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UTB : DE TROIS CARS À UNE INSTITUTION DU TRANSPORT IVOIRIEN, L’HISTOIRE DE KOUAMÉ KONAN N’SIKAN

L’histoire de l’Union des Transports de Bouaké (UTB) est intimement liée à celle de son fondateur, Kouamé Konan N’Sikan, un homme dont le parcours raconte une certaine idée de l’entrepreneuriat ivoirien : partir de peu, prendre des risques et construire dans la durée.

Bouazo Bolou Alexandre

Avant de devenir l’un des grands noms du transport en Côte d’Ivoire, N’Sikan a connu plusieurs métiers. Son parcours professionnel s’est construit progressivement, au contact du terrain et des réalités économiques de l’époque.

Une frustration transformée en ambition

Dans les années 1980, Bouaké est déjà un important carrefour de transport. C’est dans cette ville que N’Sikan va prendre une décision qui changera son destin.

Après des difficultés avec des associés qui ne croyaient pas suffisamment à son projet, il décide de se lancer seul. Son petit frère Kouamé Agba l’encourage dans cette voie.

En 1984, N’Sikan se jette à l’eau.

Les premiers cars

L’UTB commence modestement. Les récits diffèrent légèrement sur le nombre exact de véhicules au démarrage : certaines sources évoquent deux cars, tandis que N’Sikan parlait de trois.

Mais l’essentiel est ailleurs : l’entreprise est née avec très peu de moyens.

La première gare est installée à Bouaké, avec comme axe majeur Bouaké–Abidjan.

N’Sikan comprend rapidement que, dans le transport, la confiance du passager est essentielle. Il mise donc sur la régularité, le respect des horaires et l’amélioration progressive du confort.

L’UTB grandit

En quelques années, la petite entreprise change d’échelle.

De nouvelles lignes apparaissent et l’UTB étend progressivement son réseau à plusieurs villes ivoiriennes.

Abidjan, Bouaké, Yamoussoukro, Daloa, Gagnoa, Divo, Man, Duékoué, San-Pédro et bien d’autres destinations voient alors passer les cars de la compagnie.

Pour plusieurs générations d’Ivoiriens, le sigle UTB devient progressivement synonyme de voyage interurbain.

La crise de 2002

La crise politico-militaire de 2002 frappe durement l’entreprise. Une partie importante de son activité et de son parc est affectée.

Mais N’Sikan ne baisse pas les bras.

L’entreprise se relève progressivement, reprend certaines liaisons et poursuit son développement.

Une ambition sous-régionale

L’UTB ne se limite plus aux routes ivoiriennes. La compagnie développe également des liaisons vers plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine.

Cette évolution traduit l’ambition de son fondateur : faire du transport un véritable outil de connexion entre les populations.

Kouamé Konan N’Sikan, un parcours exceptionnel

Au-delà du transport, N’Sikan s’est également engagé dans la vie publique. Il a notamment été député et a reçu des distinctions nationales pour son parcours.

Son histoire a également fait l’objet d’un ouvrage consacré à sa vie et à son ascension entrepreneuriale.

Mais derrière les titres et les distinctions, son parcours reste surtout celui d’un homme parti de peu et qui a réussi à bâtir une entreprise devenue incontournable dans le paysage ivoirien.

La disparition du fondateur

Kouamé Konan N’Sikan s’éteint en janvier 2019.

Avec sa disparition, c’est une figure emblématique du transport ivoirien qui quitte la scène.

Mais son œuvre demeure.

Des décennies après les premiers départs de Bouaké, le nom UTB continue de rappeler l’histoire d’un homme qui avait choisi de transformer les difficultés en motivation et une petite flotte en véritable entreprise.

L’histoire de Kouamé Konan N’Sikan, c’est aussi celle d’une Côte d’Ivoire où des entrepreneurs ont construit, parfois avec trois fois rien, des entreprises devenues partie intégrante de notre mémoire collective.

 

 

MÉMOIRE D’ÉLÉPHANT MÉDIAS

 

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