Dialyse au Bénin : Monsieur le Président, décidez pour la vie! L’appel de Nourou Dine Saka Saley au Président de la République Romuald Wadagni
Monsieur le Président de la République,
Il est des fois où la nature et le destin utilisent des drames pour nous rappeler nos limites, responsabilités et devoirs.
J’ai suivi avec empathie l’interpellation de ce jeune homme à Parakou, que je découvre plus tard, plaidait pour la cause de son père malade et abonné aux séances de dialyse.
Apprendre ensuite que ce jeune homme a perdu son père le lendemain a été pour moi le plus grand des drames. Apprendre qu’il a reçu un coup de fil de vos services m’a apaisé, mais seulement à moitié. La compassion personnellement exprimée par le Président de la République, personnellement interpellé, tout comme il le fait pour les gloires artistiques et sportives, aurait été un acte de compassion annonciateur de responsabilité assumée et de mesures fortes.
Que le défunt repose en paix et que sa famille soit apaisée.
Monsieur le Président,
L’insuffisance rénale et les besoins de dialyse ne sont plus une condamnation à mort dans les pays qui nous entourent, pourtant leurs économies ne sont pas présentées comme plus solides que la nôtre.
Monsieur le Président,
L’insuffisance rénale devient malheureusement le mal le plus médiatisé de notre quotidien au Bénin, parce que faisant appel à la solidarité et à la bonté populaires.
Ces personnes et leurs familles « mendient » quasiment un jour de vie de plus dans le cœur des populations. Les malades sont parfois très jeunes.
Nous regardons, impuissants, les appels publics de ces personnes via les réseaux sociaux, parce que malgré nos bonnes volontés, nous n’avons pas de ressources illimitées pour leur venir en aide, et leur nombre grandit inexorablement.
Un jour de plus a un coût dans la vie de ces familles…et dans les poches des bonnes volontés.
Monsieur le Président,
Vous avez été porté à la tête de la gouvernance de notre pays.
Je n’ai pas accepté participé à cette conquête, et n’ai pas voté pour vous. J’adopterai le même comportement d’abstention si les conditions électorales d’exclusion demeurent.
Je me suis décidé à ne plus intervenir sur la gouvernance publique de notre pays mais devant le caractère sacré de la vie, une indifférence devient coupable, voire inhumaine.
Ce même caractère sacré de la vie qui devrait pouvoir gouverner à une décision urgente et salvatrice, pour réparer la décision de suppression des mesures sociales d’accompagnement des dialysés prise par le gouvernement auquel vous avez appartenu de 2016 à 2026.
Je me rappelle encore notre discussion du 3 septembre 2025 à votre domicile où je vous disais n’avoir aucun complexe à ce que vous soyez le futur Président de la République, parce que vous avez l’obligation de résultat de réussite, parce que si vous échouez, ce serait l’échec d’une génération entière.
Vous êtes Président de la République, dont le rôle premier est de décider. il faut que vous décidiez de supprimer toutes les barrières à l’accès à la dialyse pour ceux qui en ont besoin.
Ce ne sera jamais trop cher payé pour la vie des concitoyens béninois. Et aucun béninois, ne refusera de participer de manière solidaire et citoyenne à un fonds décidé et dédié par le Gouvernement qui montre le chemin. Nous le faisons déjà de manière « informelle » parce que humaine.
Vous êtes le Président de la République, et je pèse la lourdeur de la fonction et donc l’impact salvateur des bonnes décisions.
Les salaires et les postes politiques, constamment en hausse, ne peuvent et ne doivent jamais cohabiter avec la difficulté de vie des populations et des citoyens, notamment pour des raisons de santé et médicales, pendant que dans les pays voisins l’État prend toute sa part dans la question de la dialyse.
C’est le rôle premier de l’État, l’État que vous dirigez aujourd’hui pour les 7 prochaines années au moins (je vous le souhaite).
Ce même État dont les efforts en faveur des dialysés étaient une réalité jusqu’en 2016.
Je vous souhaite que chacune des décisions que vous prendrez lors de chacun des jours de vos 7 années de mandat, soit un soulagement pour les populations.
Il m’a été d’une pénibilité sans pareil de vous vouvoyer Monsieur le Président.
Pénible parce que me donnant l’impression de trahir cette longue et forte proximité qui est la nôtre, mais comprenez, pardonnez et autorisez mon respect supérieur de l’ordre républicain qui m’impose le vouvoiement.
Cette photo d’illustration vous parle et vous parlera fortement. Les décennies qui sont passées n’ont pas été dures avec vous, au contraire… Plusieurs visages y figurant ne sont plus de ce monde.
C’est le frère et ami de plusieurs décennies, photographe officiel de circonstance de l’événement dudit jour, qui veut parler à votre cœur que je ne connais que trop bien, pour en avoir mesuré l’altruisme surtout pour des causes sanitaires et humaines.
Ma gratitude par avance pour les décisions qui seront prises, au nom de toutes celles et ceux qui en seront les bénéficiaires.
Parce que personne n’est à l’abri ou éloigné de la maladie ou de la souffrance des autres.
TCHIGAN

