L’inhumation de samedi marque la fin de cinq jours de funérailles nationales au cours desquelles le corps de Prince Johnson a été exposé devant le Parlement à Monrovia, avant d’être transporté à Ganta, dans son comté natal de Nimba, au nord du pays. Plusieurs hauts responsables, dont le président Joseph Boakai et le vice-président Jeremiah Koung, avaient fait le déplacement. Dans la foule réunie à Ganta, certains brandissaient de fausses armées taillées en bois, qui selon eux symbolisent la nature de guerrier de Prince Johnson et son rôle dans la défense de Nimba pendant les tueries. Rendu célèbre par une vidéo le montrant en train de siroter une bière pendant que ses hommes torturaient à mort le président Samuel Doe en 1990, Prince Johnson était toujours un sénateur influent dans son pays. Il n’a jamais exprimé de regret sur son passé et n’a jamais été jugé. Prince Johnson est l’un des huit chefs de guerre dont la commission Vérité et réconciliation, organe d’enquête non juridique installée en 2006, préconisait en 2009 qu’ils soient jugés par un tribunal spécial. La commission l’avait alors identifié comme étant l’individu ayant le plus de victimes à son actif pendant les guerres civiles libériennes, l’accusant de meurtres, extorsion, massacres, destructions de propriétés, recrutement forcé, enlèvements, torture, travail forcé et viols. La mise en oeuvre des recommandations de cette commission se fait toujours attendre.

Source : RTS