Kragbé Gnagbé Opadjilé est né le 5 juillet 1935 dans la ville historique de Sassandra. Il est le fils de François Gnagbo Dogba catéchiste et de Godé Christine ménagère. Après ses études primaires et secondaires en Côte d’Ivoire, il se rend à Dakar où il fréquente un collège technique et commercial. Il est un élève très intelligent ce qui le conduit à poursuivre des études supérieures en France. Il y va effectuer des études de sciences politiques couronnées en mai 1963 par une thèse de doctorat de 3ème cycle sur la politique coloniale en Côte-d’Ivoire avec comme thème : « tableau économique et sociale de la Côte d’Ivoire ».
En France, il s’illustre par son militantisme au sein de différentes associations de défense des intérêts des africains.
Cet état proclamé en 1970 qui refusait et dénonçait la suprématie baoulé, mais aussi les malversations du président Houphouët Boigny ? Jean Christophe Gnagbé, un jeune économiste plus connu sous le nom de Kragbé Gnagbé est le fondateur du Parti Nationaliste Africain (PANA). En 1967, il dépose au ministère de l’Intérieur les statuts de son parti politique et il publie « L’appel aux tribus d’Éburnie » manifeste du parti, qui lui vaudra 11 mois d’emprisonnement. Mais pourquoi l’état d’Éburnie ? Parce que Kragbé Gnagbé dénonce la suprématie baoulé, le tribalisme, la trop grande présence des étrangers en Côte d’Ivoire, les emprisonnements injustifiés et la mort d’Ernest Boka à Assabou.

Ainsi, il se présente comme celui qui mettra fin à tous les maux dont souffrent les Ivoiriens à cause de la mauvaise gouvernance du président Houphouët. Kragbé Gnagbé se rend en Côte-d’Ivoire le 04 août 1967 et dépose les statuts pour la création de son parti politique au ministère de l’intérieur. A peine arrivé au pays, il suscite autour de lui un immense engouement populaire. Redoutable orateur, il sait mobiliser les foules et a un discours révolutionnaire. Houphouet Boigny qui voit ce jeune et brillant garçon comme une menace à son pouvoir envoie des émissaires le rencontrer afin de le convaincre d’intégrer le parti au pouvoir (PDCI) avec la promesse d’un poste ministériel. Kragbé Gnagbé refuse les propositions qui lui sont faites et veut mener son propre combat politique. Kragbé Gnagbé est arrêté et enfermé. Afin de l’humilier, il est conduit à l’hôpital psychiatrique de Bingerville sur ordre des responsables politiques du parti au pouvoir (PDCl), ces derniers l’ayant déclaré fou.
Quelque temps après sa libération, Kragbé Gnagbé revient en force, et en octobre 1970, il proclame à Gagnoa l’État d’Eburnie qui devient la nouvelle appellation de la Côte d’Ivoire. Sa devise : « Pour la terre de nos pères »; son emblème : un globe d’ébène sur fond blanc, symbole de l’union et de l’égalité entière entre les tribus et, à sa tête, un chancelier d’État, à la fois chef du gouvernement et commandant en chef de l’armée populaire nationaliste.

À cet effet, Kragbé Gnagé et ces hommes, des Bété comme lui, hissent le drapeau du PANA sur la mairie de Gagnoa et prennent d’assaut la gendarmerie. Obou Kouadio, adjudant chargé de temporiser la situation, est tué ainsi que 8 civils.
En représailles, le président Houphouët envoie l’armée ivoirienne, mais les choses dégénèrent faisant environ 70 victimes.
L’affaire Kragbé Gnagbé est loin de s’arrêter là et traverse les frontières. Le quotidien britannique The Daily Telegraph relate les faits et écrit que le président Houphouët aurait fait appel à l’assistance militaire française à la suite de troubles à caractère tribal dans la ville de Gagnoa.
Affirmation que le chef de l’État démentira quelques jours plus tard en expliquant que Kragbé Gnagbé était connu du gouvernement ivoirien et qu’il avait été déjà arrêté 3 fois.
Kragbé Gnagbé sera jugé à Gagnoa. Pendant la période du procès, des rumeurs selon lesquelles le nombre de morts serait estimé à 4 000 pousseront un jeune chercheur du nom de Gadji Dagbo Joseph à sillonner tous les villages de la région pendant 5 ans pour rétablir la vérité.
Ses recherches lui permettront donc de conclure qu’il y a eu 71 morts et non 4 000. Il écrira par la suite un livre intitulé « L’affaire Kragbé Gnagbé, un autre regard 32 ans après »
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