Seydou (nom d’emprunt) et Mamadou (nom d’emprunt) ont comparu à la barre de la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso, en deuxième ressort, pour répondre respectivement des faits d’assassinat et de complicité d’assassinat. L’audience s’est tenue le lundi 17 novembre 2025.
Seydou est cultivateur-boutiquier, père de six enfants. Quant à Mamadou, il est boucher et père de quatre enfants. Tous domicilié dans le village de Zongoma, département de Padéma, province du Houet.
Selon le dossier, le premier est accusé d’avoir volontairement donné la mort à son propre frère cadet, Issa (nom d’emprunt). Le second est poursuivi pour l’avoir aidé ou assisté dans la commission du crime.
Lors du premier jugement, aux assises criminelles de juin 2022, la chambre criminelle avait déclaré les deux hommes coupables d’assassinat, les condamnant chacun à la réclusion criminelle à perpétuité (la prison à vie). Insatisfaits du verdict, ils ont interjeté appel.
Devant la Cour d’appel, les accusés nient de nouveau les faits
À la barre, Mamadou a indiqué avoir été frappé à la Police pour qu’il reconnaisse les faits. Le président lui demande alors s’il avait également reconnu les faits devant le juge d’instruction.
« Non. Le juge d’instruction m’a dit d’accepter que c’est moi qui ai commis les faits. Il m’a forcé », affirme-t-il.
La Cour lui demande ensuite s’il connaissait Seydou :
« Non », répond-il.
Et la victime ?
« Non », ajoute-t-il encore.
Le principal accusé, Seydou, n’a pas non plus reconnu les faits.
Le président rappelle que les deux hommes ont nié les faits depuis le début, malgré leur condamnation en première instance.
Le Parquet général, prenant la parole, a requis la confirmation pure et simple de la décision initiale. Pour lui, les accusés auraient dû solliciter la clémence plutôt que de persister dans le déni. Le ministère public estime qu’il existe des indices graves et concordants permettant d’établir leur culpabilité.
Rappel des faits
Le 24 janvier 2019, le corps sans vie d’Issa a été retrouvé dans sa maison. Les témoignages du village indiquent que la victime souffrait de troubles mentaux et qu’elle aurait été égorgée avec un couteau, laissant des traces de sang visibles dans la pièce.
Alertées, les autorités ont ouvert une enquête qui a conduit à l’interpellation de Seydou et Mamadou.
Interrogés en enquête préliminaire, ils nient. Devant le juge d’instruction, ils persistent. Mais leurs déclarations présentent des éléments laissant supposer leur implication.
Selon les premières conclusions de l’enquête, Seydou aurait agi de concert avec Mamadou. La soirée des faits, ils auraient administré des somnifères dans le café de la victime. Plus tard dans la nuit, ils seraient entrés dans sa chambre : l’un aurait maîtrisé la victime tandis que l’autre l’aurait égorgée. Après le meurtre, ils auraient recueilli le sang dans une cuvette avant de le transvaser dans un bidon.
La cour rendra sa décision le 8 décembre prochain.
Source : Express du Faso n°6612 du mercredi 19 novembre 2025

