Dans cette tribune, j’aborde la deuxième partie de la thématique ci-dessus. Cette partie répond à la préoccupation suivante : Face à la géopolitique les entreprises peuvent adopter diverses attitudes car les enjeux peuvent affecter leur stratégie, leurs opérations et leur rentabilité. Lesquelles ?

Ces attitudes des entreprises peuvent se traduire par les points suivants :
Analyse des risques : Les entreprises mènent des analyses approfondies des risques géopolitiques pour anticiper les impacts potentiels sur leurs activités. Cela inclut la surveillance des évolutions politiques, économiques et sociales. Pour notre pays les structures d’appuis au secteur privé notamment la chambre de commerce et d’industrie et le conseil national du patronat devrait mieux s’activer pour éclairer les entreprises sur les enjeux de la géopolitique actuelle.
Gestion des crises : La mise en place de plans de gestion des crises est essentielle pour réagir rapidement aux événements géopolitiques imprévus, comme les conflits, les sanctions ou les catastrophes naturelles. Les entreprises des pays du Sahel dont le Burkina ne doivent pas perdre l’initiative en matière d’anticipation et d’adaptation. C’est ainsi qu’elle pourront contribuer à « résister » et à servir les économies de nos pays ! Elles ne doivent pas « attendre Godot » qui ne viendra jamais !
Adaptation réglementaire: Les entreprises ajustent leurs opérations pour se conformer aux régulations locales et internationales, évitant ainsi des sanctions et des litiges. Les entreprises doivent se conformer aux dispositions ou aux textes prises par les autorités des pays du Sahel dans le contexte afin de ne ramer à contre courant des orientations nouvelles.
Innovation et résilience: Les entreprises doivent investir dans l’innovation et la résilience pour rester compétitives malgré les turbulences géopolitiques. Cela peut inclure la mise en place de chaînes d’approvisionnement robustes et l’adoption de nouvelles technologies.
Lobbying et diplomatie : Les grandes entreprises doivent investir dans le lobbying et développer des relations pour influencer les politiques et protéger leurs intérêts dans les différents pays où ils opèrent.
Ces attitudes permettent aux entreprises de naviguer dans un environnement géopolitique complexe et d’assurer leur pérennité à long terme. En effet la compréhension et l’anticipation des dynamiques géopolitiques sont cruciales pour les entreprises cherchant à maintenir leur résilience et à tirer parti des opportunités globales malgré les incertitudes politiques.
De manière plus spécifique et à titre d’exemple , l’anticipation sur les implications de la sortie de la CEDEAO des pays du Sahel devraient faire l’objet de plus d’attentions des chefs d’entreprises et aussi de leurs organisations professionnelles ou des structures d’appuis au secteur privée.
Le dialogue permanent avec les acteurs gouvernementaux devraient être de mise afin d’apporter constamment des réponses idoines à ces questions. Gardons le cap pour l’intérêt général et contribuons à des échanges et à débats sains dans notre pays!
Dr Harouna KABORE, ancien ministre du commerce, chef d’entreprises
