Il a dirigé le sport burkinabè de septembre 2005 à avril 2011.
Et pendant ces années-là, le colonel-major Jean-Pierre Mori Ardjouma Palm n’a pas fait de grandes promesses. Il a fait le travail.
Pas de discours flamboyants. Pas de ruptures pour la forme.
Sa boussole était simple : structurer, bâtir, payer ce qui est dû.
L’homme qui a remis de l’ordre dans l’argent du sport
Dès sa prise de fonction, il a commencé par solder la dette morale : les arriérés de primes des athlètes et des cyclistes. Parce que la « petite reine » mérite mieux que des promesses.
Avec les Étalons, il a changé la règle du jeu. Fini les virements qui traînent. À la fin du match, victoire ou nul, l’enveloppe attendait déjà dans les vestiaires. Du concret. Du respect.
L’homme des fondations
Il a relancé la finition du Palais des Sports de Ouaga 2000, pour que Ouagadougou ait enfin une grande salle à la hauteur de ses ambitions.
Il a ouvert les portes à l’international, avec des partenariats comme celui avec l’AS Saint-Étienne, pour que nos centres de formation cessent d’improviser et commencent à former.
L’homme de 2011
C’est sous son magister que le Burkina a touché le ciel pour la première et, à ce jour, unique fois : la CAN des cadets, remportée au Rwanda en 2011 , 2-1 contre le pays organisateur.
Une génération qui a fait rêver un pays entier. Une étoile que nous portons encore. Toujours.
Rigoureux, direct, sobre. Le minimum pour lui, le maximum pour les autres. C’est son credo.
C’est lui aussi qui a inscrit la presse privée dans la rotation des déplacements des Étalons. Une porte ouverte. Un geste de confiance.
Mais derrière l’uniforme et la discipline, il y avait un cœur.
Cette anecdote : Un promoteur de boxe venu du Bénin quitte Ouagadougou après un combat, en laissant à la Fédération un chèque sans provision. Informé, le ministre, gendarme dans l’âme, ne laisse pas passer. Il le fait intercepter en route et ramener à Ouagadougou. La note sera réglée. La dignité du sport burkinabè aussi.
Aujourd’hui, à la retraite, le colonel Mori Palm n’a rien perdu de sa voix. On l’appelle encore. On l’écoute encore. Toujours. Ses conseils portent, surtout pour le football. Parce que le temps glisse sur les hommes de vérité sans jamais les user.
Et pour ceux qui le côtoient, il y a ce détail qui dit tout : Lobi de souche, Jean-Pierre Palm ne touche à aucune goutte d’alcool. Une vie droite, de bout en bout. Même si la cigarette et lui semblent avoir signé un contrat !
Un bâtisseur. Un payeur de dettes. Un homme de parole.
Le Burkina du sport lui doit beaucoup.
Par Alexandre Le Grand Rouamba

