Home » Argentine-Etalons: le réconfort d’un journaliste

À VOUS, LES GAMINS QUI AVEZ DIT OUI QUAND LE BURKINA RISQUAIT GROS

Ce soir, le score de 7-0 n’est plus une fixation.

Etalons U23,

Parlez-nous de courage. Parlez-nous de sacrifice. Parlez-nous de ce Burkina-là.

Ces Jeunes Étalons !

Ils ont voyagé dans la nuit du 2 octobre de Ouagadougou à Casablanca, sans bruit, sans tapage.

Ils ont subi l’attente, l’incertitude, le report d’un vol annoncé à 3h du matin qui n’a finalement décollé que le 3 octobre à 7h, à bord d’un avion portugais en direction de Buenos Aires.

Ils ont volé plus de 10 heures. Ils ont traversé l’Atlantique.

Ils ont atterri à 5 heures du coup d’envoi. Sous les contraintes du décalage horaire. Sans préparation. Sans échauffement. Sans sommeil.

Et ils sont montés sur le terrain. Pour défendre les couleurs du Burkina Faso. Face aux champions du monde 2022. Face à l’Argentine de Messi. Devant plus de 80 000 spectateurs acquis à la cause de l’Albiceleste amenés par ses titulaires, sous 15°C.

NON, CE N’EST PAS UNE HUMILIATION. C’EST UNE LEÇON DE COURAGE.

Comparaison n’est pas raison mais hier, 3 octobre, l’Angleterre, avec son équipe A au grand complet, a étrié la Croatie et son équipe A, vice-championne du monde 2018, par 7-0 à Wembley.

Je le répète : Ce 7-0 des jeunes Étalons n’est pas une défaite. C’est un acte de résistance. Même si vous avez eu 22% de possession de balle contre 78% pour les vice-champions, 1 tir cadré contre 17 pour les coéquipiers de Messi dont une dizaine d’arrêts du jeune portier Razack, vous restez dignes, chers Étalons.

Sans leur « oui », c’était un forfait. C’était 1 milliard de FCFA d’amende , c’était des poursuites de l’organisateur argentin, c’était….

Ces gamins ont sauvé les caisses de la FBF et du Burkina Faso. Ils ont gagné de l’expérience que l’argent ne peut pas acheter.

Combien de joueurs africains peuvent dire : « J’ai joué contre Alvarez et Martínez à Buenos Aires » ? Eux, à 19, 20, 21 ans, l’ont fait. Ils reviennent grandis.

Ils ont montré le vrai visage du Burkinabè. Celui qui ne fuit pas.

On les appelle U23. Mais ce soir, ce ne sont plus des U23.

Ce sont des commandos. Des jeunes guerriers partis d’un Faso fier, le sac au dos, pour aller sauver l’honneur d’un pays qui risquait de lourdes sanctions.

Le Burkina et les Burkinabè ne retiendront peut-être pas le score de Buenos Aires.

L’histoire et les Burkinabè retiendront que quand il a fallu trouver des hommes pour éviter la honte et l’amende d’un forfait, de jeunes Burkinabè se sont levés. Ils ont dit : « Nous, on y va. »

Ils ont respecté l’engagement. Le drapeau a été présent. L’hymne de la victoire a retentit en pleine cuvette du mythique stade Monumental de Buenos Aires. Les échos sont même parvenus jusqu’à….Ramongo.

Alors, en attendant de savoir la vérité, toute la vérité sur ce feuilleton organisationnel qui a offert ce triste spectacle à notre football – et nous la saurons peut-être dans les jours ou les semaines à venir – on peut leur dire BRAVO.

Félicitations, les petits. Merci pour votre sacrifice.

Vous avez perdu un match, mais vous avez gagné le respect d’une Nation.

Alexandre Le Grand Rouamba

 

 

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