Un Rappel Historique sur l’un des plus grands officiers militaires de la fière Volta de nos aïeux:
Le 03 Janvier 1966, en Haute-Volta, le peuple voltaïque était en insurrection contre son premier président Maurice YAMEOGO. Les jeunes officiers subalternes étaient pour la majorité contre une intervention de l’armée, tandis qu’une minorité ambitionnait une intervention musclée contre le peuple pour sauver le Président. Le chef de file de ceux qui étaient contre une intervention militaire contre le peuple était le Lieutenant Saye ZERBO, posté contre ses pairs devant l’actuel camp Guillaume OUEDRAOGO. Ce fut ses premiers pas héroïques dans l’Histoire de Haute-Volta.
Parachutiste lors des guerres d’Algérie et d’Indochine, premier officier militaire de l’Histoire du Burkina Faso diplômé de l’École de Guerre, il fut l’un des premiers officiers d’Etat Major de Haute-Volta. C’est lui, le Colonel Saye ZERBO, que le Capitaine Thomas SANKARA en quête de stratégie de guerre, envoya consulter en prison, quand le Général Moussa TRAORE lança ses 150 chars contre la Haute-Volta le 25 décembre 1985.
Désigné par ses pairs pour diriger la Haute-Volta lors du coup d’Etat du 25 Novembre 1980, coup d’Etat que le Cardinal Paul ZOUNGRANA qualifia de » Coup d’État béni ». Une fois au pouvoir, le Colonel Saye ZERBO lança la bataille du rail (construction du chemin de fer Ouaga-Kaya), lança les travaux de l’actuel stade du 04 Août en 1981, et surtout, défia le puissant voisin Houphouet BOIGNY, en faisant fermer la frontière Burkina-Côte d’Ivoire, pour rehausser la dignité de ses frères voltaïques, méprisés et vilipendés dans les plantations de Côte d’Ivoire. Enfin, physique et très endurant, le Colonel Saye ZERBO durant son règne, a parcouru toutes les 45 provinces du Burkina Faso, pour s’enquérir en personne des réalités que vivent les populations.
Militaire dans l’âme, il faisait les choses militairement, avec une volonté de discipline et de rigueur. Ainsi, il fit arrêter des leaders syndicaux, des leaders politiques, mais, contrairement à d’autres régimes du continent, aucune goutte de sang d’un voltaïque ne fut versé sous le régime du Colonel Saye ZERBO. Averti par son ami et Commandant de gendarmerie Pierre-Clavier Nezien BADEMBIE, de l’imminence d’un coup d’Etat militaire préparé par les jeunes officiers progressistes, il fut conseillé « d’agir par anticipation ». Le Colonel Saye ZERBO refusa et aurait répliqué en ces termes : « laissez ces jeunes officiers Capitaines, ils sont intelligents, je vous interdis de les toucher, un jour, la Haute-Volta aura besoin d’eux ».
Paix et repos éternel à votre âme, Colonel Saye ZERBO.
Source : net
Reveil-info
