Home » 66e anniversaire des Forces armées nationales : l’hommage de Jonas Hien

66e ANNIVERSAIRE DES FORCES ARMÉES NATIONALES

Hommage à ceux qui ont fait du sacrifice le prix de la résistance et de l’espérance

1er novembre 1960 – 1er novembre 2026 : 66 ans d’histoire, de loyauté et de dévouement à la Patrie.

Il est des anniversaires qui ne se célèbrent pas seulement avec des défilés, des décorations et des discours officiels. Il en est qui commandent le recueillement, la reconnaissance et surtout la mémoire. Le 66e anniversaire des Forces armées nationales (FAN) du Burkina Faso appartient incontestablement à cette catégorie. En ce 1er novembre 2026, adressons nos vœux les plus chaleureux à notre Armée nationale. Bon anniversaire aux hommes et aux femmes qui ont choisi de faire de la défense de la Patrie leur mission, parfois au prix de leur propre vie ! Bon anniversaire à ces sentinelles de la République qui, depuis des décennies, portent l’uniforme avec honneur et qui, depuis près de onze ans, affrontent l’une des plus éprouvantes pages de notre histoire nationale.

En effet, depuis 2015, le Burkina Faso traverse une épreuve existentielle. L’irruption et la montée en puissance du terrorisme ont bouleversé la vie de nos populations, endeuillé des familles, contraint des milliers de personnes à abandonner leurs villages et mis à rude épreuve les fondements mêmes de notre État. Face à cette menace, les Forces de défense et de sécurité (FDS) n’ont pas déserté leur responsabilité historique. Elles ont tenu, résisté, appris, évolué et continué le combat. Il faut remonter aux premières heures de cette crise pour mesurer le chemin parcouru par notre outil de défense. Au départ, le Burkina Faso s’est retrouvé confronté à une menace asymétrique, diffuse, imprévisible, qui frappait les populations, les symboles de l’État, les positions militaires et les axes de communication. Une menace pour laquelle les dispositifs classiques de défense et de sécurité devaient progressivement s’adapter.

Les premières années furent particulièrement douloureuses. Les attaques se sont multipliées, les pertes humaines se sont accumulées et plusieurs localités ont été confrontées à une insécurité grandissante. Nos soldats, souvent engagés dans des conditions difficiles, ont dû apprendre à combattre un adversaire mobile, insaisissable et déterminé à imposer sa loi. Mais l’Armée burkinabè n’a pas renoncé. Au fil des années, elle a engagé une transformation profonde de son organisation et de ses capacités. Le renforcement des effectifs, la création de nouvelles unités combattantes, l’amélioration des équipements, le développement des moyens aériens et de surveillance, ainsi que le renforcement de la coordination des opérations ont progressivement contribué à faire évoluer le dispositif national de défense.

La lutte antiterroriste a également connu une nouvelle dimension avec la mobilisation populaire autour de la défense de la Patrie, notamment à travers la création et l’engagement des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). L’arrivée de ces milliers de compatriotes dans le dispositif de défense a consacré une réalité fondamentale : face à une menace qui concerne toute la Nation, la défense de la Patrie ne saurait être l’affaire des seuls militaires. Elle est une responsabilité collective.

Les changements institutionnels, les réorganisations militaires et la recherche d’une plus grande autonomie stratégique ont également marqué cette période. L’Armée a ainsi poursuivi sa mutation, passant progressivement d’une posture essentiellement défensive à une dynamique de reconquête, de sécurisation et de réinstallation progressive des populations dans certaines localités. Ce parcours n’a pas été linéaire. Il a été jalonné de victoires, de revers, de sacrifices, de blessures et de deuils. Mais il témoigne d’une chose : notre Armée a fait preuve d’une remarquable capacité de résistance et d’adaptation.

Aujourd’hui, nous avons des résultats qui nourrissent l’espérance.

Aujourd’hui, il serait injuste de regarder uniquement les difficultés qui subsistent sans reconnaître les avancées enregistrées. Les résultats dans la reconquête territoriale, le retour progressif de certaines populations, la reprise des activités administratives et économiques dans des localités auparavant éprouvées, ainsi que l’amélioration de la présence de l’État dans plusieurs zones constituent des acquis importants. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 74 % du territoire reconquis et pacifié, avec le retour progressif des populations et de l’administration. Derrière ces chiffres, il y a des villages qui reprennent vie, des familles qui retrouvent leurs concessions, des enfants qui retrouvent le chemin de l’école et des producteurs qui repartent dans leurs champs.
Il y a aussi des axes qui redeviennent progressivement praticables, des services publics qui reprennent leurs activités et des communautés qui retrouvent peu à peu le goût d’une vie moins dominée par la peur. Ces avancées méritent d’être saluées.

