Yalgado OUEDRAOGO (1925-1957)
Son nom fut donné au plus grand hôpital de notre pays par Maurice YAMEOGO, le premier Président de notre pays.
De son vrai nom Ibrahim Yalgado OUEDRAOGO, il est né en 1925 à Napalgué à environ 65 km de Ouahigouya.
Dès son école primaire Yalgado ne tarda pas à révéler ses talents en décrochant le Diplôme d’études primaires supérieures (DEPS) en 1945.
Il fut inscrit à l’école supérieure de Sibicotane près de Dakar où il obtient le Diplôme d’études supérieures (DES). Il fut admis par la suite au concours d’entrée à l’école de médecine Jules CARDES de Dakar.
Yalgado sera Major de sa promotion, à sa sortie en 1949. Élevé au grade de major et médecin de sa promotion, Yalgado Ouédraogo était sollicité aussi bien par ses professeurs, ses camarades que par les patients.
Dès son retour au pays vers 1954. Il fut affecté à l’hôpital de Nouna comme médecin-chef où il exerce son métier avec passion et dextérité. Il était réputé dans la région pour la maîtrise de son travail.
Selon les témoignages, il était surtout doué dans les soins contre les morsures de serpents, la méningite, l’hépatite et la stérilité. Des étrangers aimaient venir également se faire soigner par Yalgado OUEDRAOGO.
Yalgado a été sollicité par les siens du Yatenga pour se présenter comme candidat aux élections des Assemblées territoriales du 31 mars 1957. Selon Madame Bernard Lédéa OUEDRAOGO qui a travaillé pendant longtemps à ses côtés, Yalgado OUEDRAOGO n’aimait pas la politique. Il préférait surtout son métier. Mais après « maintes tractations », il accepta.
Finalement la politique eut raison de ses réserves et mauvaises conscience à abandonner ses patients. C’est ainsi qu’il fut élu conseiller territorial en mars 1957 sur la liste du Mouvement démocratique voltaïque (MDV) qui était une émanation du Pati DORANGISTE du Yatenga.
Mais c’est surtout à Nouna qu’il s’intéressa réellement aux activités politiques dans lesquelles étaient déjà plongés le pharmacien Philippe Zinda KABORE, le docteur Joseph CONOMBO, tout comme du reste le médecin Felix HOUPHOUET BOIGNY.
Quatre partis dont le Mouvement démocratique voltaïque (MDV) auquel appartenait Yalgado Ouédraogo composaient l’échiquier politique national à l’époque. C’est au titre de ce parti que Yalgado Ouédraogo fut élu président de l’Assemblée territoriale le 15 mai 1957.
Il l’organise avec conviction militante. Selon Bougourawa Ouédraogo, « Il s’était donné la mission de former une entité nationale. Pour cela, il fallait voyager à travers le pays, voir de près les réalités, dans les circonscriptions administratives, dans les cercles, les cantons et les villages. Il prêchait le nationalisme, le patriotisme et cherchait à mobiliser les hommes… »
C’est de retour d’une tournée à l’intérieur du pays et alors que se préparait une élection partielle cruciale a Pô, que Yalgado eut un accident. Un tragique évènement qui a eu lieu le 21 juillet 1957 des suites duquel lui seul trouva la mort.
Il fut enterré au cimetière du quartier Dapoya en présence des membres de sa famille, des amis et de plusieurs autorités politiques et administratives.
A 32 ans, le jeune médecin africain disparaissait sans achever sa mission politique ni assouvir les ambitions qu’il nourrissait dans sa carrière professionnelle, sans laisser ni femme ni enfant.
Ceux qui l’ont connu attestent le savoir-faire de l’homme. Ces taux de réussite lui ont valu le mérite d’une médaille d’honneur des épidémies, décernée par le ministre de la France d’Outre-Mer le 31 décembre 1956. Toujours pour son dévouement exceptionnel, il fut décoré commandeur de l’Ordre national à titre posthume le 11 décembre 1962.
Le mardi 25 avril 1989 à 16 heures, ses restes mortuaires furent exhumés et transférés dans l’enceinte de l’actuel hôpital national à Ouagadougou.
Somme toute, le passage quelque peu éphémère de Yalgado Ouédraogo sur cette terre a révélé un homme politique sympathique, consciencieux. Qu’il repose en paix.
Sources : Zone Mossi/Abdoulaye Ouédraogo/Théophile MONE
Crédit photo : Julien Hugues Batiéno
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