement illicite, faux et usage de faux. Les peines prononcées à leur encontre sont :
– 20 ans de réclusion criminelle contre Sylvia Bongo, avec confiscation de ses biens.
– 20 ans de réclusion criminelle contre Noureddin Bongo, avec confiscation de ses biens.
Concernant la « Young Team », douze prévenus ont comparu devant la Cour criminelle spécialisée de Libreville. Ils étaient accusés d’avoir mis en place un réseau massif de détournements atteignant plus de 1 000 milliards de F CFA.
Verdicts détaillés :
– Ian Ghislain Ngoulou : 15 ans de prison (dont 5 avec sursis), amende de 10 millions F CFA, réparation civile de 1 milliard F CFA.
– Mohamed Ali Saliou : 15 ans (dont 5 avec sursis), amende de 10 millions F CFA, réparation civile de 6 milliards F CFA.
– Abdoul Oceni Ossa : 15 ans (dont 5 avec sursis), réparation civile de 6,4 milliards F CFA.
– Jessye Ella Ekogha : 10 ans (dont 7 avec sursis), amende de 25 millions F CFA, réparation civile de 295 millions F CFA, confiscation de biens.
– Kim Oun : 5 ans (dont 2 avec sursis), amende de 50 millions F CFA, réparation de 50 millions F CFA.
– Yolande Gisèle Mombo : 26 mois d’emprisonnement, amende de 25 millions F CFA.
– Cyriaque Mvourandjami : 26 mois d’emprisonnement, amende de 25 millions F CFA.
– Gabin Otha Ndoumba : 3 ans (dont 1 avec sursis), amende de 5 millions F CFA.
– Jordan Camuset : 3 ans avec sursis, amende de 5 millions F CFA.
– Steeve Ndegho Dieko : acquitté, charges levées, comptes débloqués.
Les peines incluent également la confiscation de nombreux biens matériels tels que des résidences, des véhicules de luxe, des montres de grande valeur et des comptes bancaires.
Pour les autorités actuelles gabonaises, ces procès sonnent comme un signal fort contre l’impunité et une rupture avec les pratiques passées. Pour de nombreux citoyens, il s’agit d’un tournant majeur marquant la fin d’un système où les détournements étaient rarement sanctionnés. Même si des critiques pointent la rapidité des procédures et l’absence des principaux accusés, laissant planer des doutes sur l’indépendance totale du processus judiciaire.
Justice Infos Burkina

