17 août 2026
Home » Sites d’orpaillage au Burkina et protection de la femme enceinte et du nouveau-né du paludisme : les 8 mesures du Dr Koama :

Sites d’orpaillage au Burkina :

Dr Koama Ahmed propose 8 mesures pour protéger la femme enceinte et le nouveau-né du paludisme

Dr Koama

Spécialiste en ophtalmologie, en santé sécurité et environnement, conseiller en santé également diplômé certifié en santé publique et communautaire, Dr Koama Ahmed alerte sur la vulnérabilité accrue des femmes enceintes vivant sur les sites d’exploitation minière artisanale au Burkina Faso. Face au risque élevé de paludisme dans ces zones, il formule huit recommandations concrètes pour préserver la santé de la mère et de l’enfant et limiter les complications graves liées à la maladie.

Le paludisme demeure l’une des premières causes de morbidité et de mortalité au Burkina Faso. Cette maladie infectieuse potentiellement grave est causée par des parasites du genre _Plasmodium_ et transmise à l’homme par la piqûre d’une femelle moustique _Anophèle_ infectée. Si la transmission s’intensifie en période pluvieuse, certaines activités humaines créent également des conditions favorables à la prolifération des vecteurs. C’est le cas sur les sites d’exploitation minière artisanale où les excavations, les trous abandonnés, les flaques et autres points d’eau stagnante constituent autant de gîtes larvaires. La présence de travailleurs et de familles, y compris de femmes enceintes, à proximité immédiate de ces zones accroît de fait l’exposition aux piqûres de moustiques et donc le risque de contracter le paludisme.

La grossesse constitue par ailleurs une période de fragilité particulière. Les modifications physiologiques et immunologiques liées à la gestation rendent la femme enceinte plus vulnérable aux formes graves de paludisme. Selon l’OMS, une infection palustre pendant la grossesse peut entraîner une anémie sévère, des accès pernicieux et, dans les cas extrêmes, engager le pronostic vital de la mère. Pour le fœtus, les conséquences sont tout aussi préoccupantes savoir le paludisme maternel qui est associé à un risque accru de faible poids de naissance, de prématurité et de perte fœtale.

Face à cette double exposition, environnementale et biologique, le Dr Koama Ahmed, spécialiste de santé publique, propose un paquet de huit mesures essentielles de prévention destinées aux femmes enceintes vivant ou travaillant sur les sites d’orpaillage artisanal.

La première recommandation est l’utilisation systématique et correcte, chaque nuit, d’une moustiquaire imprégnée d’insecticide.

La seconde vise à réduire les contacts avec les vecteurs en privilégiant des vêtements couvrants à la tombée de la nuit et en évitant de rester inutilement à l’extérieur aux heures de forte activité des moustiques.

La troisième mesure concerne l’assainissement du cadre de vie : il s’agit d’éliminer les récipients inutilisés pouvant retenir l’eau et d’éviter la formation d’eaux stagnantes autour des habitations. La quatrième recommandation insiste sur le suivi médical. Le Dr Koama Ahmed rappelle que toute femme enceinte, y compris sur site minier, doit effectuer régulièrement ses consultations prénatales afin de bénéficier d’un suivi adapté.

La cinquième mesure porte sur le traitement préventif intermittent du paludisme, qui doit être accepté et pris conformément aux directives du Ministère de la Santé.

La sixième recommandation met en garde contre l’automédication. Aucun antipaludique ne doit être pris de sa propre initiative : seuls le diagnostic et le schéma thérapeutique établis par un professionnel de santé garantissent l’efficacité et la sécurité du traitement.

La septième mesure est celle de la promptitude : en cas de fièvre, de maux de tête, de frissons ou de fatigue, la femme enceinte doit se rendre sans délai dans le centre de santé le plus proche. Enfin, la huitième recommandation est d’entamer immédiatement le traitement prescrit dès confirmation du diagnostic afin d’éviter toute aggravation.

Pour le Dr Koama Ahmed, la protection de la mère et de l’enfant sur les sites miniers artisanaux repose sur une combinaison de gestes simples mais rigoureux : dormir sous moustiquaire imprégnée chaque nuit, respecter les consultations prénatales, recevoir le traitement préventif recommandé par les services de santé et consulter rapidement dès l’apparition de signes. Dans un contexte où les sites d’orpaillage concentrent à la fois précarité, mobilité et risques sanitaires, l’application de ces mesures peut faire la différence entre une grossesse à risque et une naissance en bonne santé.

Dr Ahmed Koama, Phd

Synthèse de Kissangoulé

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!