Certes, la menace n’a pas totalement disparu et la vigilance demeure indispensable. Mais on ne peut nier les signes encourageants d’une accalmie observée actuellement dans plusieurs localités du territoire national ainsi que les efforts déployés pour consolider les acquis sécuritaires.
Et si, aujourd’hui, des Burkinabè peuvent envisager l’avenir avec davantage d’espérance, c’est aussi parce que des hommes et des femmes se sont battus pour rendre cette espérance possible. À eux revient une part immense de ce mérite. À nos soldats, la Nation vous doit reconnaissance. À nos militaires engagés sur les différents théâtres d’opérations, nous disons merci. Merci pour les nuits passées loin des familles. Merci pour les journées d’incertitude, les longues périodes d’engagement et les sacrifices consentis dans des conditions que peu de civils peuvent véritablement imaginer.
Merci à ceux qui sont revenus blessés, à ceux qui poursuivent le combat malgré les séquelles physiques et psychologiques, mais aussi à ceux qui, chaque jour, repartent en mission avec la conviction que la Patrie mérite tous les sacrifices.

Une pensée particulière va à ceux qui ne sont jamais revenus. Leurs noms ne doivent pas disparaître dans les statistiques des pertes humaines. Ils sont des fils, des filles, des frères, des sœurs, des pères, des oncles et des mères qui ont donné leur vie pour nous. Ils ont laissé derrière eux des familles, des souvenirs et parfois des rêves inachevés. Leur sacrifice appartient désormais à la mémoire collective de notre Nation. La reconnaissance envers les combattants ne saurait être complète sans un hommage appuyé à la hiérarchie militaire. Aux chefs militaires, aux officiers, aux sous-officiers et à tous les responsables qui portent la lourde responsabilité du commandement, nous adressons nos encouragements. Commander en temps de paix est une responsabilité ; commander dans une guerre aussi éprouvante exige davantage de lucidité, de courage, de discipline et de sens du devoir. La Nation attend de sa hiérarchie une armée professionnelle, disciplinée, solidaire, respectueuse des populations et résolument tournée vers la défense de l’intégrité territoriale.

Au Président du Faso, reconnaissance totale pour la vision et les conditions du combat.

Il convient de saluer le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, Chef suprême des Forces armées nationales grâce à qui toute la nation a repris confiance face à cette douloureuse situation. Dans ce contexte particulièrement difficile, les choix stratégiques, les orientations politiques et les décisions relatives au renforcement des capacités de défense, ont contribué à donner une nouvelle impulsion à l’effort national de guerre. La volonté de renforcer les effectifs, d’améliorer les équipements, de développer les moyens opérationnels, de mobiliser les ressources nationales et de promouvoir une défense souveraine constitue un axe majeur de cette orientation.

La création de conditions permettant aux forces combattantes de disposer de moyens humains, matériels et logistiques plus importants mérite d’être saluée. À travers cette vision, la défense nationale est présentée non plus comme une question exclusivement militaire, mais comme un enjeu de souveraineté, d’indépendance et de survie collective. Il faut souhaiter que cette dynamique se poursuive, que les moyens suivent les ambitions et que la protection des populations demeure au cœur de toutes les décisions. Sa vision a montré que la victoire ne se décrète pas dans les discours : elle se construit sur le terrain, dans la préparation, la discipline, la cohésion, le renseignement, la logistique et la détermination.

Les VDP, ces compatriotes qui ont répondu à l’appel de la Patrie, il faut les saluer avec appui.

Comment célébrer les Forces armées nationales sans saluer les Volontaires pour la défense de la patrie ? Ces hommes et ces femmes, issus de nos villes, de nos villages et de nos campagnes, qui ont accepté de prendre leur part dans la défense de leur terre. Ils ont rejoint les forces combattantes avec une conviction simple : leur pays mérite d’être défendu. Leur engagement a contribué à renforcer le dispositif national de défense et à rapprocher davantage la lutte contre le terrorisme. À tous les VDP encore engagés, nous exprimons notre reconnaissance. À ceux qui sont tombés, nous devons respect et mémoire. Leur contribution rappelle que le patriotisme n’est pas seulement un sentiment que l’on proclame lors des cérémonies. Il peut aussi devenir un engagement concret, exigeant et douloureux. La complémentarité entre les FDS et les VDP doit continuer à s’inscrire dans ce cadre organisé, discipliné et respectueux des droits des populations civiles.

