Home » Retour sur le passé : il s’appelait Valère Somé

Valère Dieudonné Somé (1950–2017) était un homme politique, chercheur et intellectuel majeur du Burkina Faso. Ami d’enfance et proche compagnon du capitaine Thomas Sankara, il est historiquement considéré comme l’un des principaux théoriciens et l’idéologue de la Révolution burkinabè de 1983.
Voici ce qu’il faut retenir de son rôle historique et politique :
• Le rédacteur du DOP : Valère Somé a été le rédacteur principal du célèbre Discours d’Orientation Politique (DOP). Prononcé par Thomas Sankara le 2 octobre 1983, ce texte a servi de boussole doctrinale et de feuille de route à la Révolution démocratique et populaire (RDP).
• Ministre sous la Révolution : Durant la période révolutionnaire, il dirige l’Union des luttes communistes – Reconstruite (ULC-R). Il intègre le gouvernement et exerce la fonction de ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de septembre 1986 jusqu’au coup d’État d’octobre 1987.
• La rupture et l’exil : Après l’assassinat de Thomas Sankara lors du putsch du 15 octobre 1987 orchestré par Blaise Compaoré, Valère Somé est arrêté, emprisonné et torturé par le nouveau régime. Une fois libéré, il s’exile d’abord au Congo-Brazzaville puis en France, où il vit jusqu’en 1994.
• L’écrivain et le témoin : Durant son exil, il publie en 1990 l’ouvrage de référence « Thomas Sankara, l’espoir assassiné », dans lequel il apporte son témoignage analytique sur les coulisses de la révolution et décrypte les causes internes et externes qui ont mené au drame de 1987. Il écrira plus tard « Les nuits froides de Décembre, l’exil ou… la mort » pour raconter son expérience carcérale.
• L’universitaire : En parallèle à sa vie politique, il était docteur en socio-anthropologie. De retour au pays, il a dirigé des travaux de recherche à l’Institut des sciences des sociétés (INSS-CNRST).
Bien qu’il se soit retiré de la vie active des partis politiques au début des années 2000, il est resté une figure morale très respectée pour sa rigueur intellectuelle et sa fidélité à ses idéaux. Il est décédé en France le 30 mai 2017 à l’âge de 66 ans. Un centre d’innovation politique pour la formation des jeunes porte aujourd’hui son nom à Ouagadougou.

 

 

 

 

AJ

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