4 février 2026
Home » Au Palais de Justice: Faux permis, fausses plaques d’immatriculation, fausses cartes grises… les 50 tonnes de sésame n’arriveront jamais à Lomé
Le lundi 16 juin 2025, Abdoulaye et Pascal (noms d’emprunt) ont comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso. Ils étaient poursuivis pour abus de confiance et association de malfaiteurs, après avoir participé au détournement de 50 tonnes de sésame appartenant à un expatrié.
Selon l’enquête, les deux prévenus faisaient partie d’un groupe de quatre individus qui avait monté un plan pour s’approprier frauduleusement des marchandises saisies par la douane. Chauffeur de métier, Abdoulaye avait pour mission d’assurer le transport. Mais n’ayant pas eu une opportunité de ce genre, ils tombent sur un expatrié qui veut transporter 50 tonnes de sésame de Bobo-Dioulasso à Lomé. Ils décident de détourner la marchandise. Pour échapper aux contrôles, le groupe avait fabriqué un faux permis de conduire, deux fausses cartes grises ainsi que de fausses plaques d’immatriculation pour le camion.
Abdoulaye affirme que c’est Pascal qui l’a mis en contact avec les autres membres du groupe, en lui disant qu’il y avait une opportunité de transport de marchandises. Il aurait ainsi rencontré le propriétaire, un expatrié, avec qui il a négocié le prix du transport à 800 000 FCFA. Mais une fois la marchandise chargée à Bobo-Dioulasso, Abdoulaye a dévié de l’itinéraire. En cours de route, le propriétaire de la marchandise l’appelle pour connaître sa position. Il lui répond qu’il est presque arrivé à Ouagadougou. Arrivé à l’entrée de la capitale, il a contacté ses complices pour qu’ils viennent décharger et vendre les 50 tonnes de sésame.
Des aveux ambigus et un passé judiciaire lourd
À la barre, Abdoulaye a reconnu avoir transporté la marchandise, mais a nié avoir eu connaissance du plan de détournement. Pourtant, ses déclarations en enquête préliminaire contredisent ses propos à l’audience. Pascal, de son côté, a nié toute implication, bien qu’il ait reconnu avoir assisté à la réunion où l’offre a été faite à Abdoulaye. De plus, le jour de l’arrivée du camion à Ouagadougou à minuit, Pascal s’est déplacé pour le rejoindre, ce qui, selon le procureur, prouve sa participation active.
Quelques semaines après leur forfait, Abdoulaye tombe sur une photo de son véhicule dans un groupe WhatsApp, avec la mention qu’il est recherché. Il contacte rapidement Pascal, qui trouve aussitôt un peintre pour repeindre le camion. Pascal se déplace lui-même pour payer le peintre en main propre. Ce geste, que Pascal n’a pas nié devant les juges, renforce les soupçons.
Le ministère public a demandé que l’abus de confiance, prévu par l’article 362-1, soit retenu contre Abdoulaye, précisant que ce dernier aurait même demandé à Pascal combien il toucherait de l’opération. Réponse : 10 millions FCFA. Concernant l’association de malfaiteurs, le procureur a demandé qu’il soit relaxé, estimant que cette infraction suppose un crime, alors que l’abus de confiance est un délit.
Pour Pascal, le procureur a sollicité une requalification en complicité d’abus de confiance, tout en demandant sa relaxe pour l’association de malfaiteurs. Il a requis 60 mois de prison ferme et 3 millions FCFA d’amende ferme contre chacun des deux prévenus.
Quant à l’avocat de la partie civile, représentant le propriétaire du sésame, il a estimé que toues les infractions étaient constituées à l’encontre des deux prévenus. Il a donc réclamé 45 millions FCFA pour la valeur de la marchandise et 2 millions FCFA pour les frais exposés non compris dans les dépends.
Enfin, le parquet a rappelé que Pascal est récidiviste, déjà condamné pour escroquerie par le TGI de Ouagadougou.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour le 30 juin 2025.
Justice infos Burkina
Reveil-info

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