Incapable de concevoir, elle vole le bébé de sa petite sœur
L’affaire de vol de nourrisson entendue à Fada N’Gourma a connu son dénouement ce mercredi 12 novembre 2025. À la barre, Mariam (nom d’emprunt), une grande sœur de la mère de l’enfant, était poursuivie pour enlèvement de mineur et usurpation de titre. À ses côtés, Idrissa (nom d’emprunt), père biologique du bébé, et Salimata (nom d’emprunt), une autre tante du nourrisson, répondaient des faits de complicité d’enlèvement de mineur.
Selon les faits, dans la nuit du 26 au 27 octobre 2025, Mariam s’est introduite discrètement au domicile de sa sœur aînée Salimata, où séjournait leur sœur cadette Aïssata (nom d’emprunt), la mère du nourrisson âgé de deux mois. Profitant du sommeil profond de cette dernière, Mariam a enlevé l’enfant. À la barre, la prévenue a reconnu sans détour les faits. Elle a expliqué son geste par son incapacité à concevoir, alors que son compagnon « rêvait ardemment d’avoir un enfant ». Pour satisfaire ce désir, a-t-elle poursuivi, elle a simulé une grossesse, puis a disparu quelque temps. Elle comptait revenir lui présenter le nourrisson volé en prétendant l’avoir mis au monde.
Comme si cela ne suffisait pas, Mariam a également avoué s’être fait passer pour militaire afin de maintenir l’illusion d’une activité professionnelle.
Idrissa, père du nourrisson, a pour sa part nié toute complicité avec sa belle-sœur. Mais la principale accusée soutient fermement qu’il était informé du rapt dès le jour des faits. Pour le procureur, Mariam n’a aucun intérêt à accabler Idrissa, qui, curieusement, était devenu son « pote sûr », puisqu’ils se retrouvaient très souvent dans des débits de boisson à des heures indues.
« Vous entretenez une liaison avec votre belle-sœur ? », lui a lancé le ministère public.
« Non, c’est la copine de mon ami », a répondu Idrissa.
Comment s’appelle ton ami ?
« Je ne connais pas son vrai nom, mais on l’appelle Léger Léger », a rétorqué Mariam, provoquant quelques murmures dans la salle.
La mère du nourrisson, Aïssata, tenant son enfant dans les bras, a défendu son mari : « Il ignorait que le bébé se trouvait chez ma sœur ». Le procureur n’a toutefois pas été convaincu, estimant que le comportement du père notamment son absence de démarche pour signaler la disparition de l’enfant et sa relation « troublante » avec sa belle-sœur — prouvait le contraire.
Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé la relaxe de Salimata pour infraction non constituée. Il a, en revanche, requis contre Mariam cinq ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende de 500 000 F CFA, et contre Idrissa, douze mois dont six ferme, plus la même amende.
Après en avoir délibéré, le Tribunal a relaxé Salimata pour infraction non constituée. Mariam a été reconnue coupable d’enlèvement de mineur et d’usurpation de titre et condamnée à 12 mois de prison, dont 6 ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 F CFA ferme. Quant à Idrissa, déclaré coupable de complicité d’enlèvement de mineur, il écope de 12 mois de prison dont deux mois ferme, assortis de la même amende.
Justice Infos Burkina
Source : Sidwaya

