Harouna (nom d’emprunt) a comparu devant les juges du tribunal correctionnel de Ouaga 1 le 16 septembre 2025. Il répondait des faits de coups et blessures volontaires sur Raogo (nom d’emprunt). Les faits se sont déroulés courant mai 2025, lorsque Raogo qui était couché devant sa porte, sans s’y attendre, a reçu un coup de machette porté par Harouna.
Les deux sont voisins depuis 2003 et habitent le quartier (Zongo) dans la capitale. Surpris par son agresseur, la victime a néanmoins pu se défendre comme il peut, pour éviter le pire. Il s’en sortira avec des blessures aux bras et à la tête. « J’étais couché quand j’ai reçu soudainement le coup de machette. Heureusement que j’ai protégé mon visage avec mes bras sinon ça aurait été pire. J’ai eu des blessures à la main, aux bras et à la tête », a relaté Raogo devant les juges. Harouna a été arrêté par la police après son acte. Interrogé à la barre par le parquet puis par le conseil de la victime sur ce qui lui a poussé à commettre cet acte, le prévenu a avoué n’avoir pas été maître de son agissement le jour des faits. « c’est une situation qui est arrivée » a-t-il déclaré. Selon le conseil de Harouna, son client est soupçonné souffrir d’une maladie psychique et une expertise sur sa santé mentale aurait même été commandité et les résultats toujours attendus. « Pourquoi n’avez-vous pas agressé votre femme et vos enfants mais plutôt Harouna. », a lancé le procureur au prévenu, avant de le conseiller de dire la vérité et de demander pardon à la victime et au tribunal. A la question de son propre avocat s’il était psychologiquement stable au moment des faits, le prévenu a sorti ces mots : « J’ai souvent des crises et des problèmes ». L’avocat du prévenu a poursuivi en demandant à Raogo s’il était au courant que son voisin souffre souvent de crises, et ce dernier a répondu par la négative. Des témoins ont été aussi appelé à la barre. Le premier, tout en avouant que le jour des fait il était en voyage, a dit connaitre le prévenu et sa victime. Il a indiqué au tribunal que le prévenu est souvent perturbé par des génies dans son comportement et qu’il arrive des fois qu’il ne réponde à aucune salutation, et a même ajouté que la mère du prévenu a souvent souffert de génies. « Est-ce un médecin ou un marabout qui a dit que le prévenu est fréquenté par des genies ? Sa mère a-t-elle déjà agressé quelqu’un avec une machette ? Dites la vérité au tribunal puisque vous avez prêté serment», s’est adressé le tribunal au premier témoin après ses confidences. Le témoin dira que c’était son opinion. Pour le deuxième témoin, un oncle du prévenu, il est clair que le prévenu avait des crises psychiques, et il a même perdu son emploi pour ça, même si la famille n’a entrepris aucune action pour en savoir plus sur ce mal. Pour le ministère public, les faits de coups et blessures volontaires sont constants. Aucun document, a poursuivi le parquet, n’a montré depuis l’interpellation du prévenu qu’il souffre de démence, et mieux à la barre, il a donné des réponses cohérentes aux questions qu’on lui posait. Au cas même où il aurait des crises intermittentes ces crises ne constituent pas une démence aux yeux du procureur. Le ministère public a alors requis que le prévenu soit reconnu coupable et qu’il soit condamné à 12 mois de prison dont 6 ferme, et une amende de 250 000 F CFA assortie de sursis. La victime s’est constituée partie civile et a demandé le remboursement de ses frais médicaux qui s’élèvent à 115 450 F CFA. La défense du prévenu a présenté les excuses de son client à la victime et plaidé la clémence du Tribunal. Il a reconnu que son client a commis les faits, mais a demandé au tribunal de tenir compte de son état de santé. Pour les réclamations de la victime, l’avocat de la défense a laissé entendre qu’un accord à l’amiable est envisagé pour son règlement rapide. Le tribunal, dans sa délibération, a reconnu le prévenu coupable des faits et en répression, l’a condamné à 24 mois de prison dont 6 ferme et à une amende d’un million de F CFA assortie de sursis. Il a reçu la constitution de partie civile de la victime et l’a déclaré fondée. Il a en outre condamné le prévenu à verser la sommes réclamée par la victime.
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Source : Zoodomail.com