Aux épouses, aux veuves et aux orphelins, qui sont le deuxième front du sacrifice, nous leur devons une attention particulière.

En effet, il existe un autre front dans ce combat contre le terrorisme : celui des familles des combattants. Derrière chaque militaire engagé au front, il y a une épouse, une mère, un père, un frère, une sœur, un oncle, une tante, qui attend. Une femme qui vit avec l’inquiétude d’un appel téléphonique, qui scrute les nouvelles et qui apprend à sourire aux enfants même lorsque son cœur est envahi par l’angoisse. À toutes les épouses des FDS dont les conjoints sont engagés sur les théâtres d’opérations, nous adressons notre admiration et notre profonde considération.
Vous aussi, vous portez une part importante de cette guerre. Votre patience, votre courage et votre résilience sont des formes silencieuses de patriotisme. Notre pensée va également aux veuves et aux orphelins des FDS et des VDP tombés pour la défense de la Patrie.

À ces femmes qui doivent désormais poursuivre leur chemin sans leur compagnon, à ces enfants qui grandiront avec l’absence d’un père ou d’une mère, la Nation doit plus que des paroles de circonstance. La nation vous doit une solidarité intarissable, une protection sociale effective, un accompagnement psychologique, un accès à l’éducation et des perspectives dignes du sacrifice consenti par les proches. Un pays qui honore ses héros doit aussi prendre soin de ceux qu’ils ont laissés derrière eux. Et c’est pourquoi le Président du Faso y veille personnellement !
Au peuple burkinabè, poursuivons l’effort patriotique !

Jonas Hien

Le combat contre le terrorisme n’aurait jamais pu être mené avec la même détermination sans l’engagement du peuple burkinabè. Aux populations qui ont soutenu les FDS, aux autorités coutumières, traditionnelles et religieuses, aux acteurs économiques, aux organisations de la société civile, à toutes les citoyennes et à tous les citoyens qui ont apporté leur contribution à l’effort national, nous disons merci. Un hommage particulier doit donc être rendu aux Burkinabè qui, malgré leurs difficultés quotidiennes, ont répondu à l’appel de la solidarité nationale à travers le Fonds de soutien patriotique. Chaque contribution compte. Chaque geste de solidarité représente une manière de soutenir ceux qui défendent le territoire et de participer à l’effort collectif. Il faut donc poursuivre cette mobilisation par la contribution au Fonds de soutien patriotique. Ce Fonds doit continuer à bénéficier de la confiance et de l’engagement des citoyens, car les besoins de l’effort de défense ne s’arrêtent pas encore. Que chacun contribue selon ses moyens et ses possibilités. Le patriotisme n’est pas une compétition de montants ; c’est une manifestation de solidarité et d’attachement à la Nation.

La victoire est à portée de main, faisons-en une page d’histoire !

Ce 1er novembre 2026, l’heure n’est ni à l’autosatisfaction ni au découragement. Elle est à la reconnaissance, à la consolidation des acquis et à la confiance raisonnée dans les capacités de notre Nation. Oui, la victoire est désormais à portée de main. Elle se dessine dans les efforts accomplis, dans les territoires progressivement sécurisés, dans la mobilisation populaire et dans la détermination des forces combattantes. Cette victoire est irréversible. Notre souhait est que les générations futures n’aient plus à apprendre le terrorisme comme une réalité vécue par leurs parents, mais comme un chapitre douloureux de l’histoire nationale, étudié dans les manuels scolaires pour rappeler le prix de la liberté et de la souveraineté. Que nos enfants puissent un jour lire ces pages et dire : «nos grands-parents ont traversé cette épreuve, nos parents ont résisté et notre Nation a fini par triompher.»

Que le Burkina Faso retrouve durablement la paix, que les déplacés retrouvent leurs villages, que les écoles ouvrent partout, que les champs soient cultivés sans crainte et que les armes cèdent définitivement la place aux outils du développement. C’est le plus beau cadeau que nous puissions souhaiter à notre Armée pour ses 66 ans. Bon anniversaire aux Forces armées nationales ! Honneur à nos combattants ! Gloire à nos martyrs ! Vive le Burkina Faso libre, souverain et en paix !
Pendant que je m’apprêtais à terminer par « la Patrie ou la Mort, nous Vaincrons », on m’apprend que quelque chose se passe à l’Élysée, à Paris. L’atmosphère serait devenue quelque peu électrique. Le Président Emmanuel Macron, installé derrière son imposant bureau, aurait convoqué son ministre de la Défense pour une réunion d’urgence. Et voici ce qu’il en ressort, selon mes informateurs !

