Il n’est sans doute pas le premier journaliste à être nommé à la tête d’un gouvernement burkinabè. Avant lui, il y a eu en 2011, Luc-Adolph Tiao, journaliste formé à Dakar où il est sorti diplômé en 1980, puis en France. Il a même participé à la création de l’association des journalistes du Burkina AJB qu’il préside jusqu’en 1990. En avril 2011, Luc Tiao est nommé Premier ministre sous le président Blaise Compaoré. Poste qu’il occupe du 18 avril 2011 au 30 octobre 2014. Cependant, il faut reconnaitre que le parcours de l’actuel Chef du gouvernement, est bien inspirant pour la nouvelle génération, toujours pressée pour atteindre l’objectif et cela par tous les moyens. Le tout et tout de suite, comme dirait l’autre.

Rappel, né en 1980, Journaliste de profession, Jean-Emmanuel Ouédraogo, l’actuel Premier ministre a fait sa carrière au sein de la Radiotélévision du Burkina-RTB. A la télévision nationale du Burkina, il s’est fait connaitre en présentant le journal de 20 heures et l’émission à succès « sur la brèche ». Très vite, il va « taper dans l’œil » de ses supérieurs et gravir les échelons. Il devient alors rédacteur en chef de la RTB de 2016 à 2021, puis directeur de la RTB télé de 2021 à 2022. A l’arrivée au pouvoir du Capitaine Ibrahim Traoré et ses hommes, il est nommé ministre d’Etat, ministre de la Communication, de Culture, des arts et du tourisme, porte-parole du gouvernement Tambéla. Le 7 décembre 2024, il est nommé Premier ministre du Burkina Faso. Journaliste, présentateur, rédacteur en chef, directeur, ministre d’état, ministre et premier ministre, il faut être un Jean-Emmanuel pour réussir une telle prouesse au sommet de l’état. A la tête du gouvernement depuis donc décembre 2024, il est en train de déjouer des pronostics et de faire mentir ceux qui ne vendaient pas chère sa peau, parce que étant convaincus qu’il « ne va pas s’entendre avec ces militaires-là » A quelques 2 mois de son premier anniversaire à la tête du gouvernement Burkinabé, l’homme semble avoir fait le consensus autour de lui et au sein du gouvernement. Pas trop dans la théorie inutile mais toujours direct quand il le faut, il est considéré par certains médias internationaux suspendus dans au Burkina Faso, comme un journaliste qui est contre la liberté de la Presse. Mais le PM n’en a cure et sa forte conviction devenue comme une sève vivifiante d’action reste la même : « il n’y a pas de liberté dans un pays qui n’est pas libre ». Comme pour dire que nous devons ensemble travailler pour libérer le pays avant de « revendiquer » des libertés. Lentement, il a su imprimer sa dynamique et sans attendre, il s’est très vite bonifié … d’ailleurs à son sujet le média en ligne www.reveil-info.net écrivait en avril dernier que : « Après la dissolution du gouvernement Tambèla le 6 décembre 2024 , Jean Emmanuel Ouédraogo, ministre en charge de la Communication et porte-parole du gouvernement est nommé Premier ministre du Burkina Faso le 7 décembre par le Capitaine Ibrahim Traoré. Contexte national oblige, cette nomination avait suscité l’étonnement parmi certains Burkinabè qui croyaient le que Capitaine Traoré allait « chercher son premier ministre » hors des frontières surtout dans les Institutions internationales comme il était de coutume sous d’autres régimes. Des noms avaient d’ailleurs commencé à circuler. Mais nous n’avons pas douté comme certains, sur la capacité de l’ancien porte-parole du gouvernement à assumer pleinement sa mission de Chef de gouvernement du Burkina Faso.

Tout comme le président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré, nous n’avons donc pas eu tort, dès la nomination de faire confiance à l’ancien rédacteur en Chef de la Télévision nationale, puis directeur de la RTB. En moins de 5 mois après sa nomination, il semble avoir mis tout le monde d’accord sur sa capacité à conduire le gouvernement et à bien le conduire. Son premier grand entretien ce 28 avril 2025 sur la RTB a d’ailleurs fait mentir ceux et celles qui, dès le départ étaient sceptiques ou avaient des doutes, peut être légitimes. En effet à cet entretien, c’est un Premier ministre complément « métamorphosé » que nous avons vu et écouté avec attention et intérêt. Outre son calme olympien et son humilité qui côtoient souvent une certaine timidité, le Chef du gouvernement a convaincu plus d’un sur sa maitrise parfaite des grands sujets et dossiers du Burkina Faso… »
Le premier ministre est sans doute conscient que son parcours inspire une bonne partie de la jeunesse burkinabè et africaine. Il est aussi conscient que, comme le maçon, il est très attendu au pied du mur. Il n’a donc pas droit à l’erreur, pour ne pas dire à l’échec. Avec lui, c’est tout le gouvernement qui est interpellé. Le leitmotiv étant gouverner autrement, c’est traduire en actes la Révolution progressiste et populaire pour que, dans quelques années, les Burkinabè puissent enfin vivre dans un pays de paix, de progrès et de développement socioéconomique partagé. Ce qui n’est pas trop demander au journaliste devenu Premier ministre du Burkina Faso, Jean-Emmanuel Ouédraogo et à son gouvernement.
Source : Wikipédia- www.reveil-info.net, RTB
Souleymane Koné-Ouagadougou
