Récit d’un procès : Un étudiant poursuit son ex-copine, étudiante, pour vol de 70 000 FCFA
La chambre correctionnel du TGI de Banfora a jugé en décembre 2024 une affaire peu commune entre deux étudiants, Joseph et Djami (noms d’emprunt), ex-couple désormais en conflit judiciaire. Djami était poursuivie pour le vol présumé de la somme de 70 000 FCFA au préjudice de son ancien compagnon. S’en est suivi alors un long débat à la barre.
L’histoire a commencé quelque temps après la rupture de leur relation à Banfora. Joseph a, entre-temps, repris contact avec Djami pour « enterrer la hache de guerre », prétextant une opération chirurgicale prochaine et dont il n’était pas sûr de revenir en un morceau. Ainsi, ils étaient tous deux repartis sur la base d’une amitié simple. Et sur cette base, Joseph a demandé à Djami de lui préparer quelque chose à manger. Ce qu’elle accepta de bon cœur et lui remit dans l’un de ses plats à elle.
Les faits ci-dessus se sont déroulés en 2023 et, jusqu’en 2024, la fille n’avait toujours pas récupéré ces plats, malgré qu’elle ait relancé encore et encore son ex-copain à ce sujet. Pour la suite de ses études, la fille devait quitter courant l’année la cité du paysan noir, et bien décidée à partir avec ses plats, elle se serait rendue à 22h chez le jeune homme la veille de son départ dans l’espoir de les récupérer. Là, elle trouva de la lumière dans la maison de Joseph et, sur conseil de la voisine, elle entra, mais très vite s’aperçut que ce dernier était absent. Elle ressort aussitôt et lui envoie un dernier message dans lequel elle dit : « Demain je veux mes plats et c’est non négociable ».
Les deux versions concordent, sauf qu’à la fin Joseph déclare ne pas avoir quitté sa maison après 18h et n’avoir reçu aucune visite. Aussi, quand il s’est rendu compte que son argent avait disparu, il s’est adressé à la voisine, qui lui a appris le passage la veille au soir de son ex. Après quoi, il l’a immédiatement appelée et, face au manque de réceptivité de cette dernière, il s’est résolu à porter l’affaire devant les tribunaux.
À la question du procureur de savoir s’il y avait réellement de l’argent dans la maison de Joseph le jour du passage de son ex-copine, étant donné qu’il ne verrouille que rarement sa porte quand il est absent et qu’il n’avait pas vérifié lui-même la présence de l’argent le jour des faits ou la veille, Joseph perd son sang-froid. Les remarques de Joseph ont contraint le président du tribunal à le ramener à l’ordre : « Si vous continuez, vous allez changer de place ».
C’est sur fond d’échanges tendus entre les différentes parties que le parquet a préféré demander au tribunal de renvoyer le dossier au 21 janvier 2025, afin de vérifier les deux versions et de voir clair dans cette affaire. À cette date, les débats ont repris et le procureur a requis la relaxe de Djami au bénéfice du doute.
Faute de preuves suffisantes, le tribunal a suivi le parquet et relaxé Djami au bénéfice du doute.
Source : Wangola Média
Justice Infos Burkina
