Le 1er mai 2025, nous vous relations dans les colonnes de Justice Infos Burkina l’histoire bouleversante de Salimata (nom d’emprunt), accusée de sorcellerie et expulsée de son domicile conjugal par son mari et trois membres de sa belle-famille. Le verdict du tribunal, alors attendu pour le 2 mai, est désormais connu.
Pour rappel, l’affaire remonte à 2023. Alima, l’épouse de l’un des beaux-frères de Salimata, tombe malade. Sur les conseils de la famille, elle est conduite chez une guérisseuse à Boussé. Là-bas, la guérisseuse aurait interdit l’entrée à Salimata, la qualifiant de sorcière. En pleine prière, Alima serait tombée en transe et aurait accusé Salimata de vouloir la tuer. De retour à Ouagadougou, la famille organise une réunion qui se solde par l’expulsion de Salimata, contre l’avis du patriarche.
Appelés à la barre du tribunal correctionnel de Ouaga I, Ali (époux de Salimata), Souleymane, Sibiri et Alima (tous noms d’emprunt) ont tenté de se justifier. Ali, manifestement embarrassé, a reconnu avoir suivi la décision familiale sans preuves concrètes : « Je ne sais pas ce que fait une sorcière », a-t-il déclaré.
Salimata, elle, a donné une version différente des faits. Selon elle, c’est le téléphone d’une vieille dame qui aurait perturbé la cérémonie, provoquant l’énervement de la guérisseuse et l’interdiction faite à toutes les femmes, et non à elle seule. Pourtant, c’est elle qui a été désignée comme coupable et rejetée par sa famille.
Le 2 mai 2025, le Tribunal de grande instance de Ouaga I a reconnu coupables Ali, Souleymane, Sibiri et Alima d’accusation calomnieuse de sorcellerie et de mauvais traitements. Ils ont été condamnés solidairement à verser 1 million de FCFA de dommages et intérêts à Salimata, ainsi que 500 000 FCFA de frais de procédure.
À retenir : Accuser quelqu’un de sorcellerie sans preuve est une infraction grave, car elle porte atteinte à la dignité, à l’honneur et parfois à la sécurité de la personne visée.
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