Macron : Monsieur le Ministre, je vous demande de mettre immédiatement fin à tout soutien aux entreprises de déstabilisation dans la Confédération des Etats du Sahel (AES), surtout au Burkina Faso. Le Petit-là n’est pas facile. Il va me créer des problèmes. J’ai déjà trop de soucis avec les lycéens ici et les gens en profitent pour me déstabiliser. Nous devons changer de méthode !

 

Surpris, son Ministre de la Défense tente de comprendre cette soudaine volte-face.

Le Ministre : Mais, Monsieur le Président, permettez-moi de vous rappeler que nous avons engagé beaucoup d’énergie diplomatique dans cette région. Nous avons encore quelques cartes à jouer. Il serait peut-être prématuré de tout abandonner…

Emmanuel Macron, visiblement agacé, interrompt son collaborateur :

Macron : Non, non et non ! Je vous dis que cela suffit ! Vous ne voyez donc pas que les choses ne se passent plus comme avant ? J’ai déjà assez de problèmes avec les lycéens, dans mon propre pays ! Je ne vais quand même pas en rajouter avec ces jeunes du Sahel !

Le Ministre, qui a voulu développer un argumentaire stratégique, tente une nouvelle approche :

Mais, Monsieur le Président, nous avions pourtant des relais politiques sur le continent. Certains Chefs d’États africains étaient disposés à nous aider à maintenir la pression pour aboutir à la déstabilisation de l’AES. L’autre-là a dit qu’il va s’occuper du Petit du Burkina Faso. Il nous a donné l’assurance non !

Macron : Justement ! il me dit tout le temps, Le Petit, Le Petit, du Burkina et il n’y arrive pas. Donc, il n’est pas petit ! J’avais pourtant compté sur ces Chefs d’États africains. Nous leur avons fait confiance, nous avons investi en argent et en relations, et au bout du compte, rien ! Ils ont consommé nos ressources politiques et financières, mais ils n’ont pas réussi à faire bouger les lignes face aux dirigeants de l’AES. Pas un résultat à la hauteur de mes attentes ! Et l’autre-là m’a même encore demander d’ajouter d’argent pour recruter plus de communicants. Le problème est que les BIR-C du Burkina sont plus fort !

Le Ministre de la Défense tente de calmer son patron :

Monsieur le Président, il faut garder notre sang-froid. Nous pouvons encore envisager une autre stratégie…

Macron : Quelle stratégie ? s’emporte Macron ! Une stratégie qui consiste à multiplier les réunions, les appels, les déclarations, les communiqués pendant que les événements nous échappent ? Non, merci !

Emmanuel Macron décroche son téléphone, demande à son Directeur de Cabinet de lui faire venir d’urgence le Ministre des Affaires étrangères. Celui-ci arrive en catastrophe.

Macron : Voilà, il faut que tu raisonnes ton collègue de la Défense ! Peut-être qu’il comprendra que nous devons changer de logiciel !

Le Ministre de la Défense, désormais silencieux, regarde son collègue des Affaires étrangères.

Le Ministre des Affaires étrangères demande au Président :

Monsieur le Président, que se passe-t-il encore ?

Macron, épuisé, répond :

Expliquez à votre collègue que le Sahel n’est plus un terrain de jeu diplomatique où l’on peut faire et défaire les gouvernements à sa convenance. Et surtout, dites-lui que je ne veux plus de problèmes supplémentaires. Entre les lycéens, les difficultés intérieures et les dossiers internationaux, je n’ai vraiment plus besoin d’un autre front !
Les deux Ministres se regardent. Le Président regarde ailleurs !

Quand j’ai eu ce point sur ce qui s’est passé à l’Elysée, j’ai compris que le monde change, les peuples évoluent et l’Afrique entend désormais écrire elle-même les chapitres de son histoire.
Ceux qui n’ont pas encore compris cette nouvelle réalité feraient mieux de réviser leurs leçons de géopolitique.

Maintenant, je peux terminer par ma « La Patrie ou la mort, nous vaincrons ! »

Jonas Hien

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