Malgré nos alertes dans les journaux sur les facteurs qui favorisent l’insécurité alimentaire, l’indifférence du gouvernement est en train de conduire le Mali vers l’année de tous les dangers. Incapable d’anticiper encore moins d’agir efficacement en cas de sinistres, les autorités de la transition sont désormais réduites à un constat synonyme d’un aveu d’échec. S’il est admis que gouverner c’est prévoir, nous pouvons dire sans risque que la gouvernance actuelle de notre pays a montré toutes ses limites. Relativement épargnées par les conséquences de leurs propres manquements, les autorités de la transition donnent cependant l’impression de se moquer de la souffrance du peuple, déjà fragilisé par leur choix de gouvernance unilatérale. Pour tous observateurs avertis, la famine, consécutive à l’insécurité dans le centre, au déplacement massif pour cause d’insécurité, à la mauvaise organisation de la campagne agricole avec l’indisponibilité des intrants et la pluviométrie, est inéluctable en 2025. Les facteurs aggravants comme la diplomatie de guerre, la corruption qui fragilise l’apport du secteur minier, blanchiment d’argent, les atteintes aux biens publics, l’augmentation du train de vie de l’Etat, les caisses vides de l’État, le retrait annoncé de la Cédéao et l’absence de volonté politique pour soulager les éventuelles victimes, font craindre le pire.
Ty-Chérie, Présidente de l’association Fasso Barra Tôn
Source : Mali Tribune
