4 février 2026
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Pont sur le Kadiogo, 1929

Ce pont serait celui de Gounghin, sur le Kadiogo en 1929

Originellement, Kaadyoogo désignait à Wogdogo cette rivière qui coulait non loin du palais du *Moog-Naaba*. C’était sur ce cours d’eau que l’on prélevait l’eau destinée à l’usage personnel du Moog-Naaba. La propreté des environs étaient assurée par un chef, appelé Kaadyoog-Naaba.

Celui-ci n’épargnait rien sauf peut-être ces calebassiers qui repoussaient à hauteur du quartier Baogên, dont les fruits servaient à la fabrication de récipients de cuisine (calebasses), de gourdes (linga) et surtout de benda (tam-tam cylindrique fait de calebasse recouverte de peau d’animal).

Selon certaines sources, il faudra remonter à Naaba Wubri (1495) pour connaître la signification et l’origine du mot kaadyoogo. Après avoir fait un sacrifice, « il alla s’en purifier dans ladite rivière, demandant au Kadiogo de délivrer son royaume de tout mal comme ces eaux emportaient (kaag) au loin les impuretés (yoodo) dont il s’était souillé. D’où l’appellation de kaadyoogo. Ce qui veut dire : qui chasse ou éloigne le malheur. »

Selon une autre source, l’hydronyme Kaadyoogo a été créé sous le règne de Moog-Naaba Rulgu (1796-1825) : « Sous le règne de Moog-Naaba Roulgou, l’eau était rare dans le village de Ouagadougou ; les puits étaient taris et les marigots desséchés. Il s’est trouvé à l’époque à Bilbaologo, un Yarga, marabout originaire de Mopti dans l’actuel Mali, qui voyageait souvent entre le Mali et le Ghana et passant chaque fois par Ouagadougou.

Son logeur connaissant bien son pouvoir demanda au Baloum-Naba de l’introduire auprès du Mogho-Naba pour trouver une solution à la crise d’eau. Ce fut fait et ce dernier lui expliqua ses préoccupations. Conduit par ses hôtes, le marabout se promena tout le long de l’actuel canal du Moro-Naba. Il alla en amont et en aval. S’arrêtant sur la rive droite du marigot, côté ouest de la clôture du lycée Marien N’Gouabi, le marabout traça du pied un endroit qu’il dit être la source d’un point important d’eau.

L’un de ses hôtes pris une pioche pour bien marquer l’endroit en creusant légèrement. On entendit au même moment la source gronder dans les entrailles du sol. Le lendemain les habitants de Bilbaologo vinrent avec du matériel pour creuser le puits à l’endroit indiqué. Que virent-ils ? De l’eau qui avait rempli la cuvette creusée la veille.

Le marabout dit : « Kaï ko yookâ la yaol tû » ; ce qui signifie littéralement : « videz l’eau sale avant de creuser. » A peine les gens avaient creusé une profondeur à hauteur de genou que l’eau se mit à jaillir et à couler en direction du marigot. La source creusa un affluent vers le canal du Moro-Naba. « Kaï ko yooda » est devenu « Kadiogo ».

Les autorités coloniales des années 1950 avaient choisi les berges du Kaadyoogo pour construire le premier abattoir de ce qui était la capitale de la colonie de Haute Volta. Signalons que depuis 1980, la rivière dont les eaux étaient pérennes, a été aménagé en canal bétonné de 4,3km. Son cours modifié lors de la construction du canal fait qu’il ne traverse plus l’actuel Lycée Marien N’Gouabi ».

Rigobert Tiendrebeogo Martial

Source : Histoire de Ouagadougou des origines à nos jours